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Négociation UE-Etats Unis : en volailles, le risque est «réel mais difficile à apprécier»

Selon l'Institut technique de l'aviculture (Itavi), la libéralisation des échanges entre les Etats-Unis et l'Europe fait porter un risque réel à la filière française. Il plaide pour que les cuisses et les filets soient classés «produits sensibles» dans les négociations, dans le cas d'une levée des barrières non-tarifaires.

© Lætitia Brémont/l’Eure agricole

«Le risque est réel, mais il est difficile à apprécier», résume l'économiste de l'Itavi Pascale Magdelaine. Lors du dernier Conseil spécialisé «viandes blanches» de FranceAgriMer du 12 novembre, l'institut technique a présenté une évaluation des risques portés par le Partenariat transatlantique pour l'investissement et le commerce (TTIP). La volaille française doit-elle se sentir menacée par une libéralisation des échanges avec les Etats-Unis ? Si l'on s'en tient aux écarts de coûts de production, elle devrait. Selon les simulations réalisées par l'Itavi sur la période 2010-2014, le prix US rendu UE des filets congelés de poulet est inférieur de 13 % au prix du filet échangé sur le marché intracommunautaire et celui des cuisses est inférieur de 26 %. Mais pour l'heure, les échanges sont inexistants en matière de volaille, notamment en raison de barrières non tarifaires, constate l'Itavi : «La décontamination chimique des carcasses en bout de chaîne d'abattage est une pratique largement répandue aux Etats-Unis, ce qui est totalement interdit dans l'Union européenne et pose donc problème dans le cadre des négociations de l'accord de libre-échange».

Filets et cuisses, produits sensibles

Une levée de ces barrières constitue donc un risque pour la volaille française, et, dans cette éventualité, l'Itavi plaide pour que les filets de dinde et de poulets et les cuisses soient classés « produits sensibles » dans les négociations. Toutefois, le risque est difficile à apprécier : « L'offre américaine et la demande européenne ne se rencontrent pas, explique Pascale Magdelaine. Mais cela pourrait changer... ». L'Itavi constate, par exemple, que l'Europe a déjà mis en place des contingents à tarifs réduits sur les filets. Les Brésiliens, premiers exportateurs mondiaux de volaille, sont bien placés. Les Etats-Unis, eux, exportent peu de filets, et se concentrent sur les marchés asiatiques, surtout depuis l'embargo russe mis en place en 2014. Mais cette donnée n'est pas figée et pourrait évoluer à moyen terme.Côté français, les industriels ont « peu d'opportunités sur le marché américain en raison du manque de compétitivité et d'une confiance supérieure accordée par les consommateurs aux produits étatsuniens », estime l'Itavi. Toutefois les produits français de niche (bio) ou de qualité (label) pourraient trouver de nouveaux débouchés.

TTIP : les Etats-Unis pourraient valoriser leurs jambons et leurs longe en Europe

Lors du dernier Conseil spécialisé « viandes blanches » de FranceAgriMer du 12 novembre, l'Ifip a présenté une étude évaluant les risques que feraient porter une libéralisation des échanges entre les Etats-Unis et l'Europe, dans le cadre du Partenariat transatlantique pour l'investissement et le commerce (TTIP). La production porcine américaine est moins réglementée qu'en Europe, tant sur l'alimentation qu'eu égard aux normes environnementales, apprend-on dans le compte-rendu du conseil spécialisé. Par ailleurs, les Etats-Unis pourraient valoriser leurs jambons et leurs longes en Europe, et diversifier leurs approvisionnements (actuellement baby ribs danois, charcuterie italienne...).

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