Édito de S. Vandaele, D. Greffin, M. Liévin et P. Marcille
« Maîtriser les prix du foncier agricole : une responsabilité collective »
Les présidents de la FRSEA Île-de-France, Samuel Vandaele, de la chambre d'Agriculture Île-de-France, Damien Greffin, de Jeunes agriculteurs région Île-de-France, Maxime Liévin, et de la Safer Île-de-France, Pierre Marcille, signent une tribune commune.
Les présidents de la FRSEA Île-de-France, Samuel Vandaele, de la chambre d'Agriculture Île-de-France, Damien Greffin, de Jeunes agriculteurs région Île-de-France, Maxime Liévin, et de la Safer Île-de-France, Pierre Marcille, signent une tribune commune.
« Le marché foncier agricole est aujourd’hui sous tension dans de nombreux territoires. Dans ce contexte, il est essentiel de rappeler l’importance d’une vigilance collective sur les prix pratiqués lors des ventes de terres agricoles.
Chaque transaction réalisée à un niveau supérieur au marché crée en effet une nouvelle référence foncière. Ces références, lorsqu’elles se multiplient, contribuent progressivement à une hausse générale des prix du foncier. Les conséquences sont concrètes pour l’ensemble du monde agricole : accès plus difficile à la terre pour les jeunes installés, coût des reprises plus élevé, alourdissement de l’endettement, transmissions familiales rendues plus complexes et plus coûteuses avec parfois l’émergence de tensions intrafamiliales sur la question de la détermination des valeurs.
Les agriculteurs eux-mêmes peuvent être directement concernés. Nombre d’entre eux sont locataires des terres qu’ils exploitent et peuvent, à certaines étapes de leur parcours, être amenés à acheter du foncier en direct en tant que preneur à bail afin de sécuriser leur outil de travail. Dans ces situations, la question du juste prix est essentielle.
Il est donc indispensable de rester vigilant et de ne pas céder à une logique de surenchère. Préserver des prix cohérents avec la réalité économique agricole constitue un enjeu collectif pour maintenir une agriculture accessible, transmissible et durable. Les références créées, si minimes soient-elles, impactent l’ensemble du marché, et par conséquent l’ensemble des producteurs.
Dans cette démarche, la Safer peut accompagner les agriculteurs et les propriétaires bailleurs. Grâce à sa connaissance fine du marché foncier local, elle peut communiquer des références de prix adaptées aux territoires et aux types de biens concernés. Elle peut également intervenir pour négocier des acquisitions pour le compte des fermiers à des niveaux conformes au marché agricole, dans l’intérêt des exploitations et de l’équilibre du territoire. Enfin, en dernier recours, les exploitants peuvent demander l’intervention de la Safer en préemption en révision de prix, pour ramener le montant de la transaction à une juste valeur. L’action concertée et cohérente de l’ensemble des organisations agricoles franciliennes est un pilier essentiel du contrôle des prix sur notre territoire, pour agir concrètement dans le sens des orientations déterminées par la profession. Cette maîtrise n’est pas seulement un enjeu économique : c’est aussi un levier essentiel pour préparer l’avenir de l’agriculture, et faciliter le renouvellement des générations. »