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Maïs : un début de campagne sous tension

Malgré des semis précoces, le contexte économique et les incertitudes de la météo pèsent sur la campagne maïs dans le Loiret. Entre hausse des charges, dégâts et inquiétudes sur l’eau, les producteurs restent prudents. Sébastien Méry, secrétaire général de l’AGPM, fait le point.

Sébastien Méry.
Sébastien Méry.
© Horizons - Archives

Dans le Loiret, la campagne de maïs est désormais bien engagée. Les semis se sont étalés de la fin mars pour les plus précoces jusqu’au mois d’avril. À ce stade, seules quelques surfaces restent à implanter, notamment en dérobée pour le maïs fourrage. Un démarrage plutôt favorable sur le plan technique, mais dans un contexte global jugé difficile, comme nous l’explique Sébastien Méry, secrétaire général de l’AGPM.

Un contexte économique défavorable

Comme pour l’ensemble des grandes cultures, la situation économique reste au cœur des préoccupations. « On est dans une période difficile, avec déjà trois années dans le rouge », souligne Sébastien Méry. Les charges continuent de peser sur les exploitations, avec une hausse généralisée des coûts de production. « Que ce soit le GNR, l’énergie ou les engrais, tout est en hausse. Le contexte énergétique est totalement défavorable aux producteurs », ajoute-t-il. Dans ce cadre, la visibilité économique reste limitée.

Des conditions de levée hétérogènes

Sur le terrain, les situations sont contrastées. Certaines parcelles ont bénéficié de conditions favorables, tandis que d’autres présentent des levées plus difficiles. À ces incertitudes s’ajoutent des dégâts localisés. Les attaques d’oiseaux, notamment de corbeaux, ainsi que les dégâts de grand gibier, en particulier les sangliers, sont signalés dans certains secteurs. « Quand on cumule contexte économique, incertitudes météo et destruction de semis, cela fait beaucoup pour les exploitants », souligne Sébastien Méry.

Un point positif sur la précocité

Dans ce contexte, un élément reste favorable : la précocité des semis. Par rapport à l’année précédente, les implantations ont été réalisées plus tôt. « On a eu des semis très précoces et des unités de chaleur disponibles dès le mois d’avril », indique Sébastien Méry. Une situation qui pourrait permettre une avance dans le cycle végétatif, voire faciliter le séchage à la récolte, même si cela reste à confirmer.

Des interrogations sur les surfaces

À ce stade, la campagne n’étant pas totalement terminée, il reste difficile de dresser un bilan précis des surfaces. Une tendance à la baisse est toutefois évoquée, sans chiffrage précis.

Un enjeu de compétitivité

Au-delà de la campagne en cours, les producteurs s’interrogent sur leur capacité à rester compétitifs. Face à la hausse des charges, la question de la valorisation des productions se pose. « Il va falloir réfléchir à la manière de mieux protéger nos marchés et de valoriser nos producteurs », estime Sébastien Méry, évoquant un contexte de concurrence jugé défavorable.

L’eau, un sujet central

Autre point de vigilance : l’accès à l’eau. Si seule une partie des surfaces de maïs est irriguée, le sujet dépasse largement la culture. « L’eau est un enjeu global. Ce n’est pas seulement un sujet maïs », rappelle Sébastien Méry. Dans ce cadre, le projet de Sdage Loire-Bretagne suscite des inquiétudes. « L’état d’esprit actuel, très axé sur la sobriété, ne nous convient pas. Cela risque de conduire à un recul de la production », alerte-t-il. Les producteurs demandent une réécriture du texte. « Le Sdage doit rester un document de gestion de l’eau, pas devenir un outil de politique agricole », insiste-t-il.

Des problématiques communes aux grandes cultures

Finalement, les difficultés rencontrées en maïs s’inscrivent dans un contexte plus large. « Les sujets sont transverses », résume Sébastien Méry.

Entre charges élevées, incertitudes climatiques et enjeux réglementaires, l’ensemble des grandes cultures fait face aux mêmes défis en ce début de campagne.

 

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