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Syndicalisme
"À quand un projet clair pour l'agriculture ?"

FNSEA et JA se préparent à mobiliser leurs troupes fin novembre si le gouvernement ne se décide pas à alléger la pression qui pèse sur les agriculteurs en termes de normes et de taxes dans un contexte économique incertain. La FNSEA CVL fait part ici de la colère qui monte.

© J.L. - Horizons / illustration

La colère gronde dans les campagnes face à l’empilement de règles à respecter en tout genre et de taxes pour lesquelles la créativité est foisonnante. Le manque de perspectives, de projet pour leur secteur, les virages à gauche, à droite, la pression médiatique et l’agribashing pèsent lourd sur le moral des agriculteurs.

GNR, SUR, Écophyto, RPD… et quoi encore ?

Alors que l’effet redouté depuis plusieurs mois de ciseaux des prix est arrivé, le gouvernement décide de renoncer à la détaxation du GNR et augmente de manière exponentielle des taxes comme la redevance pour pollutions diffuses (RPD) et la redevance eau. Les moyens de productions, notamment de protection des cultures, s’amenuisent, sans solutions alternatives dans bon nombre de cas, et pour autant, des directives continuent de faire leur chemin, loin des problèmes quotidiens des agriculteurs qui jonglent comme ils le peuvent et avec courage entre la météo et la réglementation. C’est le cas de la directive SUR au niveau européen et du prochain programme Écophyto qui prévoient une réduction de 50 % des phytos d’ici 2030.

Oui à la révolution verte mesurée

Attention, ne nous y trompons pas, les agriculteurs du réseau FNSEA et JA ne sont pas opposés à changer leurs pratiques, à relever les défis environnementaux et climatiques dans lesquels ils ont un rôle prépondérant à jouer. Toutefois, ils veulent le faire dans un cadre clair, déterminé avec des règles du jeu connues. Ils aimeraient bien aussi que tous ceux qui sont prompts à écrire des règlements divers et variés confrontent leurs écrits aux réalités quotidiennes des pratiques de terrain. Les dirigeants veulent une agriculture plus verte, plus compétitive, aux productions plus diversifiées, qui à la fois nourrit les hommes et assure une partie de la production d’énergie, capte du carbone et soit moins émettrice de gaz à effet de serre. Les agriculteurs disent banco, mais comment ? Avec quels moyens ? Quels filets de sécurité ? Quelle concurrence ?

C’est le marché qui fait la production

Finalement c’est toujours le marché qui prime. On peut vouloir produire en France des produits de qualité et répondant aux normes franco-françaises, on le voit avec l’inflation, les consommateurs regardent en premier lieu le prix, leur revenu n’étant pas extensible à l’infini, et souvent ce sont vers les produits importés qu’ils se tournent.

L’exemple de la filière volailles est dans ce cas parlant. Alors que certains décrient les modes de production de la filière volaille française, les importations augmentent notamment en provenance de Pologne qui a considérablement développé sa production ces dernières années, sur des modes de production moins valorisants.

En grandes cultures, c’est identique. Les agriculteurs acceptent de diversifier leurs assolements mais finalement, avec des moyens de production restreints, notamment pour des cultures de printemps de protéagineux, et avec donc des rendements aléatoires, c’est la rentabilité de la culture qui dicte la conduite des producteurs. Et la météo aussi. Combien de surfaces en céréales ne sont pas encore semées dans la région du fait de la météo.

Stop à la surenchère réglementaire, oui à la prise en compte des problématiques des producteurs !

 

Bertrand Petit : « Pas de transition sous pression »

Bertrand Petit

Le président de la FNSEA 28 et secrétaire général de la FNSEA Centre-Val de Loire dit stop au sacrifice de notre agriculture.

« La France a sacrifié son autonomie énergétique sous la pression d’associations. Pour le réseau FNSEA et JA, il est hors de question de sacrifier la souveraineté alimentaire. Les mêmes, qui sont finalement responsables de l’inflation — le coût de l’énergie depuis 2021 c’est + 43 % —, s’en prennent dorénavant à l’agriculture sur un mode opératoire identique. Sous couvert d’écologie dogmatique, des réglementations, des taxations s’empilent alors même que le ciseau des prix étrangle les trésoreries et les résultats économiques des exploitations. Les impasses techniques phytosanitaires se multiplient sans solutions alternatives, avec en ligne de mire des réglementations européennes et françaises contraignantes, des redevances Eau et Pollutions diffuses dont les taux explosent. Parallèlement, l’importation issue d’une agriculture ''dont nous ne voulons pas'' croît de manière exponentielle alors que le nombre de têtes de bétail s’amenuise en France.

La FNSEA et JA demandent à ne pas reproduire sur l’agriculture les erreurs du passé sur l’indépendance énergétique ou l’industrie. Oui à la transition écologique si elle est accompagnée massivement et éprouvée scientifiquement. Les agriculteurs ne peuvent pas supporter seuls tous les risques dans un monde économique en fluctuation permanente.

La colère gronde dans les campagnes, sans changement de cap rapide, une mobilisation d’ampleur se prépare. »

 

 
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