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Coopératives
Sciences et agriculture pour le retour du Club agro de la Scael

Après deux ans d'interruption, le groupe coopératif Scael a organisé le 9 février à Chartres, son traditionnel Club agro sur la science et les systèmes de production autour d'une intervention d'Antoine Messean.

Le 9 février, à Chartres. Conférences et témoignages se sont succédés sur la scène de l'Agro club de la Scael, sous la houlette du directeur de son département agronomie, Joël Lorgeoux (à g.).
Le 9 février, à Chartres. Conférences et témoignages se sont succédés sur la scène de l'Agro club de la Scael, sous la houlette du directeur de son département agronomie, Joël Lorgeoux (à g.).
© H.C.- Horizons

Le directeur du département agronomie du groupe coopératif Scael, Joël Lorgeoux, concocte avec son équipe un Club agro autour de la question de la science et des systèmes de production. Après deux ans d'interruption pour cause de pandémie, celui-ci se déroule le 9 février sous le dôme de la CCI à Chartres, devant une centaine de personnes dont de nombreux étudiants.

Comme une lettre à la poste

C'est Antoine Messean, directeur de recherche à l'Inrae, qui ouvre ce Club agro par une intervention où il place les systèmes de production sous les lumières de la science. « En l'an 2000, il y a eu la crise autour des OGM issus de la science. On pensait que ça passerait comme une lettre à la poste mais ça ne s'est pas passé comme prévu et ça a été un vrai choc, rembobine-t-il. Ensuite, anticiper les impacts des évolutions agricoles a été mon travail ».

Il poursuit en rappelant que nous vivions en ce moment quatre crises : « une crise sociale, une crise climatique, une crise environnementale et une crise techno-scientifique. Quand j'ai débuté, il y avait un triptyque solide État, science et acteurs économiques, et tout a volé en éclat. Collectivement, il y a eu un manque d'anticipation. L'illusion du tout chimique se dissout, il faut aller vers une combinaison de méthodes ».

Ainsi, selon lui, la (re)diversification des cultures est un levier majeur pour la durabilité. « Mais on a du mal, souligne-t-il. La spécialisation — blé, orge, colza ou monoculture — est toujours à l'œuvre sur 60 % de la SAU ». Les difficultés sont liées à des verrous techniques, organisationnels et institutionnels. « Il y a moins de recherche sur les cultures mineures, l'argent va à l'argent. Le conseil technique est encore organisé par espèce. C'était logique et a permis d'atteindre les objectifs mais les objectifs ont changé », estime Antoine Messean.

Changer les règles du jeu

« Sans changer les règles du jeu, on n'y arrivera pas, pointe le chercheur. Il faut soutenir les niches, continuer à travailler sur des innovations, ancrer la recherche au plus près du terrain et anticiper ». Il liste ensuite ce qui se joue dans la recherche actuelle : les nouvelles espèces, leurs mélanges, l'agroforesterie, le strip-cropping — technique qui consiste à travailler en bandes pour introduire une diversité intraparcellaire bénéfique tout en restant adaptée aux parcelles et machines actuelles —, repenser la sélection en tenant compte des systèmes diversifiés, travailler à la modification du comportement des auxiliaires et des ravageurs ou encore mieux comprendre le mycrobium des sols et des plantes.

Pour Antoine Messean, comme il n'y a plus de solutions clé en main, il faut proposer des trajectoires de transition. Le raisonnement devrait se faire à l'échelle du système de cultures. Adapter la Pac en conséquence. Arriver à articuler l'expérimentation en station et la traque des innovations en ferme. « Et régler les problèmes politiques… Il y a beaucoup d'initiatives mais pas d'outils pour les coordonner », conclut-il.

Deux témoignages

La suite du Club agro est consacrée aux couverts avec les interventions de Lucas Willems et Julien Degas, de l’équipe agronomie de la Scael, pour parler des évolutions réglementaires, de leurs intérêts agronomiques et économiques et des principaux leviers de réussite. Puis deux adhérents sont venus témoigner sur cette thématique, Stéphane Gillet et Frédéric Bonnet, le premier agriculteur dans le Perche et le second en Beauce. Enfin, le rendez-vous s’est clôturé avec un focus sur l’avancée du projet Bas carbone de la coopérative.

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