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Diversification
Lorian Morin, un projet agricole qui sort des sentiers battus

À seulement 21 ans, Lorian Morin se prépare à relever un défi de taille : créer une unité de granulation sur l’exploitation familiale. Entre réflexion, apprentissage et ambition, ce jeune Loirétain incarne une nouvelle génération qui n’hésite pas à innover.

Presque rien ne prédestinait Lorian Morin à l’agriculture. Après un bac ES « qui s’est bien passé », il s’oriente d’abord vers une prépa puis une école d’infirmier. « Je me suis vite rendu compte que ce n’était pas ma vocation », reconnaît-il. Un passage par la fac confirme ses doutes : « Je n’étais pas assez assidu pour la fac », sourit-il aujourd’hui.

C’est finalement un échange avec ses parents qui le remet sur une autre trajectoire. « J’en ai beaucoup parlé avec ma mère, mais aussi avec mon père, aviculteur dans l’est du département. C’est elle qui a évoqué l’idée d’un BTS Acse. » Une voie qu’il n’avait pas imaginée. « L’aviculture ne m’attirait pas plus que ça, mais je me suis dit que ce diplôme serait diversifié et me permettrait d’apprendre beaucoup. », poursuit-il.

Une idée qui mûrit

Au fil de son BTS, Lorian affine son projet. Son alternance dans une usine de compostage et broyage de bois en Seine-et-Marne lui ouvre de nouvelles perspectives. De retour sur l’exploitation familiale, il commence à se forger une idée plus précise. « Mon père a toujours aimé innover et trouver de nouvelles pistes pour aller plus loin. En cherchant ensemble, nous avons participé à des forums et rencontré des acteurs du secteur. C’est là que j’ai nourri mon idée. », explique-t-il.

Un temps, il envisage de créer une simple plateforme de compostage. Mais il veut aller plus loin. « Ce projet n’était pas assez personnalisé, pas vraiment le mien. » C’est lors d’un salon à Lyon que le déclic se produit : transformer les fiantes de volailles, mélangées à de la paille, en granulés. « J’avais trouvé ce qui me plaisait. Et surtout, nous avions déjà la matière première grâce à la station de compostage présente sur l’exploitation. », détaille Lorian Morin.

Un projet ambitieux

Désormais, l’objectif est clair : construire un hangar sur l’exploitation familiale pour y installer l’unité de granulation. Les devis ont déjà été réalisés : plus d’un million d’euros à investir. Un chiffre qui ne l’effraie pas : « Je vais faire une année de licence dans le commerce pour avoir toutes les cartes en main. Ensuite, je finaliserai le projet et lancerai l’installation. »

Le projet s’inscrit dans une logique familiale. Son père, qui voit partir son compost sans difficulté, y trouve aussi son compte. « Je pense qu’il y a une certaine fierté, confie Lorian. D’autant plus que je veux m’installer avec mon frère. Pour lui, c’est vraiment positif. » Au-delà de l’aspect financier, le jeune homme voit aussi un avantage de confort. « Mon père travaille avec du vivant, ce qui implique une contrainte énorme. Avec l’usine, j’aurai plus de temps. »

Des débouchés solides

Lorian Morin ne doute pas du potentiel commercial. Les granulés produits auront plusieurs débouchés : les particuliers, les jardineries, mais aussi d’autres usages. « On peut aussi produire du granulé de paille pour la litière animale, c’est l’un des meilleurs matériaux. » Une diversification qui sécurise l’investissement et renforce la viabilité du projet.

Au-delà du marché, c’est le sens du projet qui le motive : « J’aime bien le côté valorisation, le fait de transformer une matière qui pourrait être considérée comme un déchet en un produit utile. L’enjeu environnemental est important, et je trouve bien que des projets comme celui-là aillent dans ce sens. »

Si le projet est aujourd’hui solide, c’est aussi grâce au dialogue familial. Lorian insiste sur l’apport de sa mère : « Ses idées ont été précieuses, elle m’a aidé à envisager des pistes auxquelles je n’aurais pas pensé seul. » Avec son père et son frère également impliqués, c’est une véritable dynamique familiale qui se dessine autour de lui.

À 21 ans, il se projette déjà sur un calendrier précis : poursuivre ses études encore un an pour parfaire ses compétences commerciales, puis franchir le pas.

Une génération qui ose

Au-delà de son parcours personnel, Lorian Morin incarne une jeunesse agricole qui refuse les carcans et cherche à inventer de nouvelles voies. Lucide et ambitieux, il représente un génération qui va aux devant des solutions. « J’aime bien innover et trouver des idées », confie-t-il.

Lorian incarne cette idée simple : dans une agriculture en mutation, l’avenir se construit en osant.

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