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Syndicalisme
Les congressistes de la SNPR ont débattu durant deux jours à Chartres

La Section nationale des propriétaires ruraux de la FNSEA a tenu son congrès annuel les 1 er et 2 juillet à Chartres. Actualité de la section, table ronde, discours ont nourri ces deux jours.

Le président de la Section nationale des propriétaires ruraux (SNPR), Patrice Joseph, était un homme content vendredi soir, à l'issue du congrès annuel organisé les 1 er et 2 juillet, à Chartres. Et la bonne centaine de congressistes venus des quatre coins de l'Hexagone, aussi. Il faut dire que lui et toute l'équipe de la FNSEA d'Eure-et-Loir se sont donnés sans compter pour l'organiser dans un contexte compliqué. « Et nous avons fait en sorte de montrer ce qu'était l'accueil beauceron et de faire découvrir les produits fermiers de la région », a ajouté le président. Ce congrès a été le premier organisé en présentiel depuis plus d'un an au sein de la FNSEA. La première journée, à huis clos, a permis de faire remonter de chaque section départementale ou régionale les sujets de préoccupation. La seconde, plus ouverte, a été celle de l'assemblée générale de la SNPR et s'est déroulée autour d'un programme très riche.

Un nouveau modèle

Tout d'abord, le président de la FNSEA Centre-Val de Loire, Florent Leprêtre, s'est attaché à présenter la région aux congressistes et d'expliquer : « Nous sommes en train de construire la Maison syndicale de demain, un nouveau modèle. Le monde bouge, il faut que nous restions au service de nos adhérents et de nos territoires ruraux ».

Le secrétaire général de la SNPR, Jean Barreau, a pris la parole ensuite pour livrer le rapport moral de la section : « Nous devons poursuivre et finaliser nos accords avec les fermiers-métayers. Ces accords doivent maintenant être traduits dans la loi mais ça se fait attendre ». Il a souligné aussi le souhait de la section de réfléchir sur la fiscalité à tous les niveaux : « Nous avons des pistes », a-t-il annoncé, comme sortir les biens loués de l'assiette de l'IFI ou la création d'une flat tax sur les impôts fonciers. Ou encore le souhait d'accueillir les propriétaires-bailleurs non issus du milieu agricole… « Bailleurs, preneurs, Jeunes agriculteurs, continuons à travailler ensemble », a-t-il conclu.

Un accord indispensable

La suite de la matinée a été consacrée à une table ronde sur les nouveaux usages du foncier agricole (lire ci-dessous). Après le repas, place aux discours. C'est Julien Rouger, administrateur Jeunes agriculteurs, qui a ouvert le bal, rappelant le défi du renouvellement des générations. « Sans politique de transmission, nous échouerons », a-t-il pointé.

Le président de la Section nationale des fermiers et métayers (SNFM), Bertrand Lapalus, lui a succédé à la tribune : « Cet accord fermiers-bailleurs était indispensable car nous devions être unis devant le législateur, sinon c'était perdu d'avance. Nous n'avons pas encore pu obtenir cette loi mais une proposition de loi a vu le jour, qui a le mérite d'exister. Le débat sur la fiscalité est un vrai débat, c'est à vous de le porter et nous vous aiderons », a-t-il promis.

Le trésorier de la FNSEA, Éric Thirouin, a pris le relais. Il a salué la nouvelle équipe de la SNPR : « Je n'ai aucun doute sur le fait que Patrice Joseph, que je connais depuis très longtemps, saura la mener à ses objectifs ». Il a souligné le travail des sections sur le statut du fermage : « Le chemin parcouru est immense, c'est un travail de longue haleine, de compromis, qui devrait déboucher dans le cadre d'une loi foncière », a-t-il relevé.

Une faute et une erreur

C'est ensuite Patrice Joseph qui a prononcé son discours en s'adressant au représentant du ministère de l'Agriculture. Il lui a rappelé les difficultés liées à l'accès au foncier et le rôle crucial des propriétaires-bailleurs. Il est revenu sur l'accord historique en six points conclu entre la SNPR et la SNFM et la déception de ne l'avoir pas encore vu traduit dans une nouvelle loi foncière. Il a souligné enfin son désaccord concernant le projet de loi Sempastous si toutes les sociétés familiales ne sont pas exclues du contrôle « du point de vue agricole, c'est une faute et du point de vue économique, une erreur ».

 

Les nouveaux usages du foncier agricole en discussion

La table ronde sur les nouveaux usages du foncier agricole a donné lieu à des échanges d'une grande qualité.
Vendredi 2 juillet, à Chartres. La table ronde sur les nouveaux usages du foncier agricole a donné lieu à des échanges d'une grande qualité.
Le congrès national de la SNPR a été l'occasion d'organiser une table ronde sur le thème des nouveaux usages du foncier agricole. Pour parler de production non alimentaire, de photovoltaïque au sol, de méthanisation ou de la place croissante de l'environnement, ont été invités le président de l'AGPB, Éric Thirouin, le directeur général du groupe Scael, Jean-Sébastien Loyer, et Jean-Baptiste Millard, délégué général d'Agridées.
La question centrale a donc été de savoir si l'agriculture n'avait pour unique vocation que de nourrir les hommes. « Non, ça n'a jamais été sa vocation unique », a tranché d'emblée Éric Thirouin, affirmant plutôt que l'agriculture produit pour de multiples usages : nourriture, textile, matériaux, énergie… Pour sa part, le directeur de la Scael a rappelé que pour une coopérative ce qui compte c'est d'apporter de la valeur aux agriculteurs, peu importe la culture ou sa vocation « mais il faut apporter des cultures qui entrent dans un cycle de production ».
« Ces questions sont au cœur des grands enjeux du XXIe siècle, a souligné de son côté Jean-Baptiste Millard. Dans une ère de la fin des énergies fossiles, on peut envisager un nouveau rapport sur les exploitations entre les productions alimentaires et non alimentaires, qui vont augmenter. Aujourd'hui, il n'y a pas péril en la demeure et on a un delta pour développer ».
Sur la place croissante de l'environnement, Éric Thirouin a rappelé « que ça a longtemps été subi comme des injonctions, des agressions. Au lieu d'être dans la défensive, il faut aujourd'hui inverser notre attitude et faire de toutes ces demandes une valeur ajoutée. La seule usine au monde à capter les gaz à effet de serre, c'est la photosynthèse. Il faut donc valoriser la captation de carbone. Il existe un mécanisme pour ça, le crédit carbone, et nous devons être en mesure de pouvoir en vendre aux industriels. Tout est prêt. On attend juste du ministère de l'Environnement qu'il signe le papier… ».
Autre vaste sujet évoqué, la cohabitation d'usages. « Comment concilier l'ensemble des usages sur les terres agricoles sera le grand défi du siècle, a affirmé Jean-Baptiste Millard. Quand on voit tout ce qui y est attendu, on est pris de vertige. Agriculteurs et propriétaires auront un rôle essentiel à jouer ».
Sur la question du photovoltaïque au sol : « C'est un sujet problématique, a estimé Éric Thirouin. Nous poussons à ce que cela se fasse sur les toits. L'agrivoltaïsme est envisageable mais si le cadre est bien défini. On teste des panneaux verticaux, des ombrières, qui favoriseraient la production agricole. C'est cette intelligence-là qu'il faut avoir… ».

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