Aller au contenu principal

Yvelines
Le projet de ferme-école de Xavier Niel inquiète le monde agricole

Les organisations professionnelles agricoles franciliennes prennent position sur la création d'une école d'agriculture par Xavier Niel, baptisée Hectar.

Le fondateur de l'opérateur télécom Free, Xavier Niel a récemment annoncé son intention d'ouvrir une école d'agriculture au domaine de la Boissière sur la commune de Lévis-Saint-Nom (Yvelines), financée par lui-même ainsi que par Audrey Bourolleau, ancienne conseillère agriculture d'Emmanuel Macron à l'Élysée. C'est elle qui devrait diriger l'établissement.

Le site, acquis par la société S4H créée pour l'occasion, comprend un château, un corps de ferme ainsi que 600 hectares environ. Deux mille élèves par an pourraient y être formés à partir de septembre 2021.

Cette école s’adressera aux étudiants et aux personnes en reconversion professionnelle souhaitant se former aux métiers agricoles et à la reprise d’exploitation.

Dans un communiqué, la chambre d'Agriculture de région Île-de-France, la FDSEA et les Jeunes agriculteurs d'Île-de-France s'interrogent sur la finalité idéologique de cette ferme-école : « Nous avons accueilli dans notre région, sur la commune de Lévis-Saint-Nom, le projet d’installation en agriculture d'Audrey Bourolleau-Alberti, ancienne conseillère du Président de la République.

Il s’agit d’un projet individuel d’entreprise, modèle auquel nous sommes attachés, qui peut constituer un signal positif d’attractivité du secteur agricole.

Nous refusons en revanche que le renouvellement des générations, enjeu crucial pour l’avenir de notre agriculture familiale, soit la prochaine victime d’une financiarisation à outrance. Le magnat des télécoms Xavier Niel théorise et conceptualise l’agriculture ; nous, agriculteurs franciliens, la faisons exister. La création d’une école d’agriculture appelée ''Hectar'', fruit d’une collaboration entre Xavier Niel et Audrey Bourolleau-­Alberti, constitue un renoncement pour notre agriculture, forte de sa diversité.

De nombreuses formations agricoles diplômantes, publiques ou privées sous contrat d’association avec l’État, existent déjà dans notre région et dans les Yvelines. Nous y sommes attachés et leur faisons confiance pour préparer les agriculteurs, conseillers et salariés agricoles de demain.

Former gratuitement, sans reconnaissance et droit de regard de l’État sur les programmes, est-ce dans l’intérêt et au service d’une représentation juste de l’agriculture française ?

Laisser un défenseur du Référendum d'initiative partagée (Rip) élevage, aux postures si dogmatiques, former nos futurs agriculteurs est-il compatible avec un enseignement agricole neutre, fondement de notre République et garant de la diversité agricole ?

Nous nous interrogeons donc sur la finalité idéologique de ce projet de ferme-école.

Nous faisons confiance à l’État et à ses services pour encadrer réglementairement la formation dispensée par cet établissement ».

Illustration : capture d'écran Google map, 10/02/2021

La Région Île-de-France soutient le projet

Le conseil régional d'Île-de-France s'est engagé cet automne à soutenir le projet de ferme-école. Le 18 novembre dernier, la commission permanente du conseil régional a en effet adopté une délibération permettant à sa présidente, Valérie Pécresse, de signer une convention de partenariat avec Hectar. Dans cette convention, les deux parties s'engagent à un soutien mutuel en termes de communication sur les thèmes de « l'emploi et de l'insertion », ainsi que de « l'innovation agricole et de la transition agroécologique ». La délibération prévoit également une subvention de 200 000 euros au titre des actions de formation. « C'est une réponse à ces publics, jeunes ou en reconversion, éloignés de l'emploi, aux besoins de main-d’œuvre et de renouvellement des générations du secteur agricole », assume Alexandra Dublanche, vice-présidente chargée de l'agriculture, interrogée par Agra Presse le 2 mars. Face aux critiques du syndicalisme agricole, l'élue met en avant que cette subvention ne provient pas du budget agricole, qui par ailleurs « a triplé » depuis l'arrivée de Valérie Pécresse en 2015 : « L'un n'empêche pas l'autre ».
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Horizons

Les plus lus

Annie Genevard, ministre de l'Agriculture s'est rendue en Loir-et-Cher, vendredi 10 avril pour écouter le monde agricole loir-et-chérien et apporter ses solutions en présence de Joseph Zimet, préfet de Loir-et-Cher.
Annie Genevard en Loir-et-Cher pour écouter le monde agricole et apporter ses solutions
Annie Genevard était en Loir-et-Cher, vendredi 10 avril. Elle a rencontré les représentants de l’AOP Selles-sur-Cher au sein…
Frédéric Morand, vigneron à Vineuil, a dû faire face à des nuits stressantes ces dernières semaines en raison du gel.
Les épisodes de gel se succèdent en Loir-et-Cher depuis mi-mars
Les vignes de Loir-et-Cher n’ont pas été épargnées par le gel depuis la mi-mars. Les tours antigel ont fonctionné plusieurs nuits…
Le 10 avril, à Chartres. Jean-Paul Moktar (au c.) a présidé la 100e assemblée générale de la fédération départementale des Chasseurs d'Eure-et-Loir.
La Fédération départementale des chasseurs d'Eure-et-Loir fête ses 100 ans
La Fédération départementale des chasseurs d'Eure-et-Loir a célébré ses 100 ans lors de son assemblée générale annuelle le…
Vendredi 24 avril, à Chambord. Hubert-Louis Vuitton, président de la FDC 41, a présidé l'assemblée générale du centième anniversaire.
La Fédération de chasse de Loir-et-Cher fête son centenaire à Chambord
La Fédération départementale des chasseurs de Loir-et-Cher (FDC 41) a fêté ses 100 ans au sein du château de Chambord vendredi 24…
Vulaines-lès-Provins, vendredi 17 avril. Brice De Bisschop termine la visite de son exploitation par les serres, une diversification datant de 2022.
Valérie Pécresse en visite dans des exploitations agricoles seine-et-marnaises
La présidente de la Région Île-de-France, Valérie Pécresse, a effectué trois visites dans des exploitations agricoles vendredi 17…
La récolte des asperges se fait entièrement à la main, avec l’appui d’une machine qui soulève la bâche et limite le port des caisses.

Les asperges de Jeanne lancent leur saison
À Traînou, la campagne 2026 des asperges a démarré dans des conditions jugées « normales ». Sur deux hectares, cette exploitation…
Publicité