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Les producteurs euréliens restent fidèles au marché de Chartres et s’adaptent

Le marché de Chartres du samedi matin n’a pas connu d’interruption, il a dû s’adapter à la nouvelle donne pour permettre le respect des gestes barrières. Rencontre avec quelques producteurs.

S’il ne faut pas montrer patte blanche, il y a des règles à respecter pour pénétrer sur le marché de Chartres, ce samedi matin. Des mesures imposées pour qu’y soient facilement respectés les gestes barrières nécessaires pour lutter contre la propagation du coronavirus. 

Ainsi, le marché s’est installé sur le boulevard Chasles, scindé en deux par la rue Mathurin-Régnier, pour pouvoir prendre ses aises.

L’entrée sur le site est limitée à cent personnes par des agents de la police municipale, il n’y a qu’un sens de circulation, les stands ont été espacés de plusieurs mètres, des barrières séparent les personnes qui circulent de celles qui font des achats, un marquage au sol indique la distance à respecter entre les clients, des panonceaux sur les stands demandent expréssement de ne pas toucher les produits et les marchands sont munis de masques et de gants.

«  Le marché est bien organisé, constate le producteur de miel de Thivars, Francis Lerat. Avec la présence de la police municipale, je trouve que les gens sont disciplinés. Dans ces circonstances, il me semble que c’est mieux d’être dehors que dans un magasin. Pourtant l’ambiance est triste. Et l’on constate une baisse du chiffre d’affaires, au moins 20  %, les gens n’ont pas la tête à consommer. Nous allons perdre beaucoup cette année, mais on essaye de tenir pour conserver le marché en espérant que ça se calme le plus vite possible. En agriculture nous avons la chance de pouvoir travailler, mais comme l’argent ne rentre pas, il y des investissements qui ne se feront pas  ».

Un peu plus loin, Aude et Alexandre Mornas tiennent leur stand de produits maraîchers bio. «  Aujourd’hui, c’est catastrophique. Il y a beaucoup moins de monde que d’habitude. Nous avons fait 20  % de moins, relève Aude après avoir vérifié le ticket de sa caisse. Le mercredi marche mieux. Nos débouchés se font essentiellement sur les marchés et dans notre boutique à la ferme. Le côté positif c’est qu’il y vient plus de monde et beaucoup seraient intéressés par des livraisons à domicile, mais comme nous ne sommes que deux, entre le temps de préparation des commandes et les livraisons, nous ne pouvons pas nous le permettre en ce moment. Sinon, j’ai le sentiment que côté ambiance, cela va mieux. Les deux premières semaines étaient anxiogènes  ».

Installé dans la seconde partie du marché, le stand de l’exploitation jovienne en maraîchage bio de Gaël Silly est tenu ce matin par sa compagne, Pauline Hurault, exploitante céréalière pour sa part, et deux salariés. «  C’est plus simple qu’il y ait une personne pour tenir la caisse. Nous ne sommes pas venus sur le marché pendant deux semaines, car si nos légumes sont produits à Jouy, les fruits viennent de Rungis et nous avons hésité, d’autant que nous sommes dans les semis, explique-t-elle. Nous commercialisons en Amap, ça fonctionne, et sur les marchés de Chartres et Dreux. Nous ne vendons pas de paniers sur l’exploitation pour ne pas mettre en danger les salariés, nous allons plutôt faire des livraisons à domicile. Nous réfléchissons aussi à un drive ou à un magasin. Ce n’est pas facile de s’organiser. 50  % de notre chiffre se fait sur les marchés, mais il a baissé de moitié. Nos clients sont des habitués, assez contents de nous revoir. Les gens ne sont pas si stressés, ils font attention  ».

Hervé Colin

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