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Bâtiment
L’isolation paille, une solution fiable

Le futur hôtel de la communauté de communes de la Beauce loirétaine est sorti de terre à Sougy avec une particularité : une isolation en paille.

Le chantier de construction de l’hôtel de la communauté de communes de la Beauce loirétaine a démarré en décembre 2020. Cet espace de 450 m2 est un bâtiment tertiaire prévu pour accueillir les fonctionnaires de la communauté de communes et du public. Son principal atout est son isolation 100 % paille. Aymeric Prigent est directeur technique d’Accort-paille. Cette société coopérative d’intérêt collectif réunit un réseau d'agences pour le développement du marché de l’isolation en paille. « Mon rôle est de suivre les projets d’isolation en paille, de la conception à la réalisation », explique-t-il.

Les avantages de la paille

Thierry Bracquemond, président de la communauté de communes de la Beauce loirétaine, explique s’être tourné vers ce matériau spécifique pour bénéficier d’un bâtiment confortable pour le personnel et des coûts limités. « L’enjeu est d’avoir un bâtiment peu coûteux en termes d’exploitation, souligne-t-il. Il s’agit d’un bâtiment passif qui garde la chaleur l’hiver et la fraîcheur l’été, avec une très forte inertie. La température reste constante ».

Autre atout majeur de la paille, la proximité avec son lieu de livraison. Dans un système de circuit court, la botte agricole arrive directement d’un champ. « Elle ne nécessite pas de traitement, de transformation ou de cuisson, précise Aymeric Prigent. C’est un matériau non industrialisé ». De plus, le hasard historique a voulu que la dimension habituelle d’une botte de paille soit de 36 cm. Exactement la même taille qu’un standard d’ossature bois pour la construction de bâtiments.

Des exemples dans le Loiret

Même si ce système d’isolation peut paraître innovant, la paille était déjà utilisée comme telle au siècle dernier. La maison Feuillette, située à Montargis dans le Loiret, en est la preuve puisqu’il s’agit du plus ancien bâtiment construit en ossature bois et en isolation paille connu à ce jour. Conçue en 1920, la maison Feuillette est, depuis 2013, le siège du Centre national de la construction paille et du réseau français de la construction paille. Dans le Loiret, une cinquantaine d’habitations et une dizaine de bâtiments publics possèdent une isolation en paille, comme le pôle culturel de Courtenay ou encore les deux collèges situés à Pithiviers et Dadonville, inaugurés à la rentrée. « Il y a encore une vingtaine de projets en cours de réalisation, détaille Aymeric Prigent. Un complexe médico-social de six bâtiments est en train d’être construit à Pannes ».

Un nouvel engouement

Comme énoncé précédemment, la paille a eu son heure de gloire au siècle dernier mais elle revient en force depuis 2012 avec le changement de la réglementation thermique. « Plusieurs bâtiments d’ampleur sont sortis de terre, comme un logement social de sept étages dans les Vosges ou encore deux écoles de plus de 6 000 m2 en région parisienne, ajoute le directeur technique d’Accort-paille. Cette année-là, il y a eu un véritable coup de projecteur sur l’isolation paille, qui s’est réitéré en 2018 ». Un regain d’intérêt tout à fait logique pour Aymeric Prigent : « La paille est un matériau qui répond à tous les enjeux d’aujourd’hui : circuit court, emploi local, durée de vie et stockage carbone ». En effet, la paille est le matériau émettant le moins de carbone parmi tous ceux utilisés sur le marché. Associée au bois, la paille permet des gains de temps de construction importants. La fin du chantier du futur hôtel de la communauté de communes de la Beauce loirétaine est prévu en décembre prochain.


« Travailler dans un système de circuit court ne peut être que bénéfique »

Éric David est agriculteur mais aussi le maire de la commune de Sougy. Il cultive de la betterave et des céréales (blé tendre, blé dur et orge de printemps). Il est l'unique fournisseur de paille du chantier du futur hôtel de la communauté de communes de la Beauce loirétaine. Pour lui, alimenter le bâtiment qui se trouve juste derrière la mairie de Sougy était une évidence. « Je l’ai pris comme un défi. Travailler en circuit court avec de la paille de Sougy, pour la commune de Sougy ne peut être que bénéfique. Je n’ai pas hésité une seconde. » Pour répondre à la demande, Éric David a livré près de mille ballots de paille, l’équivalent de huit à dix hectares de céréales. Les locaux de l’hôtel seront remplis de paille de blé tendre. Si l’opération était à refaire, l’agriculteur se dit prêt à réitérer l’expérience.

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