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Moisson : la belle surprise du colza tandis que les protéines décrochent dans les blés

En Île-de-France, la moisson s'est enclenchée précocement, dès le 15-20 juin dans certains secteurs. Grâce à des conditions favorables, les récoltes s'achèvent progressivement. Tour d'horizon des premiers résultats.

C'est une moisson particulièrement précoce qui est venue clore cette campagne 2022. Enclenchée dès le 15-20 juin dans certains secteurs franciliens, elle a pu se dérouler convenablement et sans interruption grâce à des conditions météorologiques plutôt favorables. Partout sur le territoire, les récoltes s'achèvent désormais progressivement. L'occasion de dresser un premier bilan. Si les résultats présentent des hétérogénéités selon les secteurs, les grands enseignements sont similaires sur l'ensemble du territoire.

Le colza, la bonne surprise de l'année

L'ensemble des organismes stockeurs présents en Île-de-France s'accordent sur un point, la surprise de l'année, c'est le colza. « Rendement historique » pour la coopérative Île-de-France sud, « année étonnante » chez Valfrance…, chacun y va de son qualificatif pour décrire des rendements qui s'établissent en moyenne à 45 quintaux/hectare tous secteurs confondus, avec bien sûr, un taux d'humidité très satisfaisant et, « même s'il est encore tôt pour l'affirmer, une teneur en huile qui semble très correcte », soulignent les coopératives.

Dans les blés, les protéines décrochent

Chez Agora, on dresse un constat dans les blés : « La protéine décroche par rapport au standard du marché ». Et c'est malheureusement le cas sur l'ensemble du territoire francilien où les rendements sont au rendez-vous mais pénalisent la protéine. « Nous sommes à 11 de moyenne en protéines, annonce la coopérative Cérèsia. Et cela cache de grosses disparités avec des lots qui décrochent fortement ». Les autres coopératives franciliennes annoncent des moyennes similaires, voire légèrement plus basses, qui vont nécessiter partout « un travail d'allotement plus important et des discussions appuyées avec les meuniers », soulignent les coopératives Île-de-France sud et Valfrance, qui restent toutefois confiantes. « Il y a des marchés à 10,5 de protéines qui s'installent », note Valfrance.

Parmi les explications possibles, « l'efficience des apports azotés et notamment du dernier apport qui a été réalisé dans des conditions dégradées voire pas effectuées chez certains », notent les coopératives Sevépi et de Beton-Bazoches. Le technicien de cette dernière va plus loin : « On voit bien cette année que les à-coups climatiques que nous avons subis finissent par pénaliser la culture. Dès le mois de février, il ne faut pas tergiverser ni sur la quantité, ni sur les dates d'apport ».

Les autres indicateurs qualité sont en revanche satisfaisants avec des calibrages et des PS dans les normes attendues. Quant aux rendements, si certains secteurs affichent localement des scores à trois chiffres, la moyenne s'établit à 70-80 q/ha dans les terres sableuses et séchantes et à 80-90 ­q/­ha dans les bonnes terres, « surtout dans les blés de pois, féveroles et colzas », constatent les coopératives franciliennes. La coopérative Sevépi note toutefois des déceptions, y compris dans des bonnes terres, « conséquence du stress hydrique ».

Hétérogénéité dans les orges

S'agissant des escourgeons, la récolte est achevée partout et plutôt belle. Les rendements sont globalement « satisfaisants avec une belle qualité », soulignent les coopératives Île-de-France sud, Sevépi et Agora.

Dans les orges de printemps en revanche, l'état d'avancée des récoltes est disparate mais devrait globalement s'achever en cette fin de week-end ou début de semaine prochaine maximum. Si la ­coopérative Cérèsia fait état d'une bonne qualité avec notamment « des protéines à 10,6 de moyenne et un calibrage à 95 », il n'en reste pas moins que les rendements sont dans l'ensemble décevants du fait des conditions sèches du printemps.

Inquiétudes autour du maïs et des futurs semis

Toutes les inquiétudes des organismes stockeurs sont désormais tournées vers le maïs. Si les cultures étaient plutôt « belles jusque-là », comme le souligne Valfrance, les très fortes chaleurs de ces dernières semaines pourraient avoir de lourdes conséquences alors que les cultures sont en pleine fécondation.

Les précipitations sont désormais fortement attendues pour ne pas dire indispensables dans les trois à quatre semaines qui viennent, à la fois pour les maïs, mais aussi pour l'implantation des Cipan* et des futurs colzas.


*Cultures intermédiaires pièges à nitrates.

 

Des incendies dans des conditions de moisson parfois extrêmes

À Marolles-en-Hurepoix (Essonne), lundi 11 juillet. Plus de cinquante pompiers sont intervenus pour un feu d'espaces agricoles, appuyés par les agriculteurs grâce à la convention de collaboration.
À Marolles-en-Hurepoix (Essonne), lundi 11 juillet. Plus de cinquante pompiers sont intervenus pour un feu d'espaces agricoles, appuyés par les agriculteurs grâce à la convention de collaboration.
© Cyrille Castan / Sdis91
Cette moisson 2022 a pu débuter précocement, dès la mi-juin, du fait de conditions sèches et ensoleillées. Contrairement à l'année passée, aucune période de pluie n'est venue interrompre les travaux, qui ont pu se dérouler d'un seul tenant. Malgré tout, les agriculteurs franciliens ont vécu quelques journées dans des conditions extrêmes avec des températures ayant passé la barre des 40 °C. Des conditions qui ont requis de s'adapter en travaillant davantage la nuit et qui ont demandé la plus grande vigilance.
Malgré tout, plusieurs incendies ont été à déplorer sur le territoire, mobilisant pompiers et agriculteurs, grâce notamment au dispositif de collaboration mis en place dans chaque département francilien.
Ainsi, le 11 juillet à Marolles-en-­Hurepoix (Essonne), 40 hectares d'espaces agricoles ont brûlé, dont 8 hectares de récolte sur pied. 55 pompiers ont été mobilisés ce jour-là, avec 23 engins.
Le 13 juillet, c'est à Achères (Yvelines) que 16 hectares de chaumes sont partis en fumée malgré la présence de 36 pompiers et 11 véhicules. Le même jour, à Annet-sur-Marne (Seine-et-Marne), 95 pompiers et 35 véhicules étaient mobilisés, là aussi sur un feu de chaume qui a parcouru 31 hectares et détruit une maison.
Le 15 juillet, à Mériel (Val-d'Oise), un feu de chaume s'est déclaré, emportant 7 hectares, et à Tilly (Yvelines), un feu de chaume a mobilisé 30 pompiers et 6 engins.
Enfin, mardi 19 juillet, c’est entre Limours et Les Molières (Essonne) que le feu a pris en pleine après-midi dans des chaumes avec des conséquences importantes puisqu’il a parcouru 90 hectares et détruit deux maisons aux Molières. Une dizaine d’heures et 40 camions de pompiers auront été nécessaires pour venir à bout des flammes. Deux agriculteurs ont aussi prêté main-forte.
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