Agronomie
Revue d'effectifs colza avec la Chambre et Terres Inovia
La chambre d'Agriculture d'Eure-et-Loir et Terres Inovia ont invité début mai les agriculteurs sur deux essais variétés colza. L'occasion pour un tour d'horizon de l'actualité de la culture. Comme mercredi 6 mai, à Digny (Eure-et-Loir).
La chambre d'Agriculture d'Eure-et-Loir et Terres Inovia ont invité début mai les agriculteurs sur deux essais variétés colza. L'occasion pour un tour d'horizon de l'actualité de la culture. Comme mercredi 6 mai, à Digny (Eure-et-Loir).
Chaque année, la chambre d'Agriculture d'Eure-et-Loir, en partenariat avec Terres Inovia, organise des visites d'essais variétés colza. Deux dates étaient proposées, mardi 5 mai sur une parcelle de Philippe Schoellen à Épeautrolles (Eure-et-Loir) ou mercredi 6 sur une parcelle de d'Alexis Bouchard à Digny (Eure-et-Loir).
Le sel de ces visites
C'est là que nous retrouvons le duo d'agronomes Julien Charbonnaud, de Terres Inovia, et Dominique Delaunay, de la chambre d'Agriculture, entourés par une trentaine d'agriculteurs. L'expertise de ces deux hommes et leur connaissance de l'actualité de la culture, plus que l'observation des quelque 35 variétés présentées, fait tout le sel de ces visites.
« Il s'est passé des choses cette année que l'on avait encore pas vues, lance Dominique Delaunay qui relate d'abord des problèmes de phytotoxicité à la suite de l'application d'un herbicide en décembre suivi d'une période de gel. Quand il y a un risque de gel annoncé, il vaut mieux différer », conseille-t-il. « Il y a des excès inverses, ajoute Julien Charbonnaud, parfois 20 °C en décembre. Des amplitudes thermiques auxquelles on ne s'attend pas et qui posent souci. Tous les ans ont leur petit lot de surprises ».
L'agronome de Terres Inovia revient sur la problématique de l'année : « Jusqu'à la sortie d'hiver, on avait des colzas assez satisfaisants en termes de biomasse. Heureusement, car ensuite il y a eu tout un délire de sec et de températures élevées et on s'est retrouvés avec des débuts de floraison. Théoriquement, les stades au printemps sont pilotés par la longueur du jour. Mais ces valeurs exceptionnelles de températures sont venues jouer comme un accélérateur », expose-t-il.
Premières fleurs
Du coup, les premières fleurs ont été observées fin février dans les zones les plus précoces, et plus souvent début mars, « sauf que la longueur du jour est telle qu'elle est… Les feuilles vont capter l'énergie lumineuse pour former des boutons mais pour transformer ces boutons en fleurs, il faut à manger. Et là, le colza veut produire des choses qu'il n'arrive pas à transformer, ça fleurit et ça crève, ça ne va pas jusqu'au bout. Il y a eu beaucoup d'inquiétude en plaine mais l'énergie lumineuse est remontée et a réussi à remettre les parcelles en route ».
Pas partout cependant. « À cause de la situation hydrique, souligne Julien Charbonnaud. En zone superficielle, on frôlait le fond de la piscine. Beaucoup de situations se sont refaites mais pas toutes… ». Dominique Delaunay précise : « Il y a des différences entre les parcelles à cailloux et les limons. L'apport d'azote à l'automne, 30 unités jusqu'au 15 octobre, dans le cadre de la directive Nitrates, peut faire une différence ».
Clause de revoyure
Sur cet apport, l'agronome de Terres Inovia précise qu'il n'impacte pas le rendement : « Plus on en met, plus ça baisse, prévient-il. L'objectif est de nourrir une plante en bonne santé. Et ce n'est pas forcément nécessaire dans les bonnes parcelles. L'objectif est d'avoir moins d'insectes à l'automne. Pour moi, il vaut mieux mettre 30 unités en végétation que 10 au semis. Attention aussi à ne pas faire n'importe quoi, il y a une clause de revoyure sur cette dérogation à la directive Nitrates, en 2027 ».
La visite de l'essai variétés ensuite permet de constater une différence entre le bloc traité et le bloc non traité. « Il y a une différence de 30 cm. Même si la pression altises a été faible, elle affaiblit la plante », remarque Dominique Delaunay. Puis en arrachant quelques plantes, il pointe qu'un travail profond ne garantit pas un enracinement profond.
L'agronome de la Chambre relève que sur les 35 variétés, il n'y a que sept inscriptions cette année quand il y en avait eu une vingtaine l'an passé. « Concernant les larves, on se rend compte qu'il y a des variétés où il y en a moins, comme Féliciano. Mais il n'y a pas de relation en ligne droite entre larves, symptômes et rendement ». Il prévient également qu'il faut rester vigilant vis-à-vis du phoma et que le gène RLM 7 est contourné.
Dernière visite d'essais
« Il n'y a pas de variété passe-partout, conclut Dominique Delaunay qui animait sa dernière visite d'essais avant de prendre sa retraite. Il faut viser la vigueur, surtout en sol superficiel, et prioriser en fonction de ses critères ».