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Les masques de Murielle Rabin

La couturière Murielle Rabin était en plein lancement d’une nouvelle activité lorsque le confinement a été prononcé. Pour pérenniser son activité, elle a dû s’adapter à la crise et confectionne des masques.

Si on lui avait dit que sa carrière de couturière la conduirait à confectionner des masques pour lutter contre une pandémie, Murielle Rabin aurait sûrement fait les yeux ronds. C’est pourtant ce que cette artisane de Rambouillet (Yvelines) vit depuis plusieurs semaines.

Éducatrice auprès d’adultes handicapés à ses débuts, Murielle Rabin a choisi de se lancer dans la couture à l’aube de ses 40 ans. « J’ai toujours été passionnée par la création. Ma mère était couturière alors je n’ai jamais ressenti le besoin de m’y mettre. Je dessinais, elle cousait, raconte Murielle Rabin. C’est à la naissance de ma deuxième fille que j’ai eu le déclic. J’y consacrais presque tout mon temps libre, essentiellement pour habiller mes enfants et puis ça a pris de plus en plus de place dans ma vie, jusqu’à ce qu’un jour je décide de laisser mon boulot pour me lancer à fond ».

Coussins, sacs, écharpes, doudous..., durant des années, Murielle dessine et confectionne des pièces uniques de A à Z sous le nom de Loudenella, la contraction des prénoms de ses trois enfants. Un travail considérable qui l’amène à faire la connaissance, il y a quelques mois, d’une designeuse textile et graphique, Citial, avec qui elle se lie d’amitié.

Rapidement, les deux femmes émettent le souhait de travailler ensemble autour de projets artistiques et donnent naissance aux Enchanteuses, « un groupement d’intérêt économique pour travailler autour de la relavorisation de textiles », précise Murielle.

« Nous récupérons les stocks de magasins de tissus destinés à être jetés, ainsi que des textiles polluants comme des oriflammes de concessions automobiles. Nous revalorisons ces textiles en sacs à linge, sacs à chaussures, trousses de toilette..., mais aussi en goodies — comme des tote-bags — pour les entreprises qui nous ont fourni la matière première. »

Seulement voilà, alors que l’essor des Enchanteuses commençait tout juste, le confinement a été prononcé et a bouleversé l’activité de la jeune structure. « Tout s’est arrêté du jour au lendemain. C’était de nature à faire disparaître cette petite activité naissante alors j’ai décidé de réagir. Vu l’ampleur de la crise sanitaire et les besoins en masques, je me suis dit qu’il fallait contribuer à l’effort pour la société et que cela permettrait aux Enchanteuses de passer le cap de cette crise qui est aussi économique. Je confectionne des masques en coton avec une couche de polyester à l’intérieur qui a été reconnue pour être plutôt protectrice. Les masques sont proposés aux particuliers et aux entreprises avec des tarifs dégressifs selon les quantités. Les quelques bénéfices réalisés me permettent d’en offrir. »

Murielle Rabin a en effet déjà pu distribuer ses masques en pédiatrie à l’hôpital de Rambouillet, ainsi qu’auprès de salariés de magasins alimentaires.

Un mois après le début du confinement, la couturière passe jusqu’à douze heures par jour à la tâche et affirme qu’elle poursuivra cette activité aussi longtemps que nécessaire.

Elle a déjà reçu plusieurs commandes aux couleurs d’entreprises ou d’associations de commerçants. Quelques mécènes se font également progressivement connaître afin de permettre une distribution plus large à ceux qui en ont besoin.

Marine Guillaume

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