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Action syndicale
Réforme Pac : dans les coulisses de l’action du 2 avril

Jeudi 25 mars, les membres de la commission action syndicale FDSEA/JA Île-de-France ont passé en revue les sujets syndicaux du moment et planifié l’action syndicale du vendredi 2 avril.

La commission action syndicale FDSEA/JA Île-de-France s'est tenue le 25 mars en visioconférence.
La commission action syndicale FDSEA/JA Île-de-France s'est tenue le 25 mars en visioconférence.
© © FDSEA IDF

Jeudi 25 mars, les membres de la commission action syndicale FDSEA/JA Île-de-France se sont réunis par visioconférence sous la présidence de Thomas Robin. Durant cet échange, c’est surtout la réforme de la Pac et l’action syndicale à venir qui ont cristallisé les débats.

Sophie Marescaux, de la FDSEA Île-de-France, a évoqué le contexte des négociations en cours sur la Pac et la création des éco-régimes : « L’État français va remettre son Plan stratégique national d’ici le mois de juin. Dans celui-ci figure notamment une possibilité de transfert supplémentaire du premier pilier vers le second pilier, le passage de 10 à 20 % du paiement redistributif et la création d’éco-régimes. »

« Il s’agit de nouvelles mesures non obligatoires en faveur de l’environnement et du climat qui représenteront entre 20 et 30 % du budget du premier pilier, soit un montant de 80 euros à l’hectare maximum. Ce sont les États membres qui en définissent le contenu et les modalités ».

Quand la plaine donne de la voix

Par la suite, Damien Greffin, président de la FDSEA mais aussi de la FRSEA Île-de-France et de la FNSEA Grand Bassin parisien, porteur de l’action du 2 avril est intervenu : « Aujourd’hui, tout ce qu’on connaissait dans le cadre du verdissement tombe dans la conditionnalité. La BCAE 8 met en place une obligation de rotation à la parcelle et la BCAE 9 instaure une notion de non-production, soit un retour à la jachère. »

« Les BCAE sont obligatoires et nous aurons des difficultés pour aller chercher le niveau plein de l’éco-régime. L’ensemble de ces mesures est inquiétant. Pour les grandes cultures, le message syndical est clair : faire que l’éco-régime soit accessible à tous. Aujourd’hui, on porte une vision entrepreneuriale de l’agriculture basée sur la production et appuyée par le progrès scientifique et non vers la décroissance ».

Le président a donc indiqué la nécessité d’une action syndicale : « Il faut que l’Île-de-France donne de la voix auprès du ministre. Avec les présidents de la zone Grand Bassin parisien, il a été décidé de mener une action qui s’inscrit dans le calendrier du ministre qui va s’exprimer début avril. L’idée est de mettre un coup de pression dès le vendredi 2 avril en matinée pour interpeller le ministre de l’Agriculture avec une action unitaire sur l’ensemble du territoire du Grand Bassin parisien en réalisant des blocages locaux, sécurisés, et en invitant tous les parlementaires sur ces points. Une opération de communication pour faire entendre la voix des grandes cultures ».

Les participants à la commission ont ensuite évoqué d’autres sujets d’inquiétudes : la taxe azote dans le projet de loi climat, les chartes départementales remises en cause par la décision du Conseil constitutionnel, les arrêtés anti-produits phytopharmaceutiques ou encore les dépôts de terres issues des chantiers du Grand Paris.

Un communiqué pour alerter l'opinion

« À l’appel de la FNSEA Grand Bassin parisien et aux côtés de nombreux autres départements, les agriculteurs franciliens, attachés au devenir de leur métier, se mobiliseront le vendredi 2 avril matin : premier avertissement au gouvernement.
Cette mobilisation est aussi un message adressé à nos concitoyens les alertant de l’urgence de sauver l’agriculture française. Sans elle, ne sont plus garanties notre autonomie alimentaire et la préservation de nos productions nationales de qualité.
Dans le cadre de la réforme de la Politique agricole commune (Pac), les décisions qui se profilent au ministère vont directement impacter l’agriculture française. Comme pour le secteur de la recherche, pour le secteur de la santé et l’hôpital, les arbitrages politiques vont réduire les moyens de production de sorte que bon nombre de paysans cesseront leur activité.
À l’instar de l’industrie, ce gouvernement veut-il sacrifier l’agriculture française ?
Comme pour les autres filières, nos céréaliers doivent-ils arrêter de produire au profit de productions étrangères et moins saines ?
Comment le Président Macron peut-il reconnaître l’agriculture comme essentielle et, en même temps, prendre des arbitrages qui la classeront à très court terme dans les secteurs en ''voie de disparition'' ?
Ce n’est plus supportable.
Les agriculteurs, comme chaque Français, attendent du Président Macron qu’il passe des incantations politiques aux actes de défense de notre souveraineté alimentaire. »
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