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Interview
Pierre Bot : « Saclay : pas besoin de tuer la ZPNAF pour tuer l'agriculture »

Agriculteur à Saclay (Essonne), Pierre Bot est président de la commission Nouvelles formes d'agriculture et administrateur de la FDSEA Île-de-France.

Pierre Bot (Archives)
Pierre Bot est président de la commission Nouvelles formes d'agriculture et administrateur de la FDSEA Île-de-France. (Archives)
© M.G.

Horizons : Vous êtes très investi dans la défense du plateau de Saclay vis-à-vis du projet de la ligne 18 du métro du Grand Paris. Pouvez-vous faire un point sur la situation de ce dossier ?

Pierre Bot : Nous sommes dans la phase de concertation publique mais le dialogue est très difficile voire impossible. Il y a environ un an, la Société du Grand Paris a décidé d'abandonner son projet de métro aérien et d'étudier la mise au sol. Dans les faits, cela ne se passe pas aussi simplement puisqu'à chaque réunion de travail où nous plaidons pour cette mise au sol, la Société du Grand Paris répond avec mille et un arguments avançant — faussement — que nos idées/propositions sont irréalisables et coûteront tout aussi cher que la voie aérienne.

Une ZAD s'est implantée sur le territoire depuis quelques semaines. Qu'en pensez-vous ?

Ce n'est pas notre mode d'action habituel et ce mouvement n'est probablement pas très constructif, mais nous le comprenons néanmoins tant le manque de dialogue et de considération est important. On refuse d'étudier tout ce que nous proposons alors que je suis persuadé que sur les 200 km du métro du Grand Paris, la portion de la ligne 18 au niveau de Saclay est probablement une des plus simples à réaliser !

Que craignez-vous pour l'agriculture ?

La ligne 18 va véritablement couper la plaine en deux et il est absolument nécessaire qu'une concertation digne de ce nom soit menée afin que ce projet soit vivable pour tout le monde. À ce jour, la Société du Grand Paris prévoit de créer une route départementale en souterrain sous la ligne 18 avec des voies agricoles ! Nous serions amenés à manœuvrer nos engins en souterrain. Soyons sérieux. Le risque le plus grand est que cela crée un statu quo du modèle agricole sur le plateau. L'agriculture y sera figée, empêchée d'évoluer et/ou de se diversifier et mourra à plus ou moins long terme. On n’a pas besoin de tuer la ZPNAF pour tuer l'agriculture sur le plateau.

Comment envisagez-vous les semaines/mois à venir ?

L'enquête publique démarre le 28 juin, au lendemain des élections, alors que la concertation n'est pas terminée. Je resterai pleinement mobilisé sur ce sujet, à la fois pour la défense du plateau de Saclay mais aussi parce que je sais le poids de la jurisprudence de ce dossier sur tous les autres projets d'aménagement de ce type sur d'autres territoires franciliens.
Si la Société du Grand Paris ne veut pas entendre la voix des agriculteurs, nous serons peut-être amenés à devoir sortir les tracteurs…

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