Aller au contenu principal

Les exportations sauvent les Vignerons des coteaux romanais

Sexagénaire, la cave coopérative de Saint-Romain-sur-Cher vit une année 2020 commercialement difficile. Coup de projecteur sur la stratégie de l’établissement.

« En 1957, la situation était difficile. D’où l’intérêt de mettre les moyens de production en commun. Les coopératives sont les filles des crises  !, raconte Denis Bourdin, président des Vignerons des coteaux romanais. À l’époque, nous vendions des vins de table en vrac. Les dirigeants proposaient différents lots aux négociants. Ceux-ci répondaient sous pli cacheté à une date précise.  » Ce système a fonctionné jusqu’à la fin des années 1980.

En parallèle, dès les années 1960, l’établissement a noué des partenariats avec des négociants autour de la qualité des produits et a développé la vente directe auprès des particuliers. Cela s\'est traduit, en 1971, par l’achat d’un lieu de vente au bord d’une route fréquentée.

Denis Bourdin s’est installé en 1992. Il est rentré à la coopérative un an plus tard. D’abord administrateur stagiaire, il est devenu administrateur titulaire puis président en 2009.

Il explique  : «  J’ai une exploitation diversifiée. Quand on est vigneron, il faut savoir produire du raisin, vinifier et vendre. En outre, les techniques, le matériel et le marché évoluent. C’est un métier à part entière. Je crois à la notion de coopérative en agriculture.  »

Afin de diversifier leur clientèle (ventes de bouteilles en grande distribution et exportations), en 2006, les Vignerons des coteaux romanais ont rejoint Alliance Loire, groupe coopératif dont font partie les caves de Villers-sur-Loir, Vouvray (Indre-et-Loire) et Saumur (Maine-et-Loire) ainsi que les Vignobles du Paradis (AOC Chinon) et Terrena.

Denis Bourdin précise  : «  Nous pesons plus lourd vis-à-vis des clients et les commerciaux disposent d’un panel complet des vins de Loire. Cependant, la cave garde son autonomie de gestion.  » Le président poursuit  : «  Alliance Loire nous apporte les moyens techniques et humains pour produire du vin sans soufre. Afin de garantir une qualité régulière, les cuvées sont suivies.  »

La coopérative propose huit profils de sauvignon, dont du Touraine-Chenonceaux, avec des déclinaisons en rouge, rosé et bulles. Les domaines sont sélectionnés en fonction de leur origine géographique. Pour les autres cuvées, assemblées, la cave travaille sur la maturité. Les cuvées sans soufre concernent le sauvignon et le Touraine rouge côt.

À l’origine, la coopérative comptait 130 ha de vignes pour quatre-vingts apporteurs. En 1970, ils étaient soixante pour 160 ha. En 1990, il y avait trente apporteurs pour 300 ha de vignes.

Dans les années suivantes, du fait des départs en retraite, la cave a perdu un tiers de son potentiel. «  Jusqu’en 2019, nous avons stagné à 200 ha, commente Denis Bourdin. Vu la crise traversée par notre filière, nous avons été sollicités et nous avons accepté trois nouveaux sociétaires. Désormais, nous vinifions 250 ha. L’idéal serait d’atteindre 270 ha ou 280 ha afin de saturer l’outil.  »

L’engagement est de cinq ans. Le président le dit sans détour  : «  La coopérative n’est pas un bouche-trou  ! Nous avons besoin de gens compétents et souhaitant travailler en commun. Nous ne sommes pas là pour écouler les invendus  !  ».

Par ailleurs, suite au décès d’un adhérent, la cave a repris le domaine de 17 ha en espérant une installation (agrandissement, diversification, etc.).

La coopérative investit 150  000 euros par an  : acquisition de cuves en inox et rénovation des cuves en béton. «  Les vendanges étant de plus en plus chaudes, nous avons besoin de groupes froids performants  », indique Denis Bourdin.

