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Élevage
Les systèmes fourragers de demain aux Universités du soir

La 34e édition des Universités du soir de la chambre d'Agriculture d'Eure-et-Loir est consacrée, le 18 janvier sur Internet, à l'adaptation des systèmes fourragers au changement climatique.

Le 17 janvier, à Chartres. Trois conseillers de la chambre d'Agriculture, Patricia Huet, Philippe Loquet et Marc Guillaumin (de d. à g.), se sont relayés pour ­parler de l'adaptation des systèmes fourragers au changement climatique.
Le 17 janvier, à Chartres. Trois conseillers de la chambre d'Agriculture, Patricia Huet, Philippe Loquet et Marc Guillaumin (de d. à g.), se sont relayés pour ­parler de l'adaptation des systèmes fourragers au changement climatique.
© H.C. - Horizons

Le dérèglement climatique semble désormais inéluctable et ses conséquences sur les systèmes fourragers s'observent déjà. La 34e édition des Universités du soir de la chambre d'Agriculture, diffusée le 18 janvier sur son site Internet, s'attache à essayer de les maîtriser au mieux. Trois conseillers de la Chambre vont se relayer pour donner des pistes.

Adapter les prairies

Après l'exposé de Marc Guillaumin sur l'évolution du climat et les perspectives pour les années à venir (lire ci-dessous), le chargé de mission élevage de la Chambre, Philippe Loquet, se penche sur l'adaptation des prairies à cet avenir plus chaud et plus sec dans nos régions. Selon lui, la pousse de l'herbe va se décaler de début mars à la fin de l'hiver et il se pose deux questions : « Sera-t-on capable d'aller chercher l'herbe au moment de la pousse, avec cette limite de la portance et est-ce que cette herbe de printemps servira à nourrir les animaux l'été et non l'hiver comme actuellement ? ».

Philippe Loquet parle ensuite du choix des espèces à implanter. « Le grand perdant est le ray-grass anglais tardif, qui ne donnera pas de biomasse en condition stressante ». Selon lui, il vaut mieux miser sur la luzerne : « C'est la plante à retenir dans le changement climatique », assure-t-il.

Néanmoins, des prairies diversifiées à base de ray-grass hybride, de fétuque élevée ou de dactyle, adaptées aux conditions pédoclimatiques, subsisteront. Mais il faudra peut-être les traiter autrement : « Par exemple, faucher haut (8 cm) pour préserver les racines de la chaleur, explique-t-il. Ou privilégier les apports d'amendement organique à l'automne ».

Dans le tempo du réchauffement

En tout cas « il faudra être dans le tempo du réchauffement, réactif, savoir saisir les opportunités ». Il termine son propos en parlant des intercultures, « l'avoine et le colza sont les plus intéressantes », des mélanges céréales protéagineux immatures (MCPI) « qui sont le couteau suisse des fourragères », du sorgho, du plantain, de la betterave fourragère, de l'ensilage de céréales, ou de l'orge hybride, qui peut être pâturé (voir notre précédente édition).

Enfin, l'agronome Patricia Huet propose un focus sur le maïs ensilage, culture essentielle en polyculture-élevage. Partant du constat que sur ces dix dernières années, compte tenu des températures et des précipitations, le potentiel de rendement de la plante n'est pas optimum, elle livre quelques pistes pour y remédier. Tout commence avec la dérobée qui précède, qui risque d'entamer la réserve hydrique du sol et conseille de ne réserver qu'une partie de sa sole maïs aux dérobées. Ensuite, elle préconise un semis autour du 15-20 avril, rendu possible par un ressuyage plus précoce ces dernières années. Elle encourage enfin à choisir un indice raisonnable, entre 270 et 300, et à être attentif au rythme de la dessiccation de la matière sèche pour assurer une bonne récolte.

+ d'infos :

La vidéo de ces Universités du soir est visible ici.
 

 

Un dérèglement inéluctable

Le conseiller environnement de la Chambre, Marc Guillaumin.
Avant d'entrer dans le dur du sujet de l'adaptation des systèmes fourragers au changement climatique lors de ces 34es Universités du soir, le conseiller environnement de la chambre d'Agriculture, Marc ­Guillaumin, a précisé ce à quoi il fallait s'attendre dans ce domaine.
Il part donc des archives météorologiques pour dire que la température a augmenté globalement de 0,3 °C tous les dix ans depuis 1959, soit une hausse globale sur la période de 1,65 °C. Quant aux précipitations, elles sont restées plutôt stables. Par ailleurs, autre indicateur crucial pour l'agriculture, ­l'évapotranspiration est de plus en plus marquée, essentiellement au printemps (+ 7,3 mm) et en été (+ 6,8 mm), sur ces dix dernières années.
Ce changement climatique étant lié à l'augmentation de la concentration de gaz à effet de serre (GES) dans l'atmosphère, la suite de l'histoire climatique dépendra des mesures prises pour limiter ces émissions. « Si l'arrêt est complet dès aujourd'hui, on pourrait limiter le réchauffement entre 0,9 et 2,3 °C, relève Marc Guillaumin. Si on limite les gaz à effet de serre selon les objectifs de la COP 21, la hausse serait de 1,7 à 3,2 °C. Si on ne fait rien, c'est le scénario catastrophe, la hausse pourrait atteindre 5 °C ».
C'est donc en se basant sur le scénario d'une limitation des émissions de GES qu'il poursuit sa démonstration et dessine l'évolution du climat pour les années à venir, jusqu'en 2080. Il utilise l'outil développé par les chambres d'Agriculture ClimA-XXI. « La hausse des températures serait en moyenne de 1,3 °C dans les années 2030 et de 2,9 °C dans les années 2080. Une année chaude dans les années 1970 sera considérée comme fraîche dans les années 2030 », pointe-t-il.
Il souligne également un risque de baisse médiane des précipitations de l'ordre de 110 mm, surtout de mai à août. Le nombre de jours échaudants, lorsque la température excède les 25 °C, seront plus nombreux dans les années 2030 et encore plus dans les années 2080. Les stades des cultures vont avancer. Mais comme il s'agit d'un dérèglement du climat, difficile de dire quelle forme il va prendre…
 
 
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