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Plan Écophyto-V2+ : visite sur le terrain du préfet coordinateur interministériel

Chargé de mission de coordination interministérielle du plan Écophyto-V2+, le préfet Pierre-Étienne Bisch a effectué une visite de terrain le 10 septembre dans le sud de l’Île-de-France.

Dans le cadre de la mise en œuvre du plan Écophyto-V2+, le préfet Pierre-Étienne Bisch, coordinateur interministériel — Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, Ministère de la Transition Écologique et Solidaire, Direction générale de l’Alimentation, Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation — du Plan de réduction des produits phytosanitaires en agriculture et du Plan de sortie du glyphosate s’est rendu dans deux exploitations franciliennes et à la coopérative Terres bocage gâtinais mardi 10 septembre, afin de mieux appréhender les dynamiques territoriales, présenter le nouveau cadre de déploiement du plan Écophyto et échanger avec les différents acteurs.

Il s’est d’abord rendu sur l’exploitation de Nicolas Galpin à Auvernaux (Essonne).

L’exploitant, qui travaille en agriculture de conservation depuis quinze ans, a eu un message clair. « Le glyphosate me permet d’implanter des cultures dans une parcelle propre. D’ailleurs, face aux incertitudes sur l’avenir du glyphosate, nombreux sont mes collègues qui hésitent à se lancer. Cette technique est liée au glyphosate ».

Pourtant, l’agriculture de conservation présente des avantages environnementaux (cultures plus résistantes à la sécheresse, réduction de carburants, un point très positif en termes d’émission de CO2, vie microbienne plus importante…).

De même si des couverts riches sont intéressants agronomiquement, leur destruction ne se fait pas à 100 % par le gel ou le passage d’un strip-till, le glyphosate reste indispensable pour éliminer les graminées et le ray-grass.

Le préfet a également pu découvrir la moissonneuse-batteuse de Nicolas Galpin équipée d’un destructeur de graines d’adventices. Il s’agit du seul spécimen en France.

Présidente de la coopérative de Beton-Bazoches (Seine-et-Marne) et membre d’un groupe agriculture de conservation accompagné par la chambre d’Agriculture de région Île-de-France sous l’égide « groupe 30 000 », Stéphanie Bernard, a témoigné : « Je pratique le semis direct depuis deux ans. Travailler en groupe permet d’échanger et de confronter nos difficultés. L’agriculture de conservation est un investissement pour le sol qui nécessite une vue à moyen voire long terme. Le désherbage reste la partie la plus difficile à maîtriser même si le non-travail du sol permet de ne pas réactiver les graines. Beaucoup d’agriculteurs s’y intéressent, mais en l’absence de glyphosate, ils feront marche arrière ».

Autre point sur lequel le préfet était interrogatif : l’étude menée par l’Inra sur les conséquences de l’arrêt du glyphosate en agriculture de conservation. Si de l’avis de tous l’assolement est techniquement faisable, il est basé sur des niches et donc économiquement non réalisable à grande échelle.

Seconde étape, l’exploitation de Michel et Alexandre Audebert à Rémauville (Seine-et-Marne), membres du réseau Dephy 77 sud depuis 2016, l’un des quatre groupes Dephy animés par la chambre d’Agriculture de région.

Déjà inférieur à la moyenne régionale, l’IFT (Indice de fréquence de traitement) a diminué de 10 % en trois ans, mais une grosse difficulté subsiste face aux vulpin et ray-grass. « Faire partie d’un groupe d’agriculteurs qui cherche à réduire ses intrants est une démarche volontaire très constructive. Au lieu de faire de l’écologie punitive, nous préférons l’écologie incitative, précisent les exploitants. L’agriculture biologique est une solution pour certains. En faire le standard de l’agriculture française, ce n’est pas possible ».

Autre point mis en exergue : l’agriculture doit s’adapter au contexte de l’année en fonction d’un territoire donné.

Un agriculteur du groupe Dephy sud 91, Hervé Thomin, est également intervenu. Depuis près de vingt ans il fait partie du Cercle de Méréville, animé par un conseiller chambre d’Agriculture pour optimiser l’apport des phytosanitaires. Si son IFT fongicides est très faible (de l’ordre de 0,4), le glyphosate reste nécessaire, même à faible dose (15 % de la dose homologuée) pour faire face aux chardons et chénopodes.

Face aux interrogations du préfet, les réponses des exploitants ont été claires et justifiées à base d’exemples. S’ils sont tous dans une démarche de réduction des phytosanitaires, certaines mesures peuvent s’avérer irréalisables sur le terrain ou en totale contradiction avec certaines demandes environnementales, sanitaires ou économiques selon les debouchés.

Enfin, le préfet s’est rendu au siège de la coopérative Terres bocage gâtinais, alors que le dossier de séparation de la vente et du conseil est dans toutes les têtes. Le GIEE mis en place a été présenté.

Laurence Goudet-Dupuis

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