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L’histoire des fermes seine-et-marnaises à la portée de tous

Dans « Les grands fermiers XVe-XVIIIe siècle », Jean-Marc Moriceau propose une fresque dépeignant l’histoire rurale en Ile-de-France et, plus particulièrement, en Seine-et-Marne.

« Historien des grandes cultures », comme Jean-Marc Moriceau se qualifie lui-même, il voulait « montrer la transformation du monde agricole dans les secteurs céréalier et betteravier ».

Ainsi, durant douze ans, Jean-Marc Moriceau a travaillé à une thèse sur les grands fermiers d’Ile-de-France.

Ses travaux lui ont permis de reconstituer la généalogie et les trajectoires dynastiques du Moyen Âge à aujourd’hui d’une centaine de familles agricoles de Seine-et-Marne et de territoires limitrophes - Essonne, Val-d’Oise et Oise -, certaines y étant toujours implantées.

La Seine-et-Marne, ses exploitations céréalières et betteravières au bâti typique, est un modèle de développement économique et social stimulant. « Le Bassin parisien est la région où les facteurs de dynamisme sont les plus importants. C’est un observatoire proche la capitale qui permet des liens entre Paris et la campagne et d’ouvrir l’histoire tous azimuts », explique le chercheur.

De plus, l’Ile-de-France regorge d’archives publiques et privées (plans, comptes). C’est un carrefour documentaire qui permet de multiplier les perspectives (humain, social, techniques, vie quotidienne, culture, assolement, propriété).

Et de justifier : « À titre d’exemple, c’est en Seine-et-Marne, et plus précisément en plaine de France,  qu’on trouve en 1792 la plus grosse exploitation de grandes cultures appartenant à Jean Navard (753 hectares sur cinq exploitations) ».

En 1994, Jean-Marc Moriceau publie un ouvrage de mille pages « Les fermiers de l’Ile-de-France-XVe-XVIIIe siècle » tiré de ses travaux.

Cette ouvrage de référence, destiné à un public averti, permet de dresser un tableau de l’économie rurale, des techniques agricoles, pratiques agraires, orientations de production mais aussi des aspects sociaux et humains, ainsi que l’éducation, les enfants, les nourrices…

Bref, ce livre présente l’histoire complète des fermes d’Ile-de-France durant quatre siècles. « Plus de vingt ans après, j’ai eu envie de donner une nouvelle vie à cet ouvrage pour le destiner au grand public », raconte Jean-Marc Moriceau qui l’a entièrement réécrit.

Paru au printemps dernier, sous forme d’un livre de poche, « Les grands fermiers – XVe-XVIIIe siècle » se lit comme un roman.

Spécialiste de l’histoire des paysans, des campagnes et de l’agriculture depuis trente ans, Jean-Marc Moriceau dirige le pôle rural de l’université de Caen où il encadre une dizaine de thésards et une quinzaine d’étudiants en master.

Il est également président l’Association d’histoire des sociétés rurales. Ses sujets de prédilection portent sur l’histoire des campagnes françaises, ainsi que celle du loup, qui a tenu un rôle important en leur sein.

Depuis 2005, il accueille, dans son pôle universitaire, la bibliothèque du ministère de l’Agriculture.

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