Machinisme
Le tour de France d'Axema fait étape chez Duro
Dans le cadre de son tour de France, le syndicat des constructeurs et importateurs de machines agricoles, Axema, s'est arrêté chez Duro-France, à Viabon, le 2 octobre.
Dans le cadre de son tour de France, le syndicat des constructeurs et importateurs de machines agricoles, Axema, s'est arrêté chez Duro-France, à Viabon, le 2 octobre.
Afin d'engager un dialogue avec les industriels du machinisme agricole et les acteurs publics locaux, le syndicat des constructeurs et importateurs de machines agricoles, Axema, a lancé cette année un tour de France des douze régions métropolitaines. Six d'entre elles sont concernées cette année, dont la nôtre. C'est ainsi que jeudi 2 octobre, l'équipe d'Axema est chez l'un de ses adhérents euréliens, l'entreprise Duro-France à Viabon (Éole-en-Beauce).
Échanges avec la Région
La matinée est consacrée aux échanges avec les industriels présents puis après un déjeuner convivial, le cercle s'élargit aux élus, en l'occurrence la vice-présidente de la Région en charge de l'agriculture, Temanuata Girard, et aux représentants du secteur agricole public, comme l'élu de la chambre d'Agriculture Émilien Marcault. Côté Axema, étaient présents entre autres sa toute nouvelle directrice générale, Delphine Guey, chapeautée par son prédécesseur toujours en place, Laurent de Buyer, et son directeur des affaires économiques et internationales, David Targy (voir encadré ci-dessous).
Dans son intervention, la représentante de la Région détaille le principe des Cap filières : « Je me pose des questions sur les effets leviers mais on voit que cela fonctionne sur les orientations des filières ». Répondant à une question de Laurent de Buyer sur les liens avec d'autres régions, elle souligne : « Nous sommes souverains sur nos orientations. Nous travaillons plus avec les régions dont nous sommes proches politiquement. Il y a des lignes rouges entre régions. Le choix de mettre 25 % sur les installations ou de freiner les aides aux investissements, sont des choix politiques », assume-t-elle.
Temanuata Girard glisse un mot sur la formation professionnelle et le dispositif Défis mis en place en partenariat avec France Travail qui fonctionne bien dans le domaine des transports, puis sur l'enseignement agricole : « Nous avons 40 000 places que l'on a du mal à remplir. Nous travaillons sur cette thématique mais cela dépend du ministère de l'Agriculture, c'est dans son silo. Il faut que l'on arrive à trouver des solutions, c'est vrai qu'il y a de vrais besoins ».
« Les entreprises ont besoin d'aller chercher des jeunes plus loin, intervient le directeur de l'entreprise hôte, Nicolas Pommier. Nous aurions besoin de formations de niveau supérieur ». Pour la vice-présidente de la Région : « Nous sommes victimes de notre proximité avec la région parisienne et d'Angers. Nous travaillons pour avoir des partenariats avec l'ESA et il y a un sujet aussi avec la formation vétérinaire ».
Sur le sujet de la formation, Laurent de Buyer rebondit : « Sur l'attrait des formations, nous sommes comme le secteur des travaux publics. Nous essayons de travailler avec les écoles pour amener les gamins sur les salons. Nous sommes plus techniques que l'automobile mais deux fois ‘‘sales’’, nous sommes industriels et agricoles… ».
Après ces échanges, tout le monde suit Nicolas Pommier pour une visite de son entreprise. L'occasion de s'arrêter sur les machines destinées à la production des outils Duro et des rampes Pommier. Depuis sa création en 1952, l'usine a déménagé plusieurs fois et prend désormais ses aises sur son site viabonnais. Elle s'est agrandie, modernisée, l'objectif étant de gagner en productivité et en confort de travail pour les salariés. « Tout ce que nous gagnons, nous l'investissons dans l'outil de production », pointe Nicolas Pommier.
Machines de pointe
Au chapitre modernisation, après sa cabine de peinture poudre et une plieuse laser de 220 tonnes de pression, Duro-France a investi au printemps dans une impressionnante machine de découpe laser capable de gérer des pièces de 12 mètres en acier, en inox ou en aluminium. C'est l'une des quatre de ce type installées en Europe et elle a impressionné tous les participants. De fait elle usine, perce, fluoperce — ce qui permet de modeler la matière en repoussant le métal — et taraude. Désormais, Duro-France peut tout faire en interne.
Axema en chiffres
Le syndicat compte 266 entreprises adhérentes, dont 21 en région Centre-Val de Loire. Au total, ces entreprises emploient quelque 28 515 salariés et ont généré un chiffre d'affaires de 16 milliards d'euros en 2024.
« Les prises de commandes reprennent »
La présence de l'équipe d'Axema, le 2 octobre chez Duro-France à Viabon, nous permet d'interroger son directeur des affaires économiques et internationales, David Targy, sur l'état du marché : « Les tendances sont à l'opposé, sur les prises de commandes ça reprend depuis quelques mois après trente mois de baisse consécutifs. Par contre en termes de facturations, résultat des prises de commandes passées, nous sommes très bas, avec - 18 % au premier semestre, après avoir fait - 15 % l'an passé. Depuis juillet, nous avons un frémissement à la hausse. Nous sommes assez optimistes sur les prochains mois, mais relativement car les fondamentaux d'une reprise vigoureuse ne sont pas réunis. Les récoltes ont été très bonnes, ce qui est un soulagement pour nous car nous sommes très dépendants de la conjoncture agricole, mais les prix sont bas en grandes cultures et en viticulture aussi. Nous regardons aussi l'évolution des marges des exploitations et la confiance générale, et sur ces éléments-là, nous sommes assez prudents pour l'année prochaine. Il n'y a pas d'euphorie. Quant aux prix, après les fortes hausses des dernières années, ils sont constants, même un peu en dessous du niveau de l'inflation ».