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Le préfet sur le terrain

Le préfet de Seine-et-Marne, Thierry Coudert, a été accueilli sur l’exploitation de Pascal Verrièle à Dormelles, mardi 7 juillet. Une rencontre riche en échanges sur les problématiques agricoles.

Répondant à l’invitation de la FDSEA 77, des JA 77 et de la chambre d’Agricuture de région Île-de-France, le préfet de Seine-et-Marne, Thierry Coudert, arrivé dans le département quelques semaines avant le début du confinement, s’est rendu à Dormelles sur l’exploitation de polyculture de Pascal Verrièle mardi 7 juillet.

« Dans le sud Seine-et-Marne, on joue sur la qualité pour gagner de la valeur ajoutée », a expliqué l’exploitant en lui présentant son assolement diversifié — pour limiter les risques —, la gestion agronomique de l’exploitation et les contrats sur lesquels il s’engage comme le blé Barilla. Mais l’exploitant est inquiet pour l’avenir des betteraves, une culture qui cumule les difficultés depuis quelques années, et du colza face à la pression des insectes en l’absence de matières actives.

Sur cette exploitation de 180 hectares, qui s’appuie notamment sur les nouvelles technologies et l’agriculture de conservation, la production de blé permet, par exemple, de fabriquer 2,15 millions de baguettes.

Depuis peu, avec vingt-et-un collègues, il a créé un GIEE (Groupement d’intérêt économique et environnemental) sur l’agriculture de conservation. Exploitant des petites parcelles bordées de bois, un temps non négligeable est consacré au passage de l’épareuse. « Quand on dit qu’on entretient le paysage, c’est aussi ce travail », a relevé le président de la FDSEA 77, Cyrille Milard.

Puis des échanges sur différents sujets, dont certains s’appuyaient sur l’exemple de cette exploitation, ont eu lieu  : la nécessité de revoir les dégâts de gibiers à la baisse, les dépôts sauvages « de plus en plus difficiles à gérer. Avant, on les trouvait sur les chemins, maintenant sur nos parcelles », a souligné Guillaume Lefort, premier vice-président de la chambre, la charte riverains et les ZNT sur lesquelles les premières dérives sont observées (riverains qui traitent le long de leur clôture, dépôt de terre), l’inquiétude pour l’élevage et la quasi-disparition de la production laitière au sud de la Seine, l’enseignement où l’agriculture décrite est plus proche de « Martine à la ferme » que de la réalité et cela dès le plus jeune âge, la communication générale…

Dans un second temps la délégation s’est rendue sur une parcelle de betteraves fortement impactée par la jaunisse où le président de l’interprofession betteravière, Jean-Philippe Garnot, a lancé un cri d’alarme alors « qu’aucune proposition robuste pour 2021 existe. En attendant de trouver une solution, le retour à l’enrobage des semences est nécessaire ».

Outre la survie des usines qui est en jeu, les conséquences sont nombreuses  : production de sucre, pour les troupeaux situés en zone AOP brie de Melun, fabrication du gel hydroalcoolique alors que l’opération « Un bidon de 5 litres pour chaque commune du département » a été fort appréciée, sans oublier la complexification des relations avec les riverains alors que les passages avec un pulvérisateur se multiplient.

La rencontre s’est achevée sur une parcelle réemblavée en maïs, le colza semé à l’automne ayant été détruit par les limaces et les altises. Celle-ci est aujourd’hui partiellement détruite par des dégâts de corbeaux en attendant ceux des sangliers.

Face à tous ces sujets, le préfet s’est montré très intéressé à travers les nombreuses interrogations. Des éléments complémentaires lui seront d’ailleurs remis à sa demande.

Laurence Goudet-Dupuis

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