Patrimoine
L’abbaye de Sénanque, joyaux du Luberon
L’abbaye de Sénanque et ses champs de lavandin sont l’un des joyaux du Luberon.
L’abbaye de Sénanque et ses champs de lavandin sont l’un des joyaux du Luberon.
Depuis Gordes, dans le Vaucluse, une petite route serpente entre forêt et falaise. Au fond du vallon, se trouve l’abbaye Notre-Dame de Sénanque. L’abbaye est renommée pour ses champs de lavandin — et non de lavande comme souvent évoqué, celle-ci étant rare à cette altitude — offrant de très belles étendues mauves durant les mois de juin et juillet, sur lesquelles virevoltent des abeilles noires. Pourtant, au Moyen Âge, ces champs servaient de cimetière aux moines.
La Sénancole, rivière qui traverse le domaine, a donné son nom à l’abbaye. Fondée au XIIe siècle par une communauté de moines cisterciens, elle est la quatrième abbaye cistercienne en Provence avec Aiguebelle (Drôme), Silvacane (Bouches-du-Rhône) et Le Thoronet (Var). L’abbaye de Sénanque présente une architecture romane sobre. Elle est notamment reconnaissable à ses toitures couvertes de lauzes.
Ouverte au public, l’abbaye peut se visiter avec un guide ou à l’aide d’un HistoPad. Ce dernier, outre des explications concises, permet de découvrir, pièce après pièce, la vie des moines selon l’ordre de saint Benoît au XIIIe siècle. Les XIIIe et XIVe siècles marquent l’apogée de cette abbaye. Après une longue période de déclin, elle revit au XIXe siècle avec le retour des moines, période marquée par la construction de deux nouveaux bâtiments. Des maquettes permettent d’ailleurs de visualiser ces évolutions.
Après le dortoir et l’abbatial, le visiteur découvre la salle capitulaire, qui repose sur deux piliers centraux et un plafond à six voûtes. Les moines s’y réunissaient, assis sur des gradins, pour lire et commenter textes, recevoir les vœux des novices, veiller les défunts et prendre d'importantes décisions. Quant au chauffoir, il servait de bureau aux moines copistes. Seule pièce équipée de cheminées, l’encre y restait liquide quelle que soit la saison.
Enfin, point d’orgue de la visite, le cloître dispose d'un jardin fleuri au centre. Lieu de passage, il donne accès aux différentes pièces depuis des galeries voûtées. Les chapiteaux présentent des décorations discrètes et fines, comme des fleurs, des torsades et un diable.
Aujourd’hui, une partie du site est transformée en hôtellerie et accueille des personnes souhaitant effectuer un temps de retraite.
L’abbaye vit toujours selon les règles de saint Benoît, avec des temps de travail et de prière tout au long de la journée. Plusieurs activités agricoles y sont pratiquées : culture du lavandin, rucher et oliveraie. La vente de produits à base d’huile essentielle de lavandin, de biscuits, de miel ou encore d'huile d’olive assure des revenus, en complément de l’hôtellerie monastique.