Aller au contenu principal

Les agriculteurs contre le Leclerc de Galluis (Yvelines)

Une vingtaine d’agriculteurs a manifesté son opposition à l’implantation d’un Leclerc à côté du silo de Galluis (Yvelines), le lundi 4 avril.

À Galluis (Yvelines) en bordure de la RN12, le bâtiment de la Sofrasem — société de sélection et de productions de semences — est vide depuis des années.

Le géant de la grande distribution, Leclerc, aimerait y implanter un de ses magasins mais les agriculteurs yvelinois s’y opposent fermement et pour cause : à moins de cinquante mètres de là se trouve un silo agricole.

Lundi 4 avril, ils ont exprimé leur position en se réunissant sur le site — avenue du Pigeon bleu — avec quelques tracteurs pour y installer des banderoles au message très clair : « Non au Leclerc à Galluis ». Car ce que craignent les agriculteurs, c’est que leurs activités — « le bruit et la poussière que génère l’activité d’un silo agricole » — finissent par gêner l’enseigne Leclerc et ses clients et que le silo soit menacé. 

« À l’origine, ce site était une zone d’activité agricole », souligne le président du syndicat local de Houdan à la FDSEA Ile-de-France, François Lecoq : « Ensuite, c’est devenu une zone d’activité et maintenant, on voudrait en faire une zone commerciale. Nous disons non. »

Une position d’autant plus ferme que les infrastructures routières existantes avaient été créées pour des activités agricoles et devraient supporter, à terme, le trafic routier de toute la clientèle du supermarché ainsi que les livraisons de marchandises. 

Si les agriculteurs sont si déterminés, c’est parce que leur silo, « leur maison » comme aime le dire la présidente du syndicat local de Montfort, Chantal Gousson, est directement menacé. 

« L’idée de notre mobilisation est véritablement de protéger notre coopérative et notre outil de travail », insiste l’agricultrice : « Si Axéréal doit partir, il sera très difficile de réimplanter un silo quelque part du fait des difficultés rencontrées dans les autorisations de permis de construire et autres démarches administratives. »

Chaque année, les quelque deux cent cinquante adhérents du silo de Galluis acheminent jusqu’à vingt-cinq mille tonnes de blé, orge, colza, pois et maïs et le silo dispose d’un outil de taille puisqu’il est accolé à la voie de chemin de fer. 

« Les céréales sont directement chargées dans les trains. À l’heure où on parle de bilan carbone, cela devrait avoir du sens », affirme François Lecoq. Grâce à ces banderoles désormais disposées sur le site mais aussi aux entrées du village de Galluis, les agriculteurs espèrent « des réactions et surtout des réponses de la part des politiques ». 

« On nous a vendu les Assises de la ruralité dans les Yvelines depuis six mois. C’est l’heure d’agir avec un cas concret et que notre département nous montre qu’il est attaché à la ruralité et à son agriculture », poursuit François Lecoq, qui vise directement le président du conseil départemental, Pierre Bédier, ainsi que sa vice-présente en charge de ces questions, Pauline Winocour-Lefèvre. 

« Nous attendons aussi des engagements de la part des élus locaux et notamment des maires, ainsi que de la nouvelle présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse. Elle ne doit pas oublier qu’elle a été élue grâce à la cambrousse », ont lancé de concert les agriculteurs présents. 

Si tous s’opposent à l’implantation d’une zone commerciale, ils se disent en revanche favorables à l’installation d’une nouvelle activité sur ce site laissé vacant :« Il faudrait y installer des artisans par exemple. »

Mais si leur position n’est pas entendue, ils promettent d’agir de nouveau et pourraient choisir de bloquer la RN12. 

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Horizons

Les plus lus

Jeudi 19 mars, à Chartres. Aymeric Souchet a présidé une assemblée générale de l'AIEL riche en informations.
De l'eau pour les irrigants d'Eure-et-Loir
L'Association des irrigants d'Eure-et-Loir a réuni ses adhérents en assemblée générale jeudi 19 mars à Chartres, l'occasion…
Denis Billault, producteur d'asperges vertes à Ouchamps, revient sur la saison qui a commencé près de deux semaines en avance par rapport à l'année dernière.
Les asperges vertes pointent déjà le bout de leur nez
Les asperges vertes ont commencé à pointer le bout de leur nez dès le 10 mars en Loir-et-Cher. Denis Billault, producteur à…
Annie Genevard, ministre de l'Agriculture s'est rendue en Loir-et-Cher, vendredi 10 avril pour écouter le monde agricole loir-et-chérien et apporter ses solutions en présence de Joseph Zimet, préfet de Loir-et-Cher.
Annie Genevard en Loir-et-Cher pour écouter le monde agricole et apporter ses solutions
Annie Genevard était en Loir-et-Cher, vendredi 10 avril. Elle a rencontré les représentants de l’AOP Selles-sur-Cher au sein…
Frédéric Morand, vigneron à Vineuil, a dû faire face à des nuits stressantes ces dernières semaines en raison du gel.
Les épisodes de gel se succèdent en Loir-et-Cher depuis mi-mars
Les vignes de Loir-et-Cher n’ont pas été épargnées par le gel depuis la mi-mars. Les tours antigel ont fonctionné plusieurs nuits…
Ouverture du congrès FNSEA 2026 à Caen par son président Arnaud Rousseau.
Le congrès FNSEA 2026 en direct
Le 80e congrès de la FNSEA se déroule en Normandie ces mardi 31 mars, mercredi 1er et jeudi 2 avril à Caen (Calvados). Suivez les…
Le 10 avril, à Chartres. Jean-Paul Moktar (au c.) a présidé la 100e assemblée générale de la fédération départementale des Chasseurs d'Eure-et-Loir.
La Fédération départementale des chasseurs fête ses 100 ans
La Fédération départementale des chasseurs d'Eure-et-Loir a célébré ses 100 ans lors de son assemblée générale annuelle le…
Publicité