Portrait
Nicolas Dessables, les mains dans la terre
À Dry (Loiret), Nicolas Dessale travaille dans une ancienne gare de tramway construite en 1914. Cuisinier, puis inspecteur pétrolier, il s’est tourné vers la céramique après un accident du travail.
À Dry (Loiret), Nicolas Dessale travaille dans une ancienne gare de tramway construite en 1914. Cuisinier, puis inspecteur pétrolier, il s’est tourné vers la céramique après un accident du travail.
Nicolas Dessables n’avait pas prévu de devenir céramiste. « C’est une reconversion professionnelle », raconte-t-il. À l’époque, il vit en Normandie. Sa compagne, elle, habite à Sèvres (Hauts-de-Seine). Pendant sa convalescence, il y découvre le Musée de la céramique. Le déclic vient là. « Je recherchais un métier avec de vraies valeurs, un métier de création, avec mes mains. » La matière l’attire, la transformation aussi. « Je me demandais comment, avec les éléments de la nature, on pouvait arriver à créer des objets de table, de décoration ou même des pièces artistiques. » Avant, son parcours n’avait rien à voir. Nicolas Dessables a longtemps travaillé comme cuisinier. Il est ensuite devenu inspecteur pétrolier. De retour en Normandie, le hasard va bien faire les choses. Un centre de formation aux métiers de la céramique se trouve au bout de son jardin. Il y passe deux journées d’initiation. « Après avoir mis les mains dans la terre, c’est sorti naturellement. J’avais trouvé ma voie. »
Deux CAP pour se former
Ses premiers essais au tour se passent bien. Il réalise notamment de petites tasses. Le directeur du centre l’encourage alors à suivre une formation complète. Nicolas Dessables prépare un CAP de tourneur en céramique et un CAP de décorateur en céramique. Quelques mois plus tard, une autre occasion se présente. Les parents de sa compagne vivent à Blois et le couple souhaite se rapprocher d’eux. Dans son centre de formation, Nicolas Dessables tombe sur une petite annonce. La commune de Dry cherche un céramiste pour occuper une ancienne gare de tramway restaurée. Sa candidature est retenue. Le lieu possède déjà une histoire avec la céramique. Avant lui, le bâtiment a accueilli pendant plusieurs décennies le céramiste Yoland Cazenove.
Une terre du Centre-Val de Loire
Dans cet atelier, Nicolas Dessables veut travailler de la manière la plus artisanale possible. Il réalise ses pièces du début à la fin. Il utilise notamment une terre provenant du Cher, près de Sancerre. Pour ses glaçures, il travaille avec des cendres végétales ou des cendres de bois durs. « J’essaie de revaloriser des déchets et de travailler avec une empreinte assez écologique. »
Son travail s’inspire aussi du Japon et de la Corée. En octobre 2023, il suit une masterclass avec un potier japonais originaire d’Iga. Le même mois, il participe pour la première fois au festival Les Grands Feux, à La Borne, village de potiers du Cher. La suite est déjà prévue. En 2027, Nicolas Dessables veut construire un four à bois. L’objectif est de poursuivre un travail plus traditionnel et de montrer au public comment les pièces sont réalisées. « Je veux essayer de ne pas perdre cette tradition et ce savoir-faire. »
À Dry, l’ancienne gare a donc retrouvé un céramiste. Un autre parcours, un autre style, mais toujours la terre au centre.
Biographie :
- 1980 : naissance.
- 29 juin 2024 : ouverture de son atelier dans l’ancienne gare de Dry (Loiret).