Énergie
Le méthaniseur de Mer va bientôt s’agrandir
Quatre ans après sa mise en service, l’unité de méthanisation Biogaz Mer (Loir-et-Cher) poursuit son développement, avec une deuxième unité qui sera opérationnelle d’ici la fin de l’année.
Quatre ans après sa mise en service, l’unité de méthanisation Biogaz Mer (Loir-et-Cher) poursuit son développement, avec une deuxième unité qui sera opérationnelle d’ici la fin de l’année.
Mise en service en 2022, l’unité de méthanisation Biogaz Mer (Loir-et-Cher) s’inscrit aujourd’hui comme un maillon clé de la production locale de gaz vert. Avec une production atteignant jusqu’à 25 GWh par an, soit l’équivalent de plus de 6 000 logements chauffés, le site valorise des matières agricoles, notamment des Cultures intermédiaires à vocation énergétique (Cive), ainsi que des biodéchets et des déchets industriels, en lien avec douze agriculteurs du territoire issus de sept exploitations agricoles.
Un hygiéniseur pour se développer
Une nouvelle étape a été franchie l’an dernier avec l’ajout d’un hygiéniseur, permettant désormais de traiter des biodéchets, notamment issus de la restauration collective, ou encore des déchets industriels. « Les collectivités ont un réel besoin pour gérer les déchets et nous avons besoin de notre côté d’y répondre en augmentant notre potentiel », souligne Pierre Bigeon, responsable de l’unité depuis son démarrage. Cette évolution se traduit par une transformation progressive de l’approvisionnement du méthaniseur. Alors que les Cive représentaient 80 % des intrants à l’origine, elles n’en constituent plus que 55 % aujourd’hui. Une diversification des matières premières qui illustre la capacité du site à produire du gaz vert à partir de déchets locaux.
Un moyen de pérenniser les exploitations
Malgré cette évolution, les Cive conservent un rôle central pour les agriculteurs associés, en apportant un chiffre d’affaires complémentaire autour de 1 000 euros par hectare. « C’est essentiel d’avoir cette double valorisation. Grâce au digestat, on décarbone nos fermes et cela nous permet d’utiliser moins d’engrais chimiques sur nos cultures », explique Jean Alechkine, céréalier installé depuis quelques années. Pour ce dernier, la méthanisation a même été déterminante dans son parcours. « Sans le méthaniseur, je ne me serais jamais installé. Cela a été un élément essentiel dans mon choix », confie-t-il. En effet, la méthanisation constitue aujourd’hui une opportunité pour les agriculteurs. « La méthanisation permet de pérenniser les exploitations agricoles avec une diversification des revenus essentielle dans un contexte agricole difficile », souligne Pierre Bigeon.
Les bénéfices agronomiques sont également à souligner avec les Cive. « On peut déjà observer des effets liés à leur intégration dans les rotations, avec une réduction des produits phytosanitaires et jusqu’à 50 % de baisse de certaines adventices comme le vulpin en seulement deux ans », affirment d’une même voix Jean Alechkine et Pierre Bigeon.
Une deuxième unité d’ici à la fin 2026
Dans cette logique de développement, une deuxième unité est actuellement en construction sur le site. Elle viendra compléter les trois cuves existantes par deux nouvelles installations, afin d’augmenter les capacités de traitement et de production. À terme, la production globale pourrait atteindre 62 GWh par an, soit l’équivalent d’environ 15 500 logements. Aujourd’hui, près de 22 000 tonnes d’intrants alimentent chaque année le méthaniseur. « Lors de l’inauguration il y a quatre ans, nous n’aurions jamais imaginé un développement aussi rapide », reconnaissent Pierre Bigeon et Jean Alechkine, qui saluent le rôle croissant de l’agriculture dans la production d’énergie.
Cette trajectoire s’inscrit dans une dynamique plus large à l’échelle du territoire. « Il y a déjà six unités de méthanisation en Loir-et-Cher, et la région Centre-Val de Loire est engagée dans ces solutions de production de gaz vert », rappelle Sylvaine Loosveldt, déléguée territoriale GRDF. Des projets sont encore en cours, avec un objectif national fixé à 44 TWh injectés dans les réseaux d’ici 2030.