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Paquet énergie propre : pourquoi salir délibérément les biocarburants ?

La Commission européenne vient d’adopter ce jour un « Paquet Énergie Propre » qu’elle considère comme ambitieux. Pour la FOP au contraire, ce paquet constitue un véritable coup de massue pour les producteurs français d’oléoprotéagineux.

© J.-C. Gutner

En effet, s’il était adopté en l’état, ce Paquet communautaire signerait l’arrêt de mort des biocarburants actuels puisque le taux d’incorporation serait fixé à 3,8% en 2030 contre 7% aujourd’hui en France.

La FOP souligne que cette orientation remet clairement en cause le principal débouché des producteurs d’oléagineux français. En dévalorisant ainsi les graines, la Commission prive les producteurs d’une source de revenu et de fait hypothèque gravement l’avenir de ces cultures pourtant unanimement reconnues comme indispensables. L’incompréhension est d’autant plus forte pour les producteurs français qu’ils ont, sous couvert de leur filière, fortement investi depuis des années pour disposer d’outils industriels performants valorisant leurs graines et permettant de répondre aux objectifs ambitieux fixés par la Commission européenne en matière de réponse au changement climatique.

La FOP souligne de plus qu’il ne s’agit pas seulement d’un problème pour les producteurs d’oléagineux mais bien pour l’ensemble de l’agriculture. Dans un marché aujourd’hui mondial, et alors que nos concurrents investissent dans les biocarburants, la Commission européenne fait donc courir un vrai péril à notre capacité à continuer de produire également des tourteaux tracés et de proximité, mettant ainsi en danger l’alimentation animale en la rendant encore plus dépendante des variations de marché et des importations d’origine non contrôlée.

La FOP tient à rappeler que le taux d’autosuffisance protéique est d’environ 55% en France contre 35% en Europe. C’est pourquoi elle demande instamment au Conseil et au Parlement Européen de faire preuve de cohérence avec leurs orientations antérieures et d’invalider cette orientation qui ruine l’économie des territoires ruraux.

Gérard TUBERY, Président de la FOP, a déclaré : « au moment où la Commission européenne parle de création de centaines de milliers d’emplois du fait de cette proposition, il faut rappeler que les premiers emplois créés sont ceux qui ne sont pas perdus. L’économie a besoin d’un cadre stable pour se développer et non d’incessants pas de deux. L’économie a besoin de confiance pour se développer. Les acteurs économiques ont besoin de considération pour entreprendre. L’objectif d’incorporation de 7% de biocarburants de première génération doit donc être confirmé. Le développement de biocarburants avancés ne doit pas remettre en cause l’existant ».

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