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La sécheresse s'invite dans les travaux de la Chambre d'Eure-et-Loir

La chambre d'Agriculture d'Eure-et-Loir s'est réunie en session lundi 21 septembre à Chartres. Le nouveau préfet, Xavier Pelletier, a assisté pour la première fois à ses travaux.

Les membres de la chambre d'Agriculture d'Eure-et-Loir sont réunis en session lundi 21 septembre à Chartres, sous la houlette de leur président, Yohann Serreau. Ses travaux sont suivis pour la première fois par le nouveau préfet du département, Xavier Pelletier*. L'ordre du jour mentionne l'examen de son budget rectificatif, un panorama de la moisson (sur lequel nous reviendrons) et un bilan économique et conjoncturel de la campagne.

Améliorer l'enveloppe

Mais c'est Xavier Pelletier qui s'exprime au début de la session : « Je suis inquiet comme vous. Les conditions météorologiques sont catastrophiques et on subit ces aléas depuis plusieurs années. [ … ] Dans l'immédiat, je travaille pied à pied avec mes services et la Chambre pour essayer de mobiliser de la façon la plus pertinente le plan d'urgence agricole. [ … ] L'enveloppe n'est jamais suffisante. Je me bats quotidiennement pour essayer d'améliorer l'enveloppe départementale. Mon souci est d'avoir la capacité budgétaire la plus satisfaisante pour les agriculteurs d'Eure-et-Loir », souligne-t-il.

Le préfet assure qu'il fait en sorte de faire passer des messages, des arguments, auprès du ministère de l'Agriculture : « Je ne désespère pas que certaines de mes propositions puissent être prises en considération ». Il promet de faire en sorte d'accompagner ceux qui sont le plus en difficulté : « Je vous le dis avec ma sensibilité, je souhaite qu'il n'y ait pas de drame dans ce département ». Il souhaite que ceux qui ne voient pas de perspective puissent être accompagnés : « Redonner de l'espoir. Et ensuite il faut réarmer l'agriculture. Au-delà de ce plan d'urgence, trouver des solutions concrètes ». Xavier Pelletier évoque, parmi les solutions : « Le stockage de l'eau pour ceux qui n'ont pas accès à la ressource ».

Il conclut son message en se disant impatient de visiter des exploitations et qu'on lui parle directement des problèmes. « Retenez que vous pouvez compter sur votre préfet. Et si l'on arrive à construire quelque chose qui nous permette de redonner de l'élan à l'agriculture, je serai là. Pour moi, l'agriculture est vitale pour le pays, vitale pour la nation et donc les agriculteurs, de mon point de vue, sont essentiels pour la nature ».

Plus diversifiée et moins prospère

Le président de la chambre d'Agriculture, Yohann Serreau, lui répond à la fin de ses travaux via son tour d'horizon de l'actualité agricole. Il l'invite à se garder des caricatures de l'agriculture eurélienne : « Elle est plus diversifiée et moins prospère que l'on aime à le dire », plaide-t-il avant de la décrire point par point. Il livre ensuite son ressenti de la crise, ou plutôt des crises : crise de production, crise des cours des matières premières, des cours des denrées agricoles et crise du pouvoir d'achat des consommateurs, que subissent « notre département et ses agriculteurs depuis quatre ans. Aujourd'hui, beaucoup ­d'exploitants n'ont plus de trésorerie, plus de visibilité, plus d'espoir ».

Le président énumère ensuite les conséquences « considérables » des épisodes de canicule et de sécheresse sur les productions. Il reconnaît que le gouvernement a réagi en annonçant un plan d'urgence (Casi), « mais il faut le dire clairement et l'admettre : le compte n'y est pas ». Il relève qu'une partie du plan repose sur des reports, « mais reporter ne permet pas d'acheter des aliments pour les animaux, d'acheter des semences, de l'engrais ou du carburant. Sans trésorerie, certains risquent tout simplement de ne plus pouvoir engager les dépenses pour pouvoir produire ».

Un forfait de 3 000 euros

Concernant le dispositif Casi, Yohann Serreau calcule que l'enveloppe départementale d'1,2 million d'euros, soit 2,78 euros par hectare, n'est pas à la hauteur des besoins (plus de 80 millions). « Mais nous avons travaillé avec vous et vos services afin de construire une répartition la plus juste possible de cette enveloppe. [ … ] L'objectif est de permettre l'attribution d'un forfait de 3 000 euros pour environ 400 exploitations ».

Au-delà de cela, le président demande que la Redevance pour pollutions diffuses soit suspendue et que cette possibilité soit inscrite dans le prochain projet de loi de finances. Aussi que soit relevé le dégrèvement de la Taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB) dont le taux est jugé insuffisant en regard du contexte, particulièrement pour le secteur de l'élevage. Yohann Serreau alerte ensuite le préfet sur le risque de voir le budget de la future Pac dilué dans un fonds budgétaire unique européen : « La Pac doit rester une politique agricole à part entière ».


*L'article est décalé en raison de la réserve préfectorale du fait de la campagne des sénatoriales.

 

Double bilan

L'agro-économiste de la Chambre régionale, Mélina Bonnet, a dressé un bilan économique et conjoncturel de la dernière campagne : « L'année est assez révélatrice des atouts et des faiblesses des différents systèmes face au réchauffement climatique », note-t-elle. Ainsi, pour le colza, pas de souci, le blé, le blé dur et les orges semblent plutôt résilients « mais les cultures de printemps ont subi le choc ». Elle a pointé un rebond des cours des prix du grain cet été « mais loin des pics de 2022 ». Pour elle : « L'année 2026 très atypique touche l'ensemble des agriculteurs. Elle invite à revoir les assolements voire les systèmes de production ».

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