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Réforme de la PAC : lettre aux producteurs de grandes cultures

Les associations spécialisées de la filière grandes cultures unis pour défendre l’avenir des producteurs.

© Ludovic Vimond

En cette période de crise qui affecte tous les producteurs de grandes cultures, toutes les productions, toutes les régions et tous les départements, les présidents de l’AGPB, de l’AGPM, de la CGB et de la FOP ont souhaité rappeler à travers un courrier commun, leur combat acharné pour défendre la valorisation des productions en grandes cultures, la pérennité des exploitations et le revenu.
« Nombreux sont les sujets qui nous préoccupent, qu’il s’agisse des plans de filière, des Etats Généraux de l’Alimentation, de la compétitivité, des biocarburants, des facteurs de production (produits de protection des plantes, sélection variétale, irrigation...), de la recherche et de l’innovation, des marchés intérieurs et internationaux, des politiques fiscales, environnementales, sociales ou territoriales», s’inquiètent-ils.

L’occasion également pour eux de rappeler l’importance d’être entendus lors des discussions autour de la prochaine Politique Agricole Commune, qui se devra d’être forte et commune pour maintenir la dimension économique de l’Agriculture. «Nous voulons un budget préservé, maintenant un niveau fort d’aides directes. C’est un impératif face à des contraintes européennes pesant de plus en plus sur nos coûts de production et face à des concurrents soumis à des normes moins strictes, voire quasiment inexistantes et bénéficiant souvent d’aides publiques croissantes.», soutiennent-ils.
De plus, alors que la Commission européenne propose un «nouveau modèle de programmation» qui encouragerait les Etats membres à mener des politiques agricoles divergentes, les présidents des associations spécialisées ont souhaité rappeler le danger de cette mesure sur les difficultés de distorsions de concurrence qui en découleraient : «Nous estimons que les soutiens à l’hectare doivent être homogènes. Quant aux mécanismes légitimes mais distorsifs que sont les aides couplées, les prélèvements redistributifs et les compensations pour handicaps naturels, ils doivent être unifiés ou encadrés dans tous les pays d’Europe ».
Enfin, pour permettre aux agriculteurs d’accélérer leur transition économique et environnementale, ils demandent à ce que la PAC évolue dans trois directions complémentaires. La première vise la résilience économique de nos exploitations face aux aléas du climat et du marché. Cela suppose une panoplie d’instruments de gestion des risques, centrée autour d’une épargne de précaution efficace et simple d’utilisation, d’outils de type assurantiel performants intégrant assurances climatiques et fonds mutuels, ainsi qu’une réserve européenne de crise indépendante du budget annuel. La seconde vise notre capacité à produire plus pour la sécurité alimentaire et produire mieux pour répondre aux attentes sociétales. Ce sont deux impératifs. Ils passent par un verdissement de la PAC plus axé sur la performance environnementale et par un accès à l’eau et aux intrants harmonisé en Europe. La PAC doit encourager l’investissement dans le stockage de l’eau, l’agriculture de précision et les technologies numériques tout en favorisant la recherche et l’innovation. La troisième vise le soutien renforcé à nos exploitations en encourageant des modèles d’organisation économiques durables et le développement de filières créatrices de valeur pour tous et en particulier pour les producteurs. A ce titre, l’organisation des filières doit permettre une juste répartition de la valeur. Au-delà, la PAC doit s’inscrire au cœur d’une stratégie globale européenne cohérente et conquérante pour son Agriculture. Elle doit ainsi favoriser l’investissement dans la logistique et l’accès aux marchés. Elle doit enfin consolider et accompagner l’émergence de nouveaux marchés comme l’énergie, la bioéconomie ou la protéine au travers de plans ambitieux.

«C’est ainsi que la PAC sera et restera un des piliers de la construction européenne. La France doit rester le moteur d’une véritable ambition pour l’agriculture européenne», concluent-ils.

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