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Témoignage
L’incertitude gagne les jeunes agriculteurs

Réunis en juin dernier à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) pour le traditionnel congrès Jeunes agriculteurs, les participants avaient demandé des actes au ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau. Valentin Caron, installé en polyculture à Sandillon (Loiret), témoigne de son humeur.

Valentin Caron s'est installé en 2016 à Sandillon.
Valentin Caron s'est installé en 2016 à Sandillon.
© JA45

L’inquiétude se fait sentir chez les jeunes agriculteurs en ce dernier trimestre de l’année 2023. Entre la hausse des charges et le manque de visibilité politique, ils sont nombreux à craindre l’avenir. C’est le cas de Valentin Caron, installé en polyculture depuis 2016 à Sandillon (Loiret), qui parle d’un « effet ciseaux » : « Nos charges ont explosé lors de la récolte 2023, avec des engrais qui ont été multipliés par deux ou trois. Dans mon cas, je n’ai toujours pas fini de vendre ».

Alors que le cours des céréales est équivalent à celui des cinq dernières années, le jeune homme se montre préoccupé : « Entre les charges et le prix de nos produits, il va forcément en manquer un morceau. Je n’ai pas vendu beaucoup et mes annuités arrivent en décembre. À l’heure actuelle, je suis dans le flou ! ». Quand on lui demande s’il se sent soutenu par l’État, sa réponse est claire : « On a un réel sentiment d’abandon. Que ce soit au sujet du GNR ou encore sur le retard des aides Pac, on a vraiment l’impression qu’il y a de beaux discours, mais que l’État n’est pas prêt à les mettre en place ».

Et ce n’est pas l’actualité de ces dernières semaines qui rassure le jeune homme : « Quand on voit que la France s’est abstenue lors du vote sur le glyphosate, c’est quand même hallucinant ! Ça montre bien que la volonté politique n’est pas là. Il y a un manque de visibilité et on ne comprend pas ce qu’il y a derrière ». Le jeune céréalier attend « des actes » et « des prises de position claires » en faveur des agriculteurs pour une sortie de crise attendue par toute la profession.

 

 

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