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Les producteurs de Légumes de France durcissent le ton envers le ministre

«Valoriser l'origine France», tel est l'enjeu majeur pour redonner de la compétitivité à la filière légumes, handicapée par une action politique jugée atone du ministre de l'Agriculture. C'est ce qu'a laissé entendre Jacques Rouchaussé, président de Légumes de France, à l'occasion du congrès national du syndicat qui se tenait les 19 et 20 novembre à Perpignan.

Jacques Rouchaussé, président de Légumes de France.
Jacques Rouchaussé, président de Légumes de France.
© Légumes de France/Eve Hilaire

Jacques Rouchaussé a tenu un discours sans ambiguïté en clôture du congrès national des producteurs de Légumes de France le 20 novembre. Les difficultés de la filière découlent d'une problématique majeure : la valeur des produits. En 2015, explique-t-il, «le panier saisonnier des légumes n'atteint pas 1,65 EUR [...] au même niveau qu'en 2008». Et le syndicaliste accuse : «La seule faute en incombe à la distribution qui [...] a choisi de faire des produits frais des produits d'appel, dont le prix de vente est fixé arbitrairement, toujours au plus bas, sans tenir compte des coûts de production». Après le tacle sur les distributeurs, c'est la restauration collective qui en prend pour son grade : «Ardents défenseurs tantôt du tout bio, tantôt du tout local, les élus des collectivités, gestionnaires de la restauration dans les établissements d'enseignement ou les hôpitaux, finissent toujours [...] par se laisser guider par l'unique critère de prix, toujours plus bas». Le ton est donné.

Le ministère sur le banc des accusés

À travers la restauration collective, c'est aussi aux pouvoirs publics que Jaques Rouchaussé adresse ses critiques. Il déplore les règles contraignantes du droit européen, qui freinent les initiatives pour valoriser l'origine France. Ainsi, l'engagement mis en oeuvre en 2014 entre Légumes de France et Carrefour, pour «un approvisionnement 100 % français sur un certain nombre de légumes», a avorté pour éviter une amende de l'Europe qui avait diligenté une enquête. «Nous ne dirons pas "c'est la faute à l'Europe"» affirme Jacques Rouchaussé. «La faute incombe aux élus nationaux qui n'assument pas, ou ne défendent pas à Bruxelles les engagements qu'ils prennent à Paris ».

Stéphane Le Foll, dont l'absence a été remarquée, a vu son action – ou plutôt son inaction – clairement dénoncée. Jacques Rouchaussé rappelle « la faiblesse de notre ministère au sein du gouvernement. Ou peut-être le désintérêt du ministre porte-parole pour la question agricole ».

Nouveau logo « Fruits et légumes de France »

Légumes de France poursuivra ses actions en 2016 : valoriser l'origine France grâce notamment au nouveau logo «Fruits et légumes de France», concevoir un système de contractualisation multipartite pour «sécuriser une partie du chiffre d'affaires tout en créant un prix de référence solide et cohérent», améliorer la compétitivité à travers la question de l'emploi et de l'usage des produits phytosanitaires. Les producteurs regrettent en effet le nouveau plan Ecophyto 2 qui ignore « le nombre croissant d'impasses techniques». Les usages orphelins, expliquent les producteurs, sont lourds d'effets pervers. Certains agriculteurs sont «tentés de passer les frontières et de ramener quelques sacs de produits autorisés à l'étranger dans le coffre », dit-on dans l'assemblée. Dans d'autres cas, la culture de certaines variétés de légumes est abandonnée, faute de traitement. Pourtant, Stéphane Le Foll «poursuit sa politique aveugle, sectaire même, de diminution mathématique de molécules utilisées ».

Pour 2016, les producteurs de légumes réitèrent leur demande au ministre : «Nous vous demandons enfin de nous entendre. Pas seulement de nous écouter. [...] Nous attendons que les promesses se traduisent dans les faits»

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