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L’aviculture : installation ou diversification ?

La chambre d’Agriculture a organisé, mardi 20 novembre, une journée découverte avicole à Orléans.

La chambre d’Agriculture a organisé, le 20 novembre, une journée découverte avicole à Orléans. De nombreux porteurs de projets, souhaitant s’installer ou à la recherche de nouvelles perspectives étaient présents. L’objectif était de leur faire découvrir la filière avicole et les réalités du métier. La Chambre du Loiret s’attache à développer l’agriculture du territoire et accompagne les agriculteurs dans la diversification et dans la création de valeur ajoutée sur leur exploitation.

40 % de marché à récupérer
En filière chair, historiquement, la France était le premier producteur d’Europe. Elle s’est désormais fait dépasser par la Pologne en 2013 qui a triplé ses capacités en dix sept ans. La France est le seul pays de l’Union Européenne dont la tendance de production est à la baisse depuis vingt ans.

« Il faut savoir que 40 % du poulet consommé en France est du poulet importé. La relance avicole en France a pour objectif de rattraper ces 40 % de marché perdus » précise Agathe Kohl, conseillère aviculture à la Chambre. La France n’est pas suffisamment compétitive par rapport à ses concurrents : plus de 120 euros/tonnes carcasse d’écart avec le Brésil ; une différence de 8 euros/heures entre les abattoirs français et allemands ! « Avec les différents modes de productions, les marges ont été améliorées et les charges ont été réduites pour que l’éleveur français travaille sur son coût de production pour être plus compétitif. Cela dit, il faut bien prendre conscience qu’il y a des distorsions de concurrence liées à la TVA et au coût de la main-d’œuvre, tant au niveau européen que mondial » poursuit-elle.
Notons que la viande de poulet est la plus consommée en France et représente plus d’un quart des achats de viandes. « Aujourd’hui, les consommateurs préfèrent les poulets découpés standards aux poulets entiers plus Label Rouge » indique-t-elle.
La France est le deuxième exportateur mondial d’ovoproduits et le premier producteur européen d’œufs. Rappelons que la réforme de 2012 sur le bien-être animal a obligé l’arrêt de la cage en poule pondeuse ce qui a fait chuté la production. Depuis, le parc de bâtiment se transforme progressivement avec le développement important d’élevages en systèmes alternatifs (plein air, label rouge et bio). Ils représentent, en 2017, 75 % des exploitations mais seulement 35 % des volumes en raison du nombre limité de poules autorisées. En Europe, l’Autriche et les Pays Bas sont les références en systèmes alternatifs.

Le Loiret est le premier producteur avicole de la région. L’aviculture est la première production animale du département. « Le parc avicole est vieillissant. Près de 50 % des exploitations seront à reprendre d’ici à 10 ans ! » rappelle Agathe Kohl.

Circuit long ou circuits-courts ?

La production en filière longue a l’avantage d’être sécurisée par un système d’intégration ou des contractualisations pluriannuelles. Le choix d’un mode de production conventionnel ou sous signe de qualité dépend des aspirations personnelles, des surfaces disponibles, du positionnement géographique, des capacités d’investissements et des objectifs économiques. Sur le département, dix organisations de production en chair ou œufs sont présentes et recherchent environ  50 000 m2 d’ici cinq ans.

« Il y a actuellement des besoins dans toutes les productions, tous les projets sont possibles  et se construisent au cas par cas » explique Agathe Kohl. «Depuis 2015, l’aviculture permet d’installer des enfants ou des conjoints sur les exploitations où l’accès au foncier est difficile, et permet de sécuriser des exploitations céréalières. » La volaille et les œufs représentent respectivement 9 et 6% des achats des produits achetés en circuits-courts d’après une étude nationale menée en 2012.

Le terme « fermier » n’est pas un véritable signe de qualité mais précise le mode de production et de commercialisation. La définition des circuits courts fixe la vente au consommateur avec maximum un intermédiaire. Certains producteurs commercialisent en GMS, en épicerie, sur les marchés, à la ferme. « La réalisation d’une étude de marché est indispensable aujourd’hui pour se lancer et fixer son prix de vente» précise Claudine Perreau, conseillère circuits courts à la chambre d’Agriculture. La taille des exploitations en circuits courts est généralement plus faible qu’en filière longue avec une gestion des lots de manière à pouvoir fournir toute l’année. La présence de grandes villes, la proximité de Paris, le développement de l’alimentation de proximité et l’augmentation de la population loirétaine sont des atouts pour les circuits courts dans le département.

À noter qu’il est possible de produire en filière longue ou sous contrat et de garder un pourcentage de la production (ex : 20 % en volailles label rouge ou les œufs déclassés) pour la vente directe par exemple. « Circuit court ou circuit-long, la création d’un atelier de volailles est un projet de vie. Cela reste de l’élevage, il faut être présent.  Pour s’installer, il faut être à proximité du bâtiment.» précise Jean-Willem Coppoolse, aviculteur et élu à la chambre d’Agriculture.

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