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Installation
Les difficultés se succèdent à la Ferme de Bressonvilliers

Malgré de nombreuses péripéties, le projet de la Ferme de Bressonvilliers à Leudeville (Essonne) avance petit à petit. Les deux agriculteurs sur le projet espèrent installer les premiers animaux à l’automne prochain.

C'est un projet qui traîne depuis de nombreuses années. La Ferme de Bressonvilliers, historiquement occupée par l'Inra*, devrait voir des animaux prendre possession des lieux d'ici quelques mois. Cela reste du conditionnel puisque rien ne se passe comme prévu pour Tanguy Schintgen et Matthieu Ode, qui ont remporté l'appel à manifestation d’intérêt lancé par l'État, propriétaire du site, en 2022. Les deux jeunes hommes espèrent que les premiers animaux seront présents à partir de septembre. Cela fera près d'un an qu'ils seront officiellement installés sur le site puisqu'ils ont signé leurs baux ruraux au début de l'automne 2024.

Sauf que les premiers travaux d'électrification des bâtiments qui devaient commencer lundi 17 mars ont dû être repoussés à la suite de la dégradation du site par une communauté de gens du voyage la veille, dimanche 16 mars. Cette communauté, qui circule avec plusieurs dizaines de caravanes, avait déjà occupé une partie du corps de ferme pendant plus d'un an.

Quatre plaintes déposées

« Ils étaient partis dimanche 23 février, on avait le sourire », raconte Tanguy Schintgen qui a mal vécu leur retour : « Ils ont cassé le portail que j'avais installé. On a pu compter sur la mobilisation des syndicats JA et FDSEA et heureusement que la préfecture nous a appuyés. Il y avait un hélicoptère de la gendarmerie. Une grosse heure plus tard, ils étaient déjà repartis. » Pourtant, la cohabitation était cordiale jusqu'à présent. « Ils me disaient bonjour quand je venais travailler dans les champs », détaille le jeune homme.

Outre la présence de gens du voyage, la Ferme de Bressonvilliers a vu défiler de nombreuses personnes ces derniers mois : des tagueurs ont réalisé plusieurs graffitis sur les murs, de nombreux vols ont été commis, un incendie criminel a même été déclenché en juillet 2024. L'enquête est toujours en cours pour retrouver l'auteur de cet incendie.

Les deux jeunes agriculteurs ont encore de nombreux travaux à réaliser avant de pouvoir installer leurs animaux.

« On nous disait de nous préparer, qu'on allait bientôt pouvoir s'installer donc on avait anticipé en mettant de la paille. Quelqu'un s'est introduit et a déclenché un incendie alors que les gens du voyage n'étaient qu'à quelques mètres de là », raconte Tanguy Schintgen. À noter également que Tanguy Schintgen avait installé des moutons dans la ferme familiale voisine de celle de Bressonvilliers pour entretenir les alentours des bâtiments. Des moutons qui ont été martyrisés durant cette période de péripéties. Au total, quatre plaintes ont été déposées par les deux hommes en l'espace de seulement huit mois.

« Le parcours d'installation, c'est rien comparé à tous les problèmes que l'on a rencontrés », juge Tanguy Schintgen. Le jeune homme tient à « remercier la chambre d'Agriculture d'Île-de-France et notamment l'ex-président Christophe Hillairet, le directeur général Olivier Barnay et Pierre Marcille élu au bureau de la Chambre, ainsi que la Direction départementale des Territoires et la préfecture » pour l'accompagnement durant l'ensemble du processus.

Avec son confrère, Matthieu Ode, ils ont pour projet de proposer de la vente directe au sein de leurs exploitations même si les deux hommes ont chacun leurs projets distincts. Les animaux devraient également être vendus dans des supermarchés et à des restaurations scolaires dans un territoire où l'élevage n'est pas commun.

Des bovins et des ovins

Tanguy Schintgen connaît bien les lieux puisque son père est agriculteur à la Ferme des Noues à Vert-le-Grand (Essonne), une ferme voisine de celle de Bressonvilliers. Il a d'ailleurs récupéré des parts de la ferme familiale récemment. Son projet d'installation à Bressonvilliers s'étend sur 80 hectares ainsi que 1 500 m2 de bâti destiné à l'élevage de bovins allaitants de race limousine. Pour le moment, le projet est d'installer 50 bovins dans les bâtiments avec une possibilité de voir plus grand dans le futur. « J'ai déjà mis 30 000 euros dans le projet, j'ai le premier loyer annuel à payer cet automne alors qu'aucun argent ne rentre dans l'exploitation pour le moment. En tout, je vais en avoir pour 200 000 euros de travaux. » Pas question de les commencer avec un risque élevé de vol de matériel. « Tant qu'on n'habitera pas sur place — ils sont censés louer chacun l'un des pavillons du site lorsque ceux-ci seront habitables, NDLR — et qu'il n'y aura pas d'animaux, le site ne sera pas vraiment sécurisé », estime-t-il.

Matthieu Ode espère installer ses premiers ovins à l'automne prochain.



De son côté, Matthieu Ode aura lui une surface de 60 hectares, ainsi que des bâtiments destinés à de l'élevage ovin pour un montant de travaux estimé à 50 000 euros et un premier loyer annuel à verser en octobre. Il projette d'installer 300 ovins sur le site. « Je viens du Sud de la France. J'ai beaucoup travaillé dans des élevages en Provence-Alpes-Côte d'Azur, en Lozère et en Aveyron avant de faire une saison en Beauce, puis d'arriver ici. Ça va bientôt faire trois ans que je suis en Essonne », retrace-t-il. Matthieu Ode est alors employé de Thierry Desforges à Itteville (Essonne). « J'ai toujours voulu m'installer. Quand je suis arrivé ici, il m'a parlé du projet et j'ai eu un coup de cœur pour le site donc j'ai tout de suite eu ce projet d'installation », explique-t-il. « Ça me fait mal au cœur de broyer de l'herbe quand je sais que ça pourrait servir à de l'élevage ovin », raconte le jeune homme concernant les cultures.

Malgré toutes ces complications, les deux hommes restent optimistes. Mardi 25 mars, les premiers travaux liés à l'ouverture d'un compteur d'eau dans les bâtiments agricoles ont pu commencer.


*Institut national de la recherche agronomique, devenue Inrae (Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement) en 2020.

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