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Le préfet au chevet des agriculteurs

Le 7 juin, le préfet et le directeur départemental des Territoires de Loir-et-Cher ont procédé à une visite de plusieurs parcelles touchées par les intempéries au nord de la Loire.

Après la tempête, c’est l’heure du constat. La chambre d’Agriculture, la FDSEA et les Jeunes agriculteurs ont convié le préfet Yves le Breton et le directeur des Territoires, Pierre Papadopoulos, à une visite de terrain au nord de la Loire, le mardi 7 juin.

Sur une parcelle de Gilles Leroux, située sur la D65 à Veuves en zone inondable, les asperges — une culture non assurable — sont encore sous l’eau. « Nous sommes à deux cents mètres de la Cisse et à un kilomètre de la Loire. Le week-end du 28 mai, nous avons eu environ cent millimètres, un fait pas forcément inhabituel dans le secteur. Mais plus en amont, il est aussi tombé 150 mm donc c’est monté assez rapidement. »

Depuis le 6 juin, les eaux descendent lentement : « L’une des causes est l’entretien de moins en moins régulier des fossés. »

Sur ce sujet, Florent Leprêtre, président de la FDSEA 41, demande de « laisser les paysans entretenir les fossés. C’est plus qu’indispensable. Il faut réfléchir à une vraie politique de gestion des réserves d’eau. L’activité agricole est le premier facteur pour limiter ces inondations. Il faut le dire : sans les agriculteurs, ça serait pire ! »

Un agriculteur voisin comptabilise 150 hectares sous l’eau sur les trois cents qu’il cultive.

Avant ces intempéries, d’autres agriculteurs n’avaient pas encore semé certaines cultures : comme ils ne pourront pas respecter ce qu’ils ont déclaré dans leur dossier Pac, qu’en sera-t-il ? « Là, nous sommes dans une situation de catastrophe naturelle. Cela n’aura donc pas d’incidence sur la Pac. Il y aura des détails à voir mais on essaiera de mettre en place un document simple », rassure le directeur des Territoires.

Benoît Bernard, président du Syndicat des producteurs de maïs semences, a fait un point sur certaines cultures spéciales : « 90 % de la surface en maïs semences ont été déclarées à Groupama. Au sud de la Loire, certaines exploitations devront arrêter ces cultures car elles ne pourront pas faire les semis nécessaires. Pour les fraises, nous étions partis sur une bonne dynamique mais le démarrage de la campagne et le marché sont aujourd’hui plombés. D’un point de vue financier, certains producteurs de fraises ne feront pas une demi-campagne. »

Chez Aurélien Fleury, à Pontijou, une partie des haricots — là aussi une culture non assurable — a pris l’eau. « Le samedi 28 mai, nous avons eu 60 mm en trente minutes. Au total, sur le mois de mai, nous enregistrons 215 mm. »

En cinq mois, le secteur enregistre la même pluviométrie que celle de toute l’année 2015.

Le préfet de Loir-et-Cher a tenu à faire un rappel de la situation : « Nous avons connu de fortes pluies : il est tombé en trois jours ce qu’il tombe d’habitude en deux mois. À cela s’est ajouté le gonflement des rivières. Nous avons évacué environ mille personnes, surtout à Romorantin, et aucune perte humaine n’est à déplorer dans le département. »

À Sainte-Gemmes, Laurent Bruère a présenté plusieurs de ses parcelles dévastées par les eaux. Ses blés ont versé et les sols, encore détrempés, ne respirent plus. « Sur une de mes parcelles de sept hectares, j’ai trois hectares d’eau. C’est impressionnant, je n’ai jamais vu ça. »

Laurent Bruère fait partie des 30 % d’agriculteurs assurés pour les aléas climatiques. Un taux bien bas à cause, notamment, des critères du contrat ou de la franchise de 25 %. « L’aléa climatique, c’est vraiment une assurance pour les très gros coups durs. Il faut faire évoluer les choses de ce côté-là. Ici, ce n’est pas un problème d’itinéraire technique mais bien un fait naturel et je ne sais même pas si je pourrai être indemnisé sur cette parcelle de blé dur qui promettait un très bon rendement. »

Le président de la chambre d’Agriculture, Philippe Noyau, a émis l’idée que cette assurance puisse être financée par la Pac : le débat est ouvert.

La visite s’est terminée chez ce céréalier, qui a montré plusieurs photographies et vidéos au préfet : des lacs au milieu des champs, des cultures versées, des parcelles impraticables mais aussi quelques « canards » dans la mare… En matière de chiffre d’affaires, Laurent Bruère estime que les pertes peuvent représenter 50 %, « alors que la potentialité était formidable il y a quinze jours. Aujourd’hui, j’attends de l’administration qu’elle n’en rajoute pas. Moi je suis abattu, humainement, c’est lourd. »

À la fin de la rencontre, Florent Leprêtre a demandé que les agriculteurs puissent activer les DPB (droits à paiement de base) le plus rapidement possible y compris sur les terres qui resteraient sans culture. « Ensemble, nous devrons faire un bilan et améliorer la méthodologie. »

Yves le Breton a conclu en précisant qu’il rencontrerait les maires qui ont fait une demande de catastrophe naturelle ce vendredi 10 juin. « Dans un premier temps, il s’agit de gérer l’urgence puis il faudra voir les sujets de plus long terme. Je vous remercie pour cette visite, vous m’avez montré des images frappantes. »

Une prochaine visite devrait avoir lieu dans les prochains jours au sud de la Loire.

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