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FDCUMA
Les Cuma sur le chemin de l’emploi

L’assemblée générale de la FDCUMA du Loiret était axée sur l’emploi : recourir à de la main-d’œuvre est une source d’économie.

« Le facteur limitant de nos exploitations ne sera pas la machine mais l’homme. Il nous faut entamer ce virage de la main-d’œuvre agricole, promouvoir, encourager, accompagner les porteurs de projets vers l’emploi. Mutualiser, c’est avancer. » Thierry Rondeau, le président de la Fédération du Loiret des Cuma, s’exprimait à l’occasion de l’assemblée générale, le jeudi 5 décembre à Seichebrières.

Un salarié employé à plein-temps, sur une base de trente-cinq heures hebdomadaires, travaille 1.607 heures par an réparties sur deux cents jours. En prenant comme référence un salaire mensuel brut de 1.500 €, la rémunération d’un salarié représente un coût horaire de 19 €, charges comprises. Entre 20 et 29 € si on y ajoute diverses tâches d’ordre organisationnel.

Une Cuma qui ne dispose d’aucun salarié consacre 20 % de son chiffre d’affaires à l’entretien du matériel. Avec un salarié, on n’est plus qu’à 10 %. Effectuer une réparation chez un concessionnaire coûte 50 € de l’heure. La moitié avec un salarié.

 

Dix-huit heures supplémentaires par mois

Ces chiffres ont été présentés par Magali Palacci, animatrice à la Fédération de l’Yonne des Cuma. Lors de son exposé, la technicienne a délivré ce message : « L’économie faite sur le partage du matériel couvre les coûts de main-d’œuvre. Si on achète du matériel tout seul, le coût est le même que pour un matériel partagé plus la main-d’œuvre car il faut toujours une personne pour conduire la machine. »

L’intervenante poursuivit son plaidoyer en ces termes : « À travers l’emploi, tout le monde y gagne. Déléguer ses travaux à un salarié est une source d’économie. » Afin que l’opération soit couronnée de succès, l’Icaunaise a donné quelques conseils : « Établir de manière claire les missions déléguées au salarié. Être attentif à l’adéquation entre compétences et mission. » L’enjeu : définir le degré d’autonomie du collaborateur. « Et pensez à vous former afin d’apprendre à mieux gérer vos salariés : la réussite passera par l’implication de tous ! »

Ancien président de la Cuma de Danzé (une structure loir-et-chérienne d’une centaine d’adhérents), Philippe Daveau préside un groupement d’employeurs : trente-cinq adhérents et trois salariés en CDI. Deux travaillent trente-neuf heures par semaine et le troisième seize heures.

« La Cuma de Danzé a toujours eu un salarié. Si on n’emploie pas des personnes à plein-temps, nous sommes foutus ! Un gars pas cher n’est pas forcément le bon choix. Si on veut garder des salariés dans l’agriculture, il faut les rémunérer comme il faut. » Effectuer trente-neuf heures par semaine au lieu de trente-cinq représente dix-huit heures supplémentaires par mois majorées de 25 %.

Attention aux aides à l’emploi !

« Dans un groupement d’employeurs ou dans une Cuma, il faut avoir une capacité d’adaptation et un état d’esprit adéquat. » Philippe Daveau recrute des candidats ayant un bac professionnel, voire un BTS. Salaire : 2.150 € brut par mois. « C’est loin d’être mirobolant » a reconnu le dirigeant.

Sébastien Augis travaille comme salarié chez Distribraye, une Cuma située à Savigny-sur-Braye (Loir-et-Cher) : neuf adhérents et trois salariés. L’intéressé conduit la désileuse et assure l’entretien de la machine. « Il n’y a que des avantages à passer la désileuse » a commenté le jeune homme.

Sur une exploitation, le sale boulot ne manque pas ! Cela doit-il être le domaine réservé du salarié ? Non, à en croire Philippe Daveau : « En s’y mettant à deux, cela va deux fois plus vite ! » Le chef d’entreprise a ajouté : « Recruter n’est pas un investissement de machine mais d’homme : allez-y ! Attention toutefois aux aides à l’emploi : les compétences doivent rester prépondérantes. »

Lire la suite dans notre édition du 13 décembre

 

Par exemple tout le détail d'une main-d’œuvre en prestation de service à la Cuma de Isdes ou encore le départ de Muguette Bonnault....

 


En chiffres

- Le département du Loiret compte 128 Cuma dont 122 adhèrent à la Fédération départementale. Un réseau de 2.000 agriculteurs.

- Chiffre d’affaires total des Cuma en 2012 : cinq millions d’euros. Comparable à 2011.

- Montant des investissements en 2012 : cinq millions d’euros. Environ trois millions d’euros les années précédentes.

- Financement des investissements : emprunt : 76 % ; reprise : 21 % ; autofinancement : 3 %.

- Exemples d’investissements réalisés en 2012 : 6 moissonneuses-batteuses ; 7 déchaumeurs ; 7 semoirs ; 3 automotrices à betteraves ; 1 enrubanneuse ; 3 enrouleurs d’irrigation ; 25 réseaux d’irrigation, etc.

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