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Quand Chambord retrouve ses jardins à la française…

Cela faisait plus de vingt ans que la France n’avait pas connu un projet de restitution de jardins d’une telle ampleur. L’État l’a mené à bien grâce à l’aide d’un mécène américain...

Six cents arbres plantés, mais aussi huit cents arbustes, deux cents rosiers, 15 640 plantes pour recréer les bordures et 19 000 m2 de pelouses. Cela faisait plus de vingt ans que la France n’avait pas connu un projet de restitution de jardins d’une telle ampleur.

Imaginés sous Louis XIV, poursuivis sous le règne de Louis XV pour le compte de prestigieux résidents (dont le Maréchal de Saxe et le roi de Pologne), délaissés à la Révolution, les jardins de Chambord ont existé pendant plus de deux siècles avant de disparaître progressivement dans l’entre-deux-guerres.

En 1970, ce qui reste est arraché et laisse place à du gazon, tandis que les douves sont remises en eau… Un aménagement de « transition » qui va durer plus de 45 ans !

Leur restitution sur six hectares et demi au pied des façades nord et est du château aura nécessité l’accord du président de la République en 2014 et l’aval scientifique de la commission nationale des monuments historiques en 2015.

Si le projet a été lancé par Jean d’Haussonville, directeur général du domaine national de Chambord, pour attirer de nouveaux visiteurs, rien n’aurait été possible sans le don du mécène américain Stephen Schwarzman qui a financé l’intégralité du chantier : 3,5 millions d’euros.

Une reconstitution à l’identique effectuée à partir des archives manuscrites, des plans, des gravures et des dessins, tels que les avaient imaginés à partir de 1684 les services des bâtiments du roi, car le domaine appartenait alors à la couronne : seize années de prospection, d’études et de recherches archéologiques ont été ainsi nécessaires pour retrouver les tracés des parterres, des allées ou des quinconces tels qu’ils existaient au milieu du XVIIIe siècle.

Le chantier demandera, lui, cinq mois de travail, mobilisant d’août à décembre 2016 pas moins d’une centaine de personnes.

12 000 m3 de terres ont été déplacés et il a fallu s’accommoder pour les essences végétales des aléas climatiques et environnementaux.

Buis et marronniers d’Inde ont été remplacés par des merisiers à fleurs doubles et des bordures de thym qui résistent mieux aux maladies.

Protection de la biodiversité, lutte contre le réchauffement et développement durable ont dicté le choix des espèces. Les plantes vivaces ont été privilégiées aux plantes annuelles, car elles sont plus résistantes, ont une durée de vie de plusieurs années et nécessitent moins d’arrosage pour prospérer.

Et aucun traitement pesticide, fongicide ou herbicide (préventif ou curatif) ne sera utilisé pour l’entretien. Un chantier qui n’exclut pas la modernité : l’arrosage automatique, activable par smartphone, a été enterré pour être plus discret... 

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