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Mobilisation Syndicale
« On marche sur la tête ! »

Dans la nuit de lundi 20 à mardi 21 novembre, la FNSEA 41 et JA 41 ont retourné plus de 130 panneaux de communes de Loir-et-Cher pour exprimer leur ras-le-bol face aux contradictions du gouvernement dans ses discours et dans ses actes.

L’appel à mobilisation est national : du 20 au 24 novembre, les agriculteurs de tous les départements de France, appelés par leurs réseaux FNSEA et JA, ont retourné les panneaux des communes de l’Hexagone pour dénoncer les injonctions contradictoires du gouvernement et illustrer le message « On marche sur la tête ».

L’action de retournement des panneaux a pris son origine dans le Tarn il y a trois semaines. En Loir-et-Cher, l’action a été menée avec succès dans la nuit de lundi à mardi, un grand nombre d’adhérents JA 41 et FNSEA 41 se prêtant à l’exercice dans plus de 130 communes.

Pour clôturer leur nuit de mobilisation syndicale, FNSEA 41 et JA 41 ont organisé un point presse mardi 21 novembre au matin à la sortie de Villebarou.

Des injonctions contradictoires avec la souveraineté alimentaire

La FNSEA 41 et JA 41 dénoncent l’augmentation massive des importations en France, représentant plus de 50 % de l’alimentation totale, dont 20 % de produits bovins, 60 % de fruits et légumes, 50 % de volailles et de mouton. François-Xavier Rone, président de la FNSEA 41, souligne : « Le gouvernement ne peut continuer à dire soutenir la souveraineté alimentaire et en même temps laisser entrer sur notre territoire national des produits moins-disants que les nôtres sur les plans écologique et social. Nous demandons la mise en place des clauses miroirs, qui permettraient de protéger le secteur agricole européen de la concurrence étrangère. L’agriculture ne doit pas être la variable d’ajustement dans les accords de libre-échange ! ».

Didier Serreau, membre du conseil d’administration de la FNSEA 41 et ancien éleveur laitier, dénonce l’ajout de règles inadaptées à l’élevage français : « Nos élevages ne sont pas industriels ! La directive sur les émissions industrielles (IED) ne devrait concerner que l’industrie, et pourtant, sa révision intègre de plus en plus d’exploitations, revenant à signer la fin de l’élevage français ».

Les deux syndicats demandent au Président de la République de suspendre la hausse de la Redevance pour pollutions diffuses (RPD) qui a déjà augmenté de 18 % en deux ans, sans prendre en compte les adaptations des pratiques vers plus de durabilité et sans retour financier pour aider les transitions agricoles. Ils s’opposent à la pression sur les moyens de production avec la suppression de 50 % des produits phytosanitaires sans solutions alternatives identifiées. Ils refusent une fiscalité environnementale punitive, à travers l’augmentation entre autres de 40 % de la redevance pour prélèvement d’eau, sans reconnaissance de la diminution de 30 % des prélèvements agricoles pour le même volume de production.

FNSEA 41 et JA 41 demandent une politique ambitieuse sur l’étiquetage et l’origine des produits : les consommateurs ont le droit de savoir et de choisir en toute conscience. Dans le contexte économique et géopolitique actuel, la dérogation jachère doit être maintenue. Des dérogations doivent être apportées face aux difficultés de semis de cet automne dues aux excès de pluie.

Donner envie aux jeunes

Jeanne Hermant, présidente JA 41, rappelle : « La moitié des agriculteurs partiront à la retraite d’ici cinq ans ! Le Président de la République a annoncé un Pacte et loi d'orientation et d'avenir agricoles (PLOAA) en 2022, à ce jour toujours rien. Il y a urgence ! Comment assurer une souveraineté alimentaire sans agriculteurs ? Et comment motiver les générations futures à entreprendre en agriculture dans cette asphyxie réglementaire ? ».

Pour une politique ambitieuse

François Germain, secrétaire général de la FNSEA 41, s’insurge : « La ferme France n’en peut plus des injonctions contradictoires, des décisions court-termistes ou basées sur une idéologie qui ne prend même pas la peine d’en référer à la science, ni à la réalité de notre modèle agricole. Nous réclamons que le Président de la République tienne sa parole, et donne à l’agriculture française les moyens, tous les moyens, d’être pleinement actrice dans les enjeux alimentaires, énergétiques et environnementaux d’avenir ».

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