Celui-ci ajoute  : «  Commercialement, l’année 2020 a été compliquée. Au 31 juillet, nous étions légèrement en avance pour les bouteilles. Nous avons sauvé la mise grâce aux exportations. En revanche, nous accusons du retard pour les sorties vrac. En sauvignon et rosé, les gens veulent des vins jeunes. Les produits de deux ans d’âge présentent un risque de moins-value. Or, du fait de la précocité des récoltes et avec les méthodes de vinification actuelles, les vins ont une meilleure garde.  »

Une exploitation de 18 ha est en conversion biologique. Par ailleurs, lors de la récolte 2019, quatre domaines étaient certifiés Haute valeur environnementale (HVE).

Les apporteurs arrivés en 2020 détiennent également le précieux sésame. L’objectif est de certifier un maximum d’adhérents. «  Les négociants le demandent pour aller dans la grande distribution  », indique le président de la coopérative.

En novembre 2019, les sociétaires ont suivi une formation, première étape vers l’audit. «  Les agriculteurs qui produisaient du colza rencontraient des problèmes d’IFT (Indice de fréquence de traitement, NDLR). Les autres étaient dans les normes  », conclut Denis Bourdin.

Olivier Joly

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Horizons

Les plus lus

Hervé Fouassier, président de la section Corbeilles-Nangis de Cristal Union, appelle les planteurs à ne pas détruire trop vite les parcelles touchées par le rhizopus, des solutions de valorisation étant encore à l’étude.
Une campagne betteravière hors norme à Corbeilles
Après un été marqué par une sécheresse exceptionnelle, la campagne betteravière se déroule sous tension à Corbeilles-en-Gâtinais…
À Faverelles, lundi 19 octobre. Frédérique Toussaint, Willem Boode, Mickaël Bedu, Rémi Toussaint et Manuel Leteur (de g. à d.) se sont réunis pour évoquer les conséquences de la sécheresse sur leurs exploitations et l’alimentation des troupeaux.
Dans l'est du Loiret, la sécheresse met les exploitations à rude épreuve
Réunis à Faverelles (Loiret) lundi 19 octobre, chez Manuel Leteur, plusieurs agriculteurs de l'est du Loiret et de la Nièvre…
[VIDÉO] Punaises des céréales : le colza face à des attaques inédites
Longtemps restées anecdotiques en France, les punaises des céréales provoquent cette année des dégâts importants dans plusieurs…
Mercredi 7 octobre, à Champseru. Le préfet, Xavier Pelletier (à d.), est sensibilisé aux problématiques de la filière betteravière par le président de la CGB CVL, Xavier Pelé, et le producteur Damien Delachaume.
Le nouveau préfet d'Eure-et-Loir mis face aux problématiques agricoles
À l'invitation de la FNSEA et de JA 28, le nouveau préfet d'Eure-et-Loir a visité deux exploitations mercredi 7 octobre. Il…
Vendredi 16 octobre, à Boissy-lès-Perche. Marco Mandrillo est le responsable marketing d'Andros Foodservice, Jérôme Chapon préside l'APL2A, Justine Rousseau fait le lien entre les éleveurs et Andros, Anthony Chapon est l'éleveur qui reçoit tout le monde (de g. à d.).
Andros Foodservice invite la presse au Gaec du Bois Spert
Andros Foodservice a convié la presse vendredi 16 octobre au Gaec du Bois Spert, pour lui faire découvrir sa filière éthique…
Le Mée-sur-Seine jeudi 8 octobre. Les partenaires du centre de gestion sont venus nombreux assister à ce rendez-vous annuel toujours très attendu.
CERFrance : une campagne 2026 qui met à l’épreuve les équilibres économiques
La réunion conjoncture du CERFrance Champagne Nord-Est Île-de-France le jeudi 8 octobre au Mée-sur-Seine a permis de…
Publicité