Profession
Le sous-préfet de Fontainebleau accueilli sur l'exploitation de Jérôme Champion
Exploitant agricole à Villiers-sous-Grez Jérôme Champion a reçu le sous-préfet de Fontainebleau le 10 avril. Aux côtés de représentants FDSEA 77 et JA 77, les échanges étaient axés sur les contraintes rencontrées par les agriculteurs.
Exploitant agricole à Villiers-sous-Grez Jérôme Champion a reçu le sous-préfet de Fontainebleau le 10 avril. Aux côtés de représentants FDSEA 77 et JA 77, les échanges étaient axés sur les contraintes rencontrées par les agriculteurs.
Le sous préfet de Fontainebleau, Yannis Bouzar, s’est rendu le vendredi 10 avril sur l’exploitation agricole de Jérôme Champion à Villiers-sous-Grez. Étaient également présent, le secrétaire général de la FDSEA 77, Pascal Verrièle, les présidents FDSEA 77 et JA 77 des cantons du Sud Seine-et-Marne, des agriculteurs du secteur, le maire et les anciens maires de la commune.
Installé en 2007 sur l’exploitation familiale de 204 hectares, l’assolement de l'exploitation de Jérôme Champion se compose de colza, de blé tendre, d’orge d’hiver et de printemps et de foin. Son père, Alain Champion vient lui prêter main forte ainsi qu’un saisonnier à la moisson. Jérôme Champion a fait le choix d’arrêter les betteraves cette année pour diverses raisons symptomatiques des difficultés de cette filière : absence de solution contre la jaunisse, arrêt de la sucrerie de Souppes-sur-Loing qui engendre des arrachages plus tardifs et le rachat de parts sociales et l’arrêt de l’arrachage des betteraves par la Cuma, dont le coût était nettement inférieur à celui d’un entrepreneur, la machine étant trop vieille. La profession en a profité pour rappeler la nécessité d’uniformiser les produits homologués en Europe alors qu’on rajoute en permanence des boulets aux pieds des producteurs français.
Si l’exploitation présente l’avantage de disposer d’un parcellaire rapproché, avec des terres relativement faciles à travailler, de bénéficier de la proximité des silos de la coopérative Terres bocage gâtinais et de Soufflet ainsi que de l’autoroute pour les livraisons, les inconvénients sont nombreux : bâtiments historiques situés au milieu du village devenus inaccessibles avec le matériel agricole, parcellaire morcelé et importants dégâts de gibier en raison de la proximité des bois.
Au fil de la matinée, les échanges ont été axés sur les entraves rencontrées par l’activité agricole sur ce territoire : vols et dégradations de matériels, aménagements routiers inadaptés, difficultés pour développer un projet, gens du voyage, dépôts sauvages, activisme violent, etc. La rencontre se déroulait sous un hangar couvert de panneaux photovoltaïques édifié récemment pour accueillir le matériel de l'exploitation en extérieur du village. Entre la décision de bâtir ce nouveau bâtiment et sa réalisation le parcours a été complexe et plus coûteux ce qui en fait un exemple complet des différents obstacles qu’un chef d‘entreprise peut rencontrer dans un village très protégé (PLUI qui limite l'implantation d'un nouveau bâtiment, attaque en justice, circulation des engins agricoles dans le centre du village devenue impossible au fil des ans, clairière ultraprotégée…). Face aux difficultés rencontrées pour le PLUI de Fontainebleau, les exploitants agricoles présent ont alerté : nous aurons une approche différente à l'avenir. Les freins aux développements d’activités (interdiction de construire des box pour les pâtures des chevaux, recours contre les bâtiments agricoles, mise en place de poteaux, etc.) ont également été abordés, exemples à l’appui.
Alors que le dialogue est plus que nécessaire avec les concitoyens et les municipalités, le sous-préfet a convié les représentants agricoles à participer aux réunions d'acculturation qu'il va organiser pour les nouveaux maires, les activités économiques comme l'agriculture ayant toute leur place.
Des sujets plus généraux comme la réforme de la Pac, le GNR, la MACF, la problématique betterave ont également fait l’objet d’échanges. « Nous sommes en début de filière de la souveraineté alimentaire et énergétique. Les enjeux sont primordiaux pour le pays et cela passe obligatoirement par nous. On s’intègre aussi au territoire. Il nous faut faire le lien entre notre activité et le quotidien des concitoyens », a insisté Pascal Verrièle.