Aller au contenu principal

Lin
L’entreprise Devogèle, unique teilleur de lin francilien

Outre une présentation complète de la filière lin, le jeune dirigeant de l’entreprise Devogèle, Simon Delétain, a présenté ses projets de modernisation des installations et de développement de la production à la vice-présidente de la Région Île-de-France, Alexandra Dublanche, le 6 avril.

Deux mille hectares de lin (une surface qui est montée jusqu’à 5 000 hectares) illuminent la plaine seine-et-­marnaise de leurs fleurs bleu pâle à la fin du printemps.

Mais la région ne compte qu’une seule unité de première transformation, l’entreprise Devogèle implantée à Chailly-en-Brie.

Dirigée depuis 2018 par Simon Delétain, 28 ans, celle-ci a une capacité de traitement de mille hectares, ce qui limite le développement de la production. Pourtant, la demande mondiale en lin, à 90 % destinée à la production de fibres, tirée par le boom de l’ameublement, est forte.

C’est une plante écologiquement bien meilleure que d’autres fibres.

« Semé généralement fin mars-début avril et récolté cent jours plus tard, le lin est une belle culture, compliquée mais intéressante », souligne Franck Jubert, agriculteur bio à ­Leudon-en-Brie et vice-­président de l’AGPL (Association générale des producteurs de lin).

C’est une culture de rotation (sept ans voire huit à dix ans). Elle nécessite du matériel spécifique fourni par le teilleur qui réalise les travaux sous forme de prestation, avec une étape clé : le rouissage.

Le jeune dirigeant de l’entreprise Devogèle a la volonté, dans un premier temps, de moderniser l’usine, de développer une seconde ligne de production face à la demande de l’amont et de l’aval.

Si cela est impossible sur le site actuel, l’acquisition d’un nouveau terrain est en réflexion avec la communauté d’agglomération Coulommiers-Pays de Brie.

Le montant du premier investissement est estimé entre 7 et 8 millions d’euros (terrain inclus). Dès le départ, le bâtiment et le triage seront calibrés pour le fonctionnement de deux lignes. Par contre, la mise en route de cette dernière nécessitera de nouveaux investissements dans du matériel de récolte.

Actuellement, l’entreprise emploie 16 salariés et travaille avec 80 partenaires situés à proximité. En effet, les fibres longues représentant 80 à 90 % de la valeur ajoutée, il apparaît nécessaire de limiter le transport.

Les sous-produits sont également valorisés : les fibres brisées et poussières sont utilisées en maraîchage, les anas (copeaux de lin) servent à faire du contreplaqué, etc.

Cette fibre sera à l’honneur lors de la réouverture des magasins avec l’opération « J’aime le lin » au BHV à Paris, où la rue de Rivoli sera végétalisée.

En savoir +

La production européenne est regroupée dans trois pays : la France (80 % de la production), la Belgique (15 %) et les Pays-Bas (5 %), qui ont un projet d’IGP transfrontalière.
Seulement 20 % des fibres restent en Europe et le nombre d’intermédiaires nécessaires entre le champ et la toile est important.
Un label européen, European Flax, garantit l’origine d’une fibre de lin de qualité premium cultivée en Europe. Ce label répond aux attentes de la société et de la RSE (Responsabilité sociétale des entreprises).

Les plus lus

Pierre Bot (Archives)
Pierre Bot : « Saclay : pas besoin de tuer la ZPNAF pour tuer l'agriculture »
Agriculteur à Saclay (Essonne), Pierre Bot est président de la commission Nouvelles formes d'agriculture et administrateur de la…
Vincent Michelet montre la graine au stade «	germée 2 cm	» dont raffolent les corbeaux.
Appel aux agriculteurs pour réclamer une indemnisation des dégâts de corvidés
En juin, de nombreux agriculteurs constatent, comme à l'accoutumée, que les corbeaux et autres corvidés ont fait des semis leurs…
La Queue-en-Brie (Val-de-Marne), vendredi 21 mai. À l’occasion du lancement de la carte interactive des producteurs et de leurs points de vente en Île-de-France, les exploitants des Vergers de Champlain ont présenté leur activité, les panneaux sur les cultures de la cueillette, ainsi que le fonctionnement du QR code, qui permet d’obtenir des informations complémentaires.
Lancement d’une carte interactive des producteurs
Une carte interactive recensant les producteurs franciliens et leurs points de vente a été lancée par la chambre d’Agriculture.
Damien Chardon, exploitant agricole à Chevrainvilliers.
Les Fruits rouges de mon jardin et ses légumes
Depuis plus de vingt ans, Damien Chardon, exploitant agricole à Chevrainvilliers, s’est diversifié dans la production de fruits…
Le 13 juin, à Châteaudun. L'irrigation est un sujet important mais les animaux sont indispensables à la réussite de Plus belle la campagne.
Plus belle la campagne apporte l'irrigation à Châteaudun
Jeunes agriculteurs d'Eure-et-Loir a organisé son opération Plus belle la campagne le 13 juin à Châteaudun, autour du thème de l'…
Le château de Cheverny recevra le salon des vins le week-end des 26 et 27 juin.
L'alliance entre le chocolat de Max Vauché et les vins
Le château de Cheverny accueille, pour la seconde édition, le salon des vins les 26 et 27 juin 2021. Toutes les régions de France…
Publicité