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Maïs : une campagne 2022 impactée par le climat

En région Centre-Val de Loire, la récolte de maïs est quasiment terminée avec une année 2022 compliquée pour cette culture qui a souffert du stress hydrique. Bastien Chopineau, ingénieur chez Arvalis spécialiste de la région, nous explique cette campagne atypique.

Cette campagne a été marquée par de nombreux aléas climatiques dont les fortes chaleurs et la sécheresse. Globalement, les semis de maïs se sont déroulés dans de bonnes conditions. De plus, au vu des températures chaudes, « l’avancée des stades jeunes du maïs a été rapide, ce qui explique qu’il y a eu assez peu de ravageurs, que ce soient des insectes ou encore des oiseaux, alors que cela avait été un vrai problème en 2021. Peu de problèmes de densité de maïs sont à déplorer, ce qui est un point positif », précise Bastien Chopineau, ingénieur régional Centre de l’institut du végétal Arvalis.

Toutefois, concernant certains maïs fourrage, l’ingénieur affirme que « l’implantation s’est déroulée plus tardivement, dans le courant du mois de mai. Cette période était moins favorable, car les sols étaient déjà très secs ». En termes de rendement, d’après les premières tendances, « la région Centre-Val de Loire s’en sort plutôt bien en moyenne pour les cultures de maïs par rapport à d’autres régions en France, surtout grâce aux épisodes de pluies de juin et au recours à l’irrigation. Mais en maïs grain, une forte hétérogénéité caractérise les résultats au niveau régional », précise-t-il.

Une année sèche et ensoleillée

Cette carte du déficit des précipitations sur la période du 15 avril au 1er septembre prend en compte l'historique des vingt dernières années. Elle illustre le printemps et l'été secs de cette année.

 

Même si l’année a été relativement sèche, différentes zones de la région Centre-Val de Loire ont été avantagées par des pluies du mois de juin, permettant au maïs de se développer. « La région Centre a bénéficié de pluies bénéfiques avant les floraisons du maïs. Cela a permis de préserver les fécondations des maïs grain, ce qui représente un avantage important sachant que juillet et août ont été des mois très secs par la suite. Le cycle des maïs ensilage étant décalé, les floraisons ont pu être impactées par la sécheresse et les fortes chaleurs », détaille Bastien Chopineau. Ce temps sec avec des pics de chaleur n’est pas idéal pour que le maïs se développe correctement. Toutefois, « il y a tout de même eu un très bon rayonnement cette année, ce qui est de manière générale positif pour la fertilité du maïs. Il est encore trop tôt pour se prononcer sur la qualité sanitaire du grain, même si on estime que le climat n’était pas favorable à la propagation des champignons sur les cultures », estime l’ingénieur d'Arvalis.

Irrigation : un facteur déterminant

Le facteur clé de cette campagne est sans aucun doute l’eau disponible pour la culture, qu’elle provienne du sol (réserve utile), des pluies, ou encore des apports via l’irrigation. Cette dernière a permis de valoriser cette culture dont les besoins en eau surviennent lors des périodes sèches. « Les années sèches font ressortir l’eau comme étant un facteur déterminant. Et cette année, les irrigants ont pu tirer leur épingle du jeu », explique Bastien Chopineau. Bien évidemment, l’année a été beaucoup plus compliquée pour les non-irrigants, mettant en lumière une hétérogénéité en fonction des exploitations. Dans la région Centre-Val de Loire, l’ingénieur Arvalis détaille la situation : « La région naturelle de Beauce s’en tire plutôt bien avec un maïs généralement irrigué. C’est au sud de la région Centre que la situation est plus complexe car moins irriguée. On remarque vraiment une différence entre cultures irriguées et pluviales ».

Diversifier sa gamme variétale

Concernant l’avenir, le changement climatique oblige l’institut du végétal Arvalis à innover et proposer des leviers d'action aux exploitants agricoles. « Il est nécessaire pour les céréaliers de diversifier leur gamme variétale, entre autres par rapport à la précocité, et de viser leur stabilité dans divers contextes pédoclimatiques. Nous étudions actuellement les différentes variétés dans le cadre de réseaux multipartenariaux, afin de pouvoir proposer de futures solutions techniques cohérentes aux agriculteurs et aux techniciens de la région », conclut l’ingénieur.

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