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MSA Île-de-France : une assemblée sous le signe de l'échange

Les délégués MSA Île-de-France se sont réunis en assemblée générale, la première de la mandature, jeudi 16 avril à Gentilly (Val-de-Marne), sous la présidence de Franck Guichard.

L’assemblée générale de la MSA Île-de-France, présidée pour la première fois par Franck Guichard, s'est déroulée jeudi 16 avril à Gentilly (Val-de-Marne). Comme l’a rappelé le nouveau président, « 2025 a été marquée par l’élection des délégués et la mise en place d’un nouveau conseil d’administration. Si l’on peut regretter le faible taux de participation, le modèle mutualiste reste notre force mais on doit s’interroger sur son avenir. Nous sommes bien loin d’une MSA qui serait qu’un simple collecteur de cotisations ». Et de citer les différentes actions menées par la MSA en faveur de ses ressortissants.

Les fondamentaux de la Sécurité sociale

Cette assemblée générale était placée sous le signe de l’échange, aidé en cela par différents quiz sur la Sécurité sociale et le régime agricole animés par l'intervenant du jour, Julien Damon, enseignant, sociologue et chroniqueur. « Il était important en début de mandat de revenir sur les fondamentaux de la Sécurité sociale, trop fortement ignorés aujourd’hui », a-t-il été souligné.

La caisse d’Île-de-France est « une caisse pas comme les autres », comme l’a déclaré son directeur général, Laurent Pilette. Elle couvre huit départements — contre un à quatre pour les 34 autres caisses —, une région dense à la fois très urbaine et encore très rurale, avec la présence sur son territoire de grands sièges sociaux agricoles. Elle compte 246 651 ressortissants, dont 25 434 non salariés. Elle verse 930 millions d’euros de prestations sociales, dont 70 % sous forme de prestations vieillesse, soit un niveau supérieur à la moyenne nationale, d’où l’importance pour la MSA Île-de-France d’aider les populations couvertes à bien vieillir. Il en va de la poursuite des actions de prévention (dépistages organisés des cancers…) ou bien encore du projet bien vieillir en milieu rural, la caisse francilienne étant l’une des cinq caisses retenues pour cette expérimentation.

Face à ces prestations, la MSA collecte 1,3 milliard de cotisations et contributions pour le compte de tiers (CSG, CRDS…). La part des cotisations MSA s’élève à 720 millions de cotisations pour les salariés et 56 millions pour les exploitants agricoles, un chiffre en forte régression (- 17 %) en raison des résultats agricoles en berne des exploitations céréalières.

L’un des sujets phares évoqués a été la négociation de la Convention d’orientation et de gestion (Cog) pour 2026-2030 : « On ne pourra être indéfiniment enfermé dans cette logique d’attrition de Cog en Cog imposée par l’État tout en garantissant une meilleure qualité de service et le maintien d’un lien humain pourtant indispensable, ou alors il faudra repenser notre organisation générale », explique Laurent Pilette.

Une MSA mobilisée face aux enjeux nationaux

Outre le bilan d’activité de la caisse francilienne, le président de la Caisse centrale de la MSA (CCMSA), Jean-François Fruttero, est également intervenu sur les sujets nationaux. « 2025 a été marquée par des crises agricoles et la mobilisation des caisses MSA, dans certains territoires. Des actions fortes se sont produites. Certaines, apparentées à du vandalisme, ont été condamnées. Ne nous trompons pas. La MSA doit être la solution plus que le problème », a précisé le président national. Ainsi, la MSA a un rôle de vigie important. L’an passé, 650 signalements par mois ont été faits auprès de ses services. Le nombre de sentinelles formées a doublé en Île-de-France et des aides au répit, voire au répit administratif, sont mises en place pour les ressortissants non salariés.

Alors qu’en 2025, 500 délégués de 58 ans en moyenne ont été élus (dont 300 nouveaux), la vie mutualiste, présidée par Stéphane Vité, a été mise en avant : « 2025 a posé les bases, 2026 est l’année où on avancera ensemble ».

Enfin, la parole a été donnée aux représentants syndicaux, dont Guillaume Moret pour la FRSEA Île-de-France, qui a souligné : « La MSA, c’est une pluralité de missions. Elle doit rester un des piliers de notre protection sociale. Mais des attentes fortes sur le terrain existent : une MSA plus lisible, plus simple et moins administrative. Le numérique doit rapprocher et non éloigner. Le sens du terrain et le bon sens paysan doivent nous guider ».


Le saviez-vous ?

La Sécurité sociale a fêté ses 80 ans en 2025. À son origine, elle ne comprenait qu’une seule branche du régime général : celle des accidents du travail. Actuellement, pour la retraite, 42 régimes subsistent.

C’est la Carte vitale qui incarne la Sécurité sociale aux yeux du grand public, mais celle-ci couvre cinq risques, d’avant la naissance en prenant soin de la maman à après la mort.

Si pendant longtemps la première dépense était la famille, actuellement, 50 % du budget est versé sous forme de prestations retraites.

En France, 33 % du PIB est affecté à la protection sociale.

La MSA est le second régime de Sécurité sociale, mais elle représente 3 % des dépenses de la protection sociale (30 milliards par an). Une de ses fiertés repose sur le guichet unique.

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