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Solidarité
Les agriculteurs ont du cœur et le font savoir

Vendredi 18 décembre, chez Nathalie et Pierre Bot, maraîchers à Saclay (Essonne), de nombreux produits frais d'agriculteurs franciliens ont été donnés à des associations caritatives par l'intermédiaire de Solaal.

Près de neuf tonnes d'endives, deux tonnes de pommes de terre, plus de 500 kilos de choux et carottes, mais aussi quinze kilos de pâtes fermières et 700 kg de camemberts bio… La liste des denrées alimentaires données vendredi 18 décembre par les agriculteurs franciliens aux six associations caritatives* présentes pour l'occasion chez Nathalie et Pierre Bot, maraîchers à Saclay, est conséquente.

L'opération de collecte a été orchestrée par Solaal, association reconnue d’intérêt général qui, grâce à sa plate-forme, facilite le lien entre les donateurs des filières agricole et alimentaire et les associations d’aide alimentaire missionnées pour venir en aide aux plus démunis (voir le témoignage).

Elle s'est tenue en présence de Julien Denormandie, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, de Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, et d'Angélique Delahaye, présidente de Solaal, ainsi que de nombreuses personnalités du monde agricole comme associatif venues pour l'occasion saluer les donateurs.

Don alimentaire
Alexander Grimaud, sous-préfet de Palaiseau, Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, Julien Denormandie, ministre de l'Agriculture et de l’Alimentation, Angélique Delahaye, présidente de Solaal et Pierre Bot, maraîcher.

Introduisant la rencontre, Pierre Bot a rappelé qu'avec la crise sanitaire, l'aIimentation avait repris tout sons sens.

« Mais il faut donner les moyens aux agriculteurs de nourrir les Français, tous les Français… Ce n'est pas qu'une politique agricole, c'est aussi une politique de cohésion de la société », a-t-il souligné avant d'ajouter : « Mais pour partager, encore faut-il produire, mettre en œuvre des moyens de production. Et c'est la nature qui seule décide ensuite, c'est elle qui est généreuse. Alors pourquoi donner ? Parce que la solidarité est une valeur profondément ancrée dans la ruralité et dans l'agriculture ».

Tour à tour, Christiane Lambert et Angélique Delahaye ont rappelé le contexte dans lequel s'effectuaient ces dons, qu'ils relevaient d'une grande générosité de la part des agriculteurs « alors qu'eux-mêmes étaient impactés par un grand nombre de difficultés ».

Don alimentaire
Angélique Delahaye, présidente de Solaal, entourée de Virginie Lasserre, directrice générale de la cohésion sociale (DGCS), Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, et Julien Denormandie, ministre de l'Agriculture et de l’Alimentation.

Remerciant au passage Jean-Michel Lemétayer, ancien président de la FNSEA, à l'initiative de cette démarche de dons agricoles aujourd'hui portée par Solaal, les deux présidentes ont souligné que ces dons ne devaient pas faire oublier qu'ils étaient le plus souvent le résultat d'invendus et/ou de problèmes d'écoulement des produits.

Aujourd'hui, les chiffres parlent d'eux-mêmes. « Solaal, ce sont quelque 40 millions de repas collectés et distribués », a précisé Angélique Delahaye.

« Et ce sont avant tout des produits frais pour lesquels il faut faire vite avant qu'ils ne se perdent… », rappelant ainsi la nécessité d'organiser l'intégralité de la chaîne d'approvisionnement, de stockage et de distribution.

À la Ferme Trubuil, Nathalie et Pierre Bot se sont impliqués très tôt dans le don agricole, sitôt la création de Solaal actée en septembre 2013. « En sept ans, ils ont donné 16 tonnes de fruits et légumes frais », a souligné Dorothée Briaumont, directrice de Solaal.

Éviter le gaspillage alimentaire en valorisant tout ce qui peut l'être dans le cycle alimentaire a été l'un de leurs moteurs.

Don alimentaire
Nathalie et Pierre Bot, maraîchers à Saclay.

C'est le même ressort qui a poussé Amandine Muret-Béguin, agricultrice à Sailly dans les Yvelines, à participer pour la première fois à cette opération de collecte alimentaire. « Nous avions deux tonnes de pommes de terre sur les bras, raconte la jeune femme, en raison de la commande d'une brasserie non honorée parce qu'elle a mis la clé sous la porte lors du deuxième confinement ».

Il était « hors de question de les jeter ». « Mais ce don n'est pas anodin, précise-t-elle. Il y en a pour environ 1 000 euros de marchandise ». Nul doute que la crise sanitaire qui perdure devrait conduire à la multiplication de situations similaires.

* Andes-épiceries sociales-groupe SOS, Banques alimentaires d’Île-de-France, Croix-Rouge française, Restos du cœur, Revivre dans le monde, Secours populaire français.

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