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L'agriculture en débat à Bourges

Le 9 octobre, la Commission nationale du débat public* a fait une étape à Bourges (Cher) pour débattre de la future Pac, dans le cadre d'ImPACtons. La présidente de ce débat avait d'abord été invitée sur une exploitation.

De gauche à droite : Ilaria Casillo, présidente de la CPDP*, Arnaud Lespagnol, président de la FNSEA 18, et Anne-Gaëlle Lespagnol, vice-présidente de la chambre d'Agriculture du Cher.

En amont du débat officiel programmé vendredi 9 octobre en soirée à Bourges, Ilaria Casillo, présidente du débat ImPACtons organisé par la CPDP*, a été reçue sur une exploitation de polyculture-élevage du Cher par des élus de la FNSEA Centre-Val de Loire et de la chambre d’Agriculture régionale.

C’est sur l’exploitation d’Arnaud Lespagnol, président de la FNSEA du Cher, et d’Anne-Gaëlle Lespagnol, vice-présidente de la Chambre du Cher, située à Nohant-en-Goût (Cher), à une quinzaine de kilomètres à l'est de Bourges, que le temps d’échanges a eu lieu.

Installés depuis 2001, les exploitants possèdent trois ateliers. Un atelier d’élevage de naisseur-engraisseur (en partie) de 65 mères charolaises, un atelier de production de semences potagères et légumineuses sur 60 hectares, et enfin un atelier de production de céréales et oléoprotéagineux sur 146 hectares.

Pour Arnaud Lespagnol, « c’est une volonté historique de garder une forte diversification sur l’exploitation. Cela nous permet de répartir les risques et de sécuriser notre revenu ».

Malgré cette stratégie de développement bien en place et qui fonctionne, les exploitants ont tenu à interpeller Ilaria Casillo sur les sujets d’accès à l’eau et de soutien à l’agriculture notamment via la Pac.

Anne-Gaëlle Lespagnol a commenté : « La récurrence des aléas climatiques, notamment la sécheresse, dégrade nos choix de cultures, notre niveau de production et donc notre revenu. La question de l’accès à l’eau à très court terme est capitale pour nos territoires, sous peine de menacer des exploitations de polyculture-élevage comme la nôtre ou de productions végétales. D’autant plus que de l’eau, nous en avons et en quantité. Ce sont juste des barrières administratives qui bloquent les projets et compromettent ainsi la pérennité de notre activité. Il est urgent de changer de regard sur l’accès à l’eau en agriculture car on parle bien au final d’alimentation pour l’Homme ».

Sur le sujet des soutiens, pour Arnaud Lespagnol, « en plus du climat, la baisse structurelle des aides de la Pac en région Centre-Val de Loire depuis la dernière réforme de 2013 nous laisse peu de marge de manœuvre pour se risquer à d’autres productions. On ne peut pas se louper, c’est pour ça que certains arrêtent alors qu’ils essayaient de trouver des alternatives. On est dans l’absurde. Nous avons besoin d’un réel rééquilibrage des aides Pac pour amortir cette transition demandée ».

Deux sujets forts du soutien et de l’accès à l’eau qu’a bien saisis la présidente du débat, Ilaria Casillo.

Dans son rôle, elle reste neutre, cependant, elle invite « tous les agriculteurs à se mobiliser pour faire valoir leurs problématiques, leurs positions et leurs demandes. Le débat est justement là pour mettre autour de la table les professionnels et les citoyens, pour que chacun puisse se comprendre ».

Le débat public**, qui s'est déroulé en trois temps, a eu lieu à la salle Duc-Jean à Bourges. Environ 90 personnes étaient présentes, dont une vingtaine d’élus de la FNSEA, de la chambre d’Agriculture et de Jeunes agriculteurs.

Un premier temps était consacré à la présentation du diagnostic agricole régional, réalisée par la Draaf, la DDT et la chambre d’Agriculture du Cher.

Puis dans un second temps, les participants pouvaient débattre au sein de chaque table ronde. Cinq tables de dix personnes ont ainsi traité de l’attractivité du métier d’agriculteur et cinq autres de l’accompagnement des installations et des transmissions.

Et enfin, un troisième temps a permis de mettre en commun toutes les contributions découlant de ces tables rondes. Des mesures fortes ont été répertoriées.

En voici quelques exemples : concernant la communication, promouvoir le métier auprès des enfants via des campagnes de sensibilisation ; concernant l’investissement, proposer le portage du foncier par un tiers pour aider le jeune dans son installation ; concernant le soutien, favoriser les dispositifs d’aide permettant de sécuriser le jeune face aux aléas lors de ses premières années d’installation (ex. : Dotation jeune agriculteur, gestion des risques).

Le renouvellement des générations est un enjeu crucial, comme l’a rappelé Etienne Gagneron, président de la chambre d’Agriculture du Cher : « Aujourd’hui, seul un quart des départs sont renouvelés dans le département du Cher. Il est vital d’actionner des leviers pour faire rebondir nos territoires afin de donner de la perspective et l’envie aux jeunes de s’installer. La pérennité de l’activité agricole en dépend ».

Ce débat riche et transparent a rappelé que le dialogue entre parties prenantes est indispensable pour s’entendre et s’écouter. C’est d’ailleurs par la mobilisation à répétition des professionnels du secteur, que ces derniers réussiront à légitimer leurs pratiques auprès des citoyens.

*La Commission nationale du débat public (CNDP) est l'autorité administrative indépendante qui garantit le droit à l'information et à la participation du public sur les grands projets, programmes ou plans ayant un impact sur l'environnement. ImPACtons a été décidé et organisé par la CNDP, qui en a confié l’animation et la mise en place à une Commission particulière (CPDP).

**Un « débat public » est une procédure du Code de l’environnement qui permet la participation de tous au processus d’élaboration d’une politique publique. Plus d'informations sur impactons.debatpublic.fr.

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