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Le touraine chenonceaux travaille à devenir une appellation communale

En 2016, le touraine chenonceaux fête ses cinq ans : l’occasion pour les viticulteurs de faire le point sur l’évolution et les projets.

Le 25 mars, à Chenonceaux (Indre-et-Loire). Le touraine chenonceaux a fait le bilan de ses cinq ans d’existence.
Le 25 mars, à Chenonceaux (Indre-et-Loire). Le touraine chenonceaux a fait le bilan de ses cinq ans d’existence.

En cette année anniversaire, le jeune syndicat Touraine Chenonceaux a tenu son assemblée générale à l’Orangerie du château de Chenonceau (Indre-et-Loire), le 25 mars.

Voilà cinq ans que cette dénomination s’organise, se développe et s’oriente vers le haut de gamme de la vallée du Cher.

Aujourd’hui, le touraine chenonceaux compte 44 vignerons et 27 communes. Quand la production atteignait à peine neuf cents hectolitres en 2011, elle s’élevait en 2015 à cinq mille !

Le vignoble s’étend sur 264 ha de surfaces identifiées dont 95 ha de surfaces récoltées : des chiffres multipliés par trois en cinq ans.

« Le touraine chenonceaux représente 8 % du vignoble de Touraine. Si tout se passe comme le laissent présager les résultats du sondage effectué auprès des viticulteurs de la dénomination, dans trois ans, ce sera 15 % du vignoble de Touraine », relève Luc Poullain, président du syndicat.

Ce questionnaire interne (vingt-deux réponses sur trente-trois) a permis de dessiner les profils des viticulteurs : une moyenne d’âge de 46 ans mais la moitié a moins de quinze ans d’installation, 10 % sont en agriculture biologique, 35 % en conventionnelle, 35 % en raisonnée.

Sur les exploitations, le touraine chenonceaux représente en moyenne 14 % de la surface totale.

Du côté de la commercialisation, la majorité des ventes se fait directement au domaine (46 %), une partie au caviste et une autre en cafés, hôtels, restaurants (CHR).

« Le touraine chenonceaux, blanc et rouge, permet de valoriser à 60 % les touraines », souligne Luc Poullain.

En effet, cette dénomination, qui s’implante dans les restaurants locaux et les tables prestigieuses (comme La Dame de Pic à Paris ou le Claridge’s à Londres en Angleterre), est vendue à un prix 60 % supérieur au touraine au caveau comme aux professionnels.

Ce haut de gamme est légitimé par le travail des viticulteurs mais aussi par les validations qualitatives, une pratique mise en place en France seulement dans le muscadet, le touraine oisly et le touraine chenonceaux.

En 2015, huit séances de dégustation ont eu lieu. « Cette année, nous sommes quarante opérateurs donc il y a quatre-vingts vins à déguster et autant d’échantillons à prélever. La première séance aura lieu le 12 avril donc toutes les forces vives sont les bienvenues pour y participer », souligne Patricia Denis, en charge de cette commission.

Pour cette année, la fiche de dégustation a été refaite avec des ajouts de critères et un protocole pour les préleveurs devrait voir le jour.

Le marketing et la communication participent également à ce positionnement haut de gamme : un modèle de bouteille unique déposé à l’Institut national de la propriété industrielle (Inpi), une charte graphique pour l’étiquetage, des cartons personnalisés, un règlement intérieur précis (droit à l’image, conditionnement, dégustation…), une participation régulière à des salons et événements comme « Dégustation sous les étoiles », le développement d’outils de communication…

Tout ce travail est un signe positif et une preuve pour l’Institut national de l’origine et de la qualité (Inao) que le touraine chenonceaux fonctionne, a sa place dans le paysage viticole du Val-de-Loire et a encore de beaux jours devant lui.

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