À Montoire, un ciné-débat sur la place des femmes en agriculture
La MSA Berry-Touraine a organisé un ciné-débat sur la place des femmes en agriculture, lundi 9 mars à Montoire-sur-le-Loir (Loir-et-Cher), en présence d’une centaine de participants.
La MSA Berry-Touraine a organisé un ciné-débat sur la place des femmes en agriculture, lundi 9 mars à Montoire-sur-le-Loir (Loir-et-Cher), en présence d’une centaine de participants.
La place des femmes en agriculture reste encore aujourd’hui un sujet majeur dans nos contrées loir-et-chériennes. C’est pour cela que la MSA Berry-Touraine avait décidé d’organiser un ciné-débat à Montoire-sur-le-Loir (Loir-et-Cher) lundi 9 mars. Le documentaire Femmes de la terre, réalisé par Édouard Bergeon, réalisateur notamment du film avec Guillaume Canet Au nom de la terre, a ainsi été diffusé auprès d’une centaine de participants.
« Tout est parti de l’idée d’une agricultrice d'Indre-et-Loire, Lucie Oger, qui avait vu le documentaire. Nous avons tout de suite entrepris de contacter le studio pour avoir le droit de le diffuser », a expliquéGaël Marty, conseiller en prévention à la MSA Berry-Touraine. Femmes, hommes, jeunes ou encore plus anciens s’étaient tous donné rendez-vous à la salle des fêtes de Montoire pour l’occasion. « Plusieurs classes sont présentes, que ce soit du lycée agricole de Montoire ou encore du lycée Sainte-Cécile. Nous voulions un film fédérateur qui réunit tout le monde tout en interrogeant sur la place des femmes dans le monde agricole », a souligné Gaël Marty.
Des femmes inspirantes
Pendant une heure et demie, l’attention des participants était captivée par ce documentaire retraçant plusieurs portraits de femmes au sein du monde agricole, dont notamment Christiane Lambert, première femme élue au niveau national au sein des deux syndicats agricoles majoritaires (Jeunes agriculteurs et FNSEA). Le film-documentaire retrace aussi les bouleversements de l’agriculture au fil des générations, du début de la mécanisation jusqu’à l’arrivée de la TVA en 1968. Des moments qui ont tous eu un impact pour la gent féminine. « Quand la TVA est arrivée, il a bien fallu l’appliquer et les femmes ont ainsi commencé à s’occuper de l’administratif et ont été davantage reconnues, ce qu’elles n’étaient pas avant, alors qu’elles travaillaient pourtant énormément sur les fermes. Elles étaient devenues une aide précieuse pour la gestion des exploitations », a affirmé Anne-Marie Crolais, agricultrice retraitée et ancienne syndicaliste dans les Côtes-d’Armor.
De plus en plus de femmes en agriculture
Dès la fin du film-documentaire, quatre femmes agricultrices sont intervenues pour échanger sur les difficultés qu’elles peuvent encore rencontrer aujourd’hui en tant qu’exploitantes agricoles. « Il y a certaines questions qu’on nous pose à nous les femmes qu’on ne poserait pas à un homme. On me demande par exemple si j’ai besoin d’aide, si je vais y arriver, etc. », a témoigné Marine Merelle, céréalière à Danzé.
De son côté, Marion Legay, installée depuis 2023 à Chauvigny-du-Perche (Loir-et-Cher) en tant qu’éleveuse de brebis, reconnaît qu’être une femme oblige à faire ses preuves encore plus qu’un homme : « Quand on est une femme, de plus pas issue du monde agricole, on a besoin de prouver qu’on est capable de faire un travail physique. On m’a déjà mise à l’épreuve ».
L’idée de la soirée n’était surtout pas de confronter les femmes aux hommes, mais plutôt de rassembler. « Nous sommes complémentaires. C’est aussi ce qui fait la force de nos exploitations agricoles, cette complémentarité », a assuré Lucie Oger, avant d’affirmer : « À toutes les jeunes femmes présentes dans la salle, je vous le dis, il faut oser. Être agricultrice, c’est le plus beau métier du monde ».
Même si du chemin reste à faire sur de nombreux sujets, Aurélie Guillier, agricultrice, a tenu à rester optimiste : « Il y a de plus en plus de femmes qui s’installent en agriculture. Les barrières s’estompent
Pour continuer la soirée, un cocktail dînatoire avec des produits d’exploitantes agricoles locales a permis de nourrir de riches échanges. La MSA Berry-Touraine a également distribué aux participants des bandes-dessinées créées spécialement pour l'événement.