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Élevage
Le casse-tête du maillage vétérinaire pour l'élevage

Le 17 avril dernier, une journée de réflexion sur l'intérêt du forfait pour le vétérinaire a été organisée par Chambres d'Agriculture France et l'Ordre national des vétérinaires. L'occasion de faire le point sur la situation.

Pour faire face au manque de vétérinaires ruraux, une soixantaine de vétérinaires canins ont été formés à la médecine des animaux de ferme détenus par les non-professionnels.
Pour faire face au manque de vétérinaires ruraux, une soixantaine de vétérinaires canins ont été formés à la médecine des animaux de ferme détenus par les non-professionnels.
© Stock.adobe.com / Illustration

L'Île-de-France n'est peut-être pas le premier territoire auquel on pense lorsque l'on réfléchit au problème du désert vétérinaire. Et pourtant, les éleveurs franciliens peinent à trouver des professionnels qui peuvent répondre à leurs demandes spécifiques. « Il existe très peu de cabinets 100 % ruraux. Tous les cabinets canins redirigent les appels vers eux, alors même que le détenteur peut se trouver à l'autre bout de l'Île-de-France », note Margaux Gelin, chargée de mission maillage vétérinaire et innovation-recherche-développement à la chambre d'Agriculture de région Île-de-France.

Un territoire vaste, avec des temps de trajet à rallonge : voilà la première difficulté à laquelle se heurtent les vétérinaires ruraux franciliens. « Aujourd'hui, j'ai fait un suivi de reproduction en Seine-et-Marne, puis je suis allée voir des détenteurs d'animaux en Seine-Saint-Denis et Val-d'Oise », témoigne Marine Denis, ingénieure de recherche et praticienne hospitalière pour les animaux de production à l'École nationale vétérinaire d'Alfort (Enva).

Autre spécificité : le nombre de détenteurs non professionnels d'animaux de ferme (petits ruminants, volailles, abeilles, notamment) a explosé. « Cela prend du temps aux vétérinaires qui sont donc moins disponibles pour les professionnels », explique Margaux Gelin.

Les solutions étudiées

La mise en place d'un forfait, thème d'une journée de réflexion organisée par Chambres d'Agriculture France et l'Ordre national des vétérinaires le 17 avril dernier, serait-elle une piste pour résoudre ces difficultés ? Selon la conclusion d'une étude présentée lors de la table ronde, un contrat forfaitaire a des effets positifs visibles à quatre ou cinq ans sur la production laitière et la situation sanitaire d'un troupeau, avec un seuil de rentabilité atteint au bout de trois ans maximum, mais implique aussi une charge de travail plus importante pour l'éleveur.

En Île-de-France, le forfait n'est pas la première des solutions envisagées. Il y a d'abord les mesures de la loi DDADUE (loi portant diverses dispositions d'adaptation au droit de l'Union européenne), adoptée le 3 décembre 2020, qui offrent des aides à l'installation ou au développement d'une activité rurale. À la chambre d'Agriculture de région Île-de-France, une étude de faisabilité devrait être menée pour voir ce qu'il serait possible de faire en la matière, et quels seraient les vétérinaires concernés.

Vers de la télémédecine vétérinaire

Autre possibilité : le développement de formations spécifiques. « Il s'agit de former des vétérinaires canins sur la médecine des animaux de ferme détenus par les non-professionnels : poules, caprins, ovins, abeilles », précise Margaux Gelin. Une soixantaine de praticiens a bénéficié de ces formations depuis l'année dernière. À cela s'ajoute l'expérimentation de la télémédecine vétérinaire, grâce notamment à des lunettes connectées, une innovation lauréate du Trophée coup de cœur Agri'visions. Une paire de lunettes a été acquise par la chambre d'Agriculture de région Île-de-France, avec l'aide de la Région. Dans les deux cas, les vétérinaires ruraux retrouveraient du temps pour se consacrer à leur pratique dans le cadre d'élevages professionnels.

« En plus de ces trois premiers axes (aide à l'installation, formation et accompagnement de vétérinaires franciliens, télémédecine vétérinaire), nous essayons également d'augmenter les capacités d'intervention de l'Enva », souligne Marine Denis. Un véhicule entièrement dédié à la pratique rurale a ainsi été acheté et mis à disposition de l'Enva. Ces actions bénéficient du soutien du préfet de région Île-de-France et devraient pouvoir livrer leurs enseignements d'ici quelques mois.

Et pourquoi pas créer un numéro d'urgence vétérinaire régional unique, afin de mieux répartir la charge de travail ? Cette idée fait son chemin et pourrait être mise en œuvre en partenariat avec l'Enva.

L'élevage francilien en chiffres

  • 449 détenteurs de bovins, mais à peine 200 éleveurs de bovins professionnels.
  • 634 détenteurs d’ovins et 458 détenteurs de caprins, dont 251 qui possèdent les deux espèces. Seuls 61 éleveurs possèdent plus de 50 reproducteurs ovins et 26 éleveurs possèdent plus de 25 reproducteurs caprins.
  • 97 sites d’élevage de porcs pour environ 25 professionnels.
  • Environ 120 aviculteurs.
     Source : Caridf
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