Le négoce Pissier relance le fret ferroviaire au silo d’Ormes 📹
Mercredi 13 mai, un train de maïs a quitté le silo d’Ormes (Loiret) après plus d’une décennie d’arrêt de l'activité, à la suite de la reprise d’exploitation par le négoce Pissier.
Mercredi 13 mai, un train de maïs a quitté le silo d’Ormes (Loiret) après plus d’une décennie d’arrêt de l'activité, à la suite de la reprise d’exploitation par le négoce Pissier.
Lors d’un premier chargement inaugural, en présence du président du conseil régional de Centre-Val de Loire, François Bonneau, un train de maïs a quitté le silo d’Ormes (Loiret) mercredi 13 mai, après douze ans d’arrêt. Un événement dans une région où le ferroviaire a longtemps été mis de côté pour le transport de céréales.
Un silo de proximité
Construit dans les années 1950, le silo d’Ormes a été exploité par différentes coopératives jusqu’à l’arrêt de son activité par Axéréal en 2021. Entre-temps devenu propriété de la commune, l’exploitation du site a été reprise en 2022 par le groupe Pissier, à la suite d’une candidature auprès de la mairie. « L’objectif était de permettre aux agriculteurs d’avoir un silo de proximité », explique Antoine Pissier, gérant du négoce basé en Loir-et-Cher.
D’importants travaux ont été nécessaires pour remettre l’installation en état. Environ 100 000 euros ont été investis pour la mise au norme du silo lui-même, auxquels s’ajoutent 140 000 euros pour la remise en fonctionnement de l’Installation terminale embranchée (ITE), dont 67 000 euros financés par la Région. Une remise en état progressive, encadrée par une dizaine de visites de la Dreal (Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement) en trois ans, avant de permettre la reprise effective de l’activité.
Le retour du train, douze ans après
Jeudi 13 mai, un premier train inaugural de près de 1 500 tonnes de maïs a été chargé à destination de l’entreprise Sanders, en Bretagne. « Il n’y avait plus eu de train depuis 2014. Il aura donc fallu douze ans pour en revoir partir un », souligne Antoine Pissier. Avec ses 700 mètres de voies, l’embranchement ferroviaire permet désormais d’envisager une activité régulière, avec un objectif de cinq à dix trains par an.
Si le transport ferroviaire reste plus coûteux que le transport routier, notamment en raison d’un entretien annuel des voies onéreux, il présente un avantage environnemental majeur. Chaque train permet d’éviter près de cinquante camions sur les routes et réduit fortement les émissions de gaz à effet de serre, avec environ 10 g de CO2 par tonne transportée, contre 70 g par la route.
Un enjeu stratégique pour la filière céréalière
Cette relance intervient dans un contexte où les infrastructures vieillissent. « En France, deux tiers des silos ont plus de 35 ans. Il y a une vraie problématique sur les infrastructures de stockage. Nous avons besoin de soutien financier pour les rénover et de règles plus souples », alerte Antoine Pissier. Déjà bien implanté en Loir-et-Cher, le groupe renforce ainsi sa présence sur un territoire agricole majeur. En Centre-Val de Loire, près de 8 millions de tonnes de céréales ont été récoltées en 2025, faisant de la région la troisième de France, avec près de la moitié de la production destinée à l’export.
Une dynamique portée par l’État et les collectivités
Le projet s’inscrit dans le cadre du contrat de plan État-Région 2023-2027, dont la Région s’est dotée d’une enveloppe de 20 millions pour la création, la réactivation ou la modernisation d'infrastructures ferroviaires permettant aux entreprises de transporter leurs marchandises par le train plutôt que par la route. « La Région est fortement engagée auprès des agriculteurs. Ils sont mobilisés sur les enjeux environnementaux et ont besoin d’être accompagnés », a rappelé François Bonneau durant l’événement.
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