Les moissons ont démarré avec quelques semaines d’avance en Loir-et-Cher
Les céréaliers loir-et-chériens ont sorti les moissonneuses-batteuses dès la troisième semaine de juin. Retour sur ces moissons précoces avec Julien Perron, céréalier et administrateur de la FNSEA 41.
Les céréaliers loir-et-chériens ont sorti les moissonneuses-batteuses dès la troisième semaine de juin. Retour sur ces moissons précoces avec Julien Perron, céréalier et administrateur de la FNSEA 41.
Le bal des moissonneuses-batteuses a démarré depuis la troisième semaine de juin en Loir-et-Cher avec les premières parcelles d’orge. Au sein du Gaec Perron, à Sainte-Anne, les moissons ont débuté samedi 20 juin avec, là aussi, quelques semaines d’avance. « Nous avons au minimum deux semaines d’avance sur nos moissons d’orge », assure Julien Perron, céréalier. Alors qu’habituellement, quelques jours de répit séparent la moisson des orges de celle du colza, cette année, la pause sera inexistante. « Nous allons enchaîner le colza à la suite des orges. Nous n’avons pas le choix car, avec les chaleurs actuelles, tout va griller », observe le céréalier de Sainte-Anne. Une situation inédite.
Une canicule à gérer
Au-delà de l’avancement des dates de récolte, ce sont surtout les fortes chaleurs qui réorganisent le planning des agriculteurs. Une recommandation de la préfecture de Loir-et-Cher incite les céréaliers à ne pas moissonner entre 13 heures et 18 heures afin de limiter les risques d’incendie. Cela les oblige à s’organiser en conséquence. « Depuis le début des moissons, nous suivons les réglementations en vigueur, même si le capital sommeil s’est considérablement amenuisé », sourit Julien Perron. En effet, avec des moissons entre 18 heures et minuit et qui redémarrent dès le lendemain matin entre 7 heures et 13 heures, les nuits se sont drastiquement réduites pour les céréaliers. Pour les orges, la recommandation ne constitue pour le moment pas une contrainte selon l'exploitant. Concernant les colzas, « la situation sera plus compliquée car il faut aller vite », estime-t-il.
De plus, pour les irrigants comme Julien Perron, qui doivent également installer les enrouleurs, il faut adapter son temps pour réussir à tout faire.
Des rendements corrects espérés
Même si, à 18 h 30, en ce mardi 23 juin, le thermomètre indiquait encore 37 °C, Julien Perron ne perdait pas une minute. À peine le temps de boire un verre d’eau et de s'accorder quelques minutes de « pause fraîcheur » après l’installation de l’enrouleur, qu'il repartait déjà pour la moisson des orges. « C’est quasiment terminé pour les orges. Nous allons très vite attaquer les colzas, puis suivront les blés. »
Pour le moment, les rendements en orge devraient se situer entre 76 et 80 quintaux par hectare, tandis que le céréalier espère au moins 35 quintaux par hectare en colza. Les blés durs l'inquiètent davantage. Ces derniers devraient cette année afficher des rendements inférieurs à la moyenne. La qualité des orges est bonne, avec un PS de 70.
Des prix toujours trop bas
Malgré les contraintes horaires et l’avancement des moissons, celles-ci se déroulent correctement grâce à la résilience des exploitants. Mais là où le bât blesse, c’est toujours sur les prix. Même si les prix ont quelque peu évolué dans le bon sens ces dernières semaines, ils restent encore trop faibles.
« Pour ma part, 67 % de ma SAU est engagée en contrats de semences, ce qui permet une meilleure valorisation. J’ai fait les calculs : sans ces contrats, il me faudrait un prix de vente de 190 euros pour les orges brassicoles, alors qu’aujourd’hui, nous sommes seulement à 180 euros », regrette Julien Perron. Avec des charges toujours aussi élevées — à titre d’exemple, l’unité d’azote est aujourd’hui à 1,65 euro alors qu’elle coûtait 90 centimes avant 2022 —, le céréalier vante la diversification des exploitations. « Au sein du Gaec, nous avons également un élevage laitier que mon frère Fabien gère. Heureusement que nous avons cette activité, elle est essentielle aujourd’hui », souligne-t-il.
Sur les 350 hectares de SAU du Gaec, les moissons devraient s’étaler sur trois semaines et se terminer autour du 14 juillet, laissant peut-être l’opportunité de profiter du feu d’artifice de la fête nationale, si la canicule ne vient pas jouer les trouble-fête.