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L’EAA 77 apporte  une main d’œuvre locale, formée et motivée

En ce début février, les salariés de l’entreprise agricole apprenante de Seine-et-Marne (EAA 77) taillent les cassissiers de la cueillette de Marc Lemarié à Coubert (Seine-et-Marne). L’exploitant agricole fait appel à leurs services depuis la création de l’EAA 77 début 2014.

« L’EAA répond à un besoin local de main d’œuvre ayant un minimum de formation agricole », explique l’exploitant agricole. Et de poursuivre : « Je ne les embauche pas dans une optique sociale. Ils sont traités comme tout employé. D’ailleurs, leur coût salarial est le même. En revanche, il est reconnu que la concentration d’un travailleur handicapé sur une tâche lui demande constance et volonté. Le handicap apporte du courage et cela se vérifie. »

Marc Lemarié fait appel aux services de cette entreprise pour deux mille heures de prestation par an. Les salariés viennent travailler au sein de la cueillette régulièrement tout au long de l’année, y compris durant la période hivernale, aucun saisonnier n’étant employé à cette saison. Alors qu’ils attaquent leur seconde année au sein de l’EAA 77, leurs tâches se font plus élaborées.

Les six salariés de l’EAA 77 sont formés au CFPPA de Bougainville à Brie-Comte-Robert à raison de  soixante jours par an durant deux ans afin d’obtenir une qualification. Si le coût de la formation est pris en charge, les heures passées au CFPPA ne sont, elles, pas financées. L’EAA 77 doit donc trouver des subventions pour y suppléer, faute de risquer de mettre en péril la structure. Une situation que déplore Marc Lemarié alors que cet établissement rend service à la société en employant des personnes qui seraient certainement sans emploi.

Autre atout : les salariés locaux ne sont pas déracinés et il n’y a pas le barrage de la langue contrairement aux travailleurs saisonniers. La transmission des pratiques en est facilitée.

Sur les chantiers, ils sont encadrés par un chef d’équipe, Mahmoudi Laoucine. Titulaire d’une formation dans le social (licence de sociologie-philosophie et psychologie), d’expériences d’encadrement et d’un BPREA en maraîchage bio, il était le plus qualifié pour occuper ce poste. De plus, la notion de handicap l’intéressait.

Fier de son équipe, il explique : « Nous progressons régulièrement et cela se voit à travers les tâches réalisées. L’équipe, multi-générationnelle — de vingt-deux à plus de cinquante ans — nécessite une adaptation permanente. Je connais chacun de manière particulière et je compose les binômes en fonction du travail. »

La bonne humeur règne au sein de l’équipe qui mène des tâches variées comme l’entretien du sol, le désherbage, la taille. « C’est une chance d’être à l’extérieur et de travailler en groupe. Nous pouvons partager nos idées », 
note Fabrice Fechas, un des salariés.

L’entreprise effectue 80 à 85 % de ses prestations dans le secteur agricole, le reste étant dévolu aux espaces verts. Aujourd’hui, elle cherche à développer ses prospects en particulier durant les périodes hivernales de janvier-février. Si le handicap peut faire peur de prime abord, l’EAA devrait, en progressant et en diversifiant les taches que ses employés savent réaliser — et grâce au bouche-à-oreille, le meilleur vecteur de communication —, arriver à développer sa clientèle. 

Le réseau des entreprises agricoles apprenantes a une vingtaine d’années, ill a été mis en place par un viticulteur alsacien sous le nom de Maison verte. Ces entreprises permettent d’offrir des emplois durables à des personnes handicapées tout en leur apportant une formation. Cette structure fonctionne sous la forme de prestations de services auprès d’exploitants agricoles. L’EAA 77 était la première entreprise de ce type à voir le jour en Ile-de-France. D’autres sont en gestation.

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