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Retarder la date de semis en orge d'hiver : quels enjeux ?

Les conditions particulières de ce début d'automne amène la réflexion du décalage des dates de semis des orges d'hiver. Arvalis nous apporte son éclairage.

© Arvalis

Le contexte pédoclimatique actuel nous amène à envisager un décalage des dates de semis des orges d'hiver (y compris brassicoles). En effet, l'absence très marquée de pluies significatives (voir carte 1) depuis bientôt deux mois conduit à une quasi absence de repousses des précédents blé tendre. Le récent épisode de pluies annoncées ce dernier week-end ne s'est traduit malheureusement que par quelques gouttes éparses. Une levée concomitante de la culture d'orge d'hiver et des repousses de blé (principal précédent) serait alors ingérable (pas de solutions agronomiques ou chimiques) et conduirait à des déclassements important des lots au moment de la récolte

Autre raison d'envisager un décalage de la date de semis, l'absence totale de levées d'adventices de type graminées : vulpin ou ray grass pour lesquelles le désherbage uniquement chimique ne suffit plus à gérer les fortes infestations.

Le graphique ci-joint illustre sur la base de données des essais Arvalis régions Centre-Ile-de-France les rendements en pourcentage de la moyenne générale et ce en fonction des dates de semis. La date que « tout le monde a en tête » du 20 octobre pour arrêter les semis d'orge d'hiver se retrouve effectivement.

Au-delà de cette date les «gros potentiels» ne sont plus atteignables. Les dates de semis plus tardives jusqu'à la fin novembre affichent effectivement une baisse de rendement de l'ordre de 10 %. A noter que les dates de semis plus tardives sont souvent imposées par des débuts
d'automnes pluvieux et donc des conditions d'implantations souvent difficiles ; conditions que l'orge d'hiver apprécie peu !  Mais est-ce le cas cet automne ? Non ! Les conditions de semis sont aujourd'hui dans les parcelles peu motteuses très bonne et peuvent supporter l'arrivée de pluies conséquentes avant de dégrader fortement la qualité d'implantation.

Si on estime que la perte de rendement entre un semis de début octobre vs mi-novembre est de 10 % il faut mettre en face les bénéfices associés à une date de semis tardive :
? absence d'insecticide d'automne ou limité à un seul
(+/- 15 euros/ha passage compris) ;
? effet « date de semis » sur le volet désherbage : non négligeable et peu éviter un passage d'automne (+/- 55 euros/ha passage compris) ;
? gérer les repousses de blé et éviter le déclassement à la récolte pour les brassicoles (prime brassicole de
+/-20 euros/T valeur aujourd'hui sur un potentiel de 7 T =
140 euros/ha) ;
? non modification de l'assolement ce qui à long termes à l'échelle d'une rotation complète reste bénéfique.

Point de vigilance :
Les semis tardifs au-delà du 20/25 octobre imposent de majorer les densités de semis prévues initialement. Le rendement des orges est sensible à la composante nombre d'épis par m², il faut donc assurer cette première composante par un nombre de pieds/m² suffisant. Ainsi il est conseillé de majorer les densités de l'ordre de 1 % par jour de retard à partir du 20 octobre soit une augmentation moyenne de 15 % pour des semis de début novembre.

Au final :
Une économie/bénéfice proche des +/- 200 euros/ha pour une orge brassicole entre un semis avant le 15/10 et un semis début novembre qui compense « largement » les 10 % de perte de rendement potentiel.

QJBJFGA7_2.pdf (133.58 Ko)
© arvalis
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