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Yvelines
Près de 400 manifestants et unité des élus contre la vente du domaine de Grignon

La manifestation contre la vente du domaine de Grignon au promoteur Altarea Cogedim a mobilisé près de 400 personnes samedi 11 septembre, ainsi que de nombreux élus du territoire.

«Altarea laisse béton », « Pro moteur mais seulement pour mon tracteur », « Notre blé vaut plus que le vôtre ». Samedi 11 septembre, près de 400 manifestants — dont de très nombreux étudiants ou anciens étudiants — étaient rassemblés devant les grilles de l'entrée du domaine de Grignon (Yvelines) avec des pancartes affichant clairement leur opposition à la cession, par l'État, du domaine au promoteur immobilier Altarea Cogedim (lire nos éditions des 3 et 10 septembre).

Les élus du territoire, toutes tendances confondues, étaient également massivement présents autour de la maire de Thiverval-Grignon, Nadine Gohard. « Nous ne comprenons pas cette décision qui a été prise dans une totale opacité, a dénoncé l'édile. C'est une méthode brutale et désobligeante qui acte un projet qui ne répond ni à un besoin ni à une demande du territoire. Nous sommes ici d'horizons très différents mais la même colère nous rassemble ».

À ses côtés, Bertrand Hauet, le vice-président de la communauté de communes Cœur d'Yvelines, qui portait le projet Grignon 2026, n'a pas mâché ses mots à l'égard de l'État : « Je suis élu depuis 1995 et c'est la première fois que je participe à une manifestation mais cela en vaut la peine. Nous, élus, acteurs du territoire, nous aurions dû être au minimum consultés. Ce dossier a été mené de façon énarchique, autoritaire et opaque. Rappelons à ces décideurs que l'enjeu n'est pas celui des parpaings mais bien un outil agronomique pour avoir du pain après-demain. Je les appelle donc à remettre le pain sur la planche. Tout le monde peut encore sortir grandi de cette affaire ».

La maire de Plaisir et vice-président du Département des Yvelines en charge de la culture, Joséphine Kollmannsberger, a de son côté réaffirmé le soutien du conseil départemental sur ce dossier : « Ce château, ce domaine historique, méritait d'être traité avec beaucoup plus de respect. L'État s'est comporté de manière inacceptable vis-à-vis des citoyens et des élus. Il est fondamental de continuer à se battre et le Département est mobilisé. Nous ferons tout pour que ça ne se passe pas ».

Un recours déposé par Grignon 2026

À la tribune, la sénatrice des Yvelines, Sophie Primas, qui a saisi les ministères concernés dès le lendemain de l'annonce par l'État de la vente à Altarea Cogedim, a réaffirmé son intention de ne pas baisser les bras. « On ne peut pas faire ce projet seul depuis des bureaux parisiens. Il y a un problème de méthode. Arrêtez cette folie ! a dénoncé la sénatrice. La promesse de vente doit être signée avant le 30 septembre. Nous demandons à l'État de lever le stylo et de ne pas signer ! ».

Grignon 2026 a décidé de déposer un recours contre la vente auprès des ministères de l'Économie et de l'Agriculture. « Une illégalité a été constatée dans la procédure de vente des bois qui sont des bois domaniaux et donc inaliénables. Ils ont deux mois pour nous répondre, c’est la procédure », détaille Mathieu Baron, délégué général de l’association Grignon 2000 qui porte le projet Grignon 2026 avec la communauté de communes Cœur d'Yvelines.

Étudiants, habitants, élus et associations projettent d'autres manifestations. Cette fois peut-être à Paris devant les ministères concernés.

